Lundi 1 octobre 2007

 

reformeFPT.jpgAndré Santini aux syndicats : "Il ne faut pas qu'on se rate"

Le secrétaire d'État à la Fonction publique promet « une vraie refondation » en 2008. Il demande à ses interlocuteurs de « se mettre autour d'une table et d'oublier les slogans ».

 


FRANÇOIS FILLON lance ce matin solennellement la « conférence nationale sur les valeurs, les missions et les métiers de la fonction publique ». Six mois de débat qui déboucheront sur la rédaction d'un livre blanc, avant d'engager des mesures concrètes. Parallèlement, trois autres conférences auront lieu, sur le pouvoir d'achat, le dialogue social et les carrières. 
 

Quel est le but de cette conférence nationale ?
 
André SANTINI. - Les valeurs historiques du service public - égalité, continuité, adaptabilité... - guident toujours le travail des agents. Mais la décentralisation, la mondialisation sont passées par là ; la société évolue, nous devons nous demander si elle se retrouve toujours dans la fonction publique. Y a-t-il assez de diversité ? Les parcours de vie des agents sont-ils compatibles avec la progression de carrière uniquement via des concours ? Gérons-nous correctement les ressources humaines ? Comment répondre aux usagers, qui demandent des réponses personnalisées, dans un système fondé sur l'égalité ? La justice sociale ne peut-elle pas s'exprimer autrement que par des normes, des procédures, des règlements ? L'objectif n'est pas de juger, il est de nous mettre d'accord pour trouver un sens contemporain aux valeurs de la fonction publique.
 

 
Ces travaux déboucheront-ils sur une loi ?
 
Pas nécessairement. Le schéma n'est pas écrit à l'avance. Nous voulons parvenir à un consensus qui pourrait donner naissance à des chartes, des codes d'éthique... Pour cela chacun pourra s'exprimer par Internet, dans des colloques, des rencontres, des tables rondes. Mais c'est une vraie refondation de la fonction publique que nous engagerons en 2008.
 

 
Réfléchir sur les missions de l'État, est-ce un prétexte pour supprimer des effectifs ?
 
Les organisations syndicales elles-mêmes réclament cette réflexion depuis longtemps. Je suis frappé de voir, par exemple, qu'une entité publique - la Mairie de Paris - a lancé Vélib' en faisant appel à une société privée sans que cela ne suscite le moindre débat. Le non-remplacement de tous les fonctionnaires partant en retraite n'est pas un plan social (l'État restera en 2008 le premier recruteur, avec 45 000 embauches). Ce n'est pas non plus une fin en soi : c'est un moyen de rénover la fonction publique. Et les agents recevront la moitié des 458 millions d'euros économisés l'an prochain, sous forme de mesures catégorielles.
 

 
En faisant intervenir des usagers, des consultants, des philosophes, en présentant des sondages auprès des agents, voulez-vous contourner les syndicats ?
 
Les agents et leurs employeurs sont les mieux placés pour nous dire ce que l'on peut faire. Nous ne voulons pas réformer contre les fonctionnaires. Le discours de Nicolas Sarkozy est très respectueux envers les agents. Les syndicats s'exprimeront. Ils viennent, ce n'est pas pour les insulter ou les braquer ! Tous ont accepté de participer à cette conférence et nous leur en sommes reconnaissants. Il y a quelques années, ils auraient pu nous dire « on n'a rien à faire dans votre happening »... Mais nous voulons sortir de l'immobilisme, des face-à-face entre syndicats et hauts fonctionnaires, chronophages et où les décisions sont en réalité prises avant les réunions. C'est bien qu'il y ait un peu de diversité, ce n'est pas la fin du dialogue social !
 

 
Les fonctionnaires sont-ils prêts à entendre des mots comme « productivité » ou « rémunération au mérite » ?
 
Disons que c'est un peu nouveau... La première réaction des syndicats, c'est de dire : « on sera payé à la tête du client ». Mais on peut discuter ensemble des façons de faire. Dans la fonction publique territoriale, il y a beaucoup de primes ; je le fais à la mairie d'Issy-les-Moulineaux et ça se passe très bien. Quand on accepte de se mettre autour d'une table et d'oublier les slogans, on avance vraiment.
 

 
Avec cette conférence, nous allons travailler pour l'avenir. Nous n'aurons pas de grand dialogue comme ça tous les deux ans. Je dis donc aux syndicats : il ne faut pas qu'on se rate, de part et d'autre.
 

 
Décloisonnement, reconnaissance de l'expérience, fin de l'égalitarisme... Vous montrez beaucoup d'ambition sur des sujets que certains de vos prédécesseurs ont déjà abordés sans aller très loin. Qu'est-ce qui vous fait penser que vous réussirez ?
 
Toutes les guerres difficiles ont été gagnées par des hommes forts, soutenus par le peuple. Nicolas Sarkozy a été largement élu et il avait clairement mis la réforme de la fonction publique sur la table pendant la campagne. Et puis nous avons peut-être un peu plus envie de réussir que d'autres...


"Le Figaro"





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Lundi 1 octobre 2007

 

reformeFPT.jpgPas de date pour une hausse des salaires des fonctionnaires

Le gouvernement examinera rapidement la question d'une éventuelle revalorisation des salaires des fonctionnaires mais aucune date n'est fixée, selon André Santini, secrétaire d'Etat à la Fonction publique.

 

"Aucun calendrier n'est fixé mais nous allons examiner cette question rapidement", explique-t-il dans un entretien publié lundi dans Le Parisien.

"Depuis la présentation du budget 2008, les marges de manoeuvre sont réduites", déclare André Santini, soulignant que la moitié des 400 millions d'euros d'économies prévues l'an prochain financeront la défiscalisation des heures supplémentaires des fonctionnaires.

Le Premier ministre, François Fillon, doit ouvrir lundi la première des quatre conférences sur la fonction publique prévues jusqu'à fin mars, qui sera consacrée à ses valeurs, ses missions et ses métiers.

Favorables sur le principe, les syndicats sont dubitatifs quant à l'issue des discussions et ont prévu de se rencontrer dans la soirée pour décider d'éventuelles actions contre la politique du gouvernement.

Ils demandent notamment l'ouverture de négociations sur les salaires et sur les emplois.

Le projet de loi de finances pour 2008 présenté mercredi dernier en conseil des ministres prévoit environ 22.900 suppressions de postes l'an prochain dans la fonction publique d'Etat.

"Reuters"





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Lundi 1 octobre 2007

 

reformeFPT.jpgFonction publique: coup d'envoi du débat national dans un climat tendu

 

 

Le gouvernement lance lundi un cycle de rencontres sur la fonction publique avec l'ouverture d'une conférence sur ses "valeurs et missions" dans un contexte particulièrement tendu avec les syndicats.

Cette conférence, qui doit être lancée dans la matinée par François Fillon, se veut la première étape de la "révolution culturelle" voulue par Nicolas Sarkozy, qui souhaite un secteur public moins nombreux, plus mobile et dont les agents seraient payés au mérite, avec un statut assoupli.

Elle marque le début d'un débat national de plusieurs mois, jusqu'en avril, qui débouchera sur un "livre blanc" fixant les grandes orientations de la fonction publique.

L'ouverture de ce débat intervient dans un contexte social tendu, les syndicats étant très remontés contre les 22.921 suppressions de postes de fonctionnaires inscrites au Budget 2008 et l'absence de négociations salariales pour 2007.

Et la tension est encore montée d'un cran la semaine dernière, lorsque les huit fédérations de fonctionnaires (Unsa, CGT, CFDT, FSU, FO, CFTC, CFE-CGC) ont claqué la porte d'une réunion d'information sur les heures supplémentaires, dénonçant le manque de concertation du gouvernement.

Lors d'une réunion intersyndicale le 21 septembre, les huit fédérations n'avaient toutefois pas réussi à s'entendre sur une action commune, préférant se donner du temps. Seuls les responsables de la CGT, de la FSU et de Solidaires s'étaient dits prêts à appeler à la grève, les autres syndicats étant plus réservés.

Une nouvelle réunion intersyndicale est programmée après la conférence, lundi après-midi, pour faire le point de la situation et préciser les modalités d'une éventuelle riposte.

"AFP"





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