Lundi 28 juillet 2008
Le rôle des régions et des départements revu en 2009

Déjà bouleversées par la refonte des cartes judiciaire, militaire et hospitalière, les régions s'apprêtent à vivre une autre réforme d'importance. L'année 2009 verra s'ouvrir le grand chantier de la simplification des niveaux administratifs sur le territoire, entre les 26 régions, les 100 départements, les 3 000 intercommunalités et les 36 700 communes.

Le président de la République l'avait annoncé dans un entretien au Monde : "Je pense que 2009 doit être l'occasion d'une réflexion, d'un débat et d'une concertation approfondis sur la question des communes, des communautés de communes, des départements et des régions." (Le Monde du 17 juillet.) Nicolas Sarkozy fait de ce dossier la clé d'une éventuelle réforme du mode de scrutin aux élections régionales, qui doivent avoir lieu en 2010.

L'objectif est de réaliser des économies, mais aussi de gagner en efficacité, en clarifiant notamment les compétences entre les régions et les départements. Les conseils généraux, qui disposent d'une clause générale de compétence, peuvent intervenir dans tous les domaines. Les dossiers économiques, notamment, sont marqués par un enchevêtrement d'intervenants. Décisions diluées, difficultés de pilotage : le système a atteint ses limites.

L'une des pistes envisagées par le gouvernement serait de revenir à un système semblable à celui qui avait cours en 1972, lors de la création des premières régions. Les conseils régionaux étaient alors composés de conseillers généraux.

FÉDÉRATIONS DE DÉPARTEMENTS

Les régions deviendraient des sortes de fédérations de départements. Au lieu d'être élus au scrutin de liste, les conseillers régionaux seraient désignés au scrutin uninominal à deux tours, comme les conseillers généraux, et les élections régionales auraient lieu en même temps que les cantonales. L'avantage attendu serait aussi de réveiller l'intérêt des électeurs pour ces scrutins. "Les conseillers généraux ont une vraie existence sur le terrain et sont identifiés par les électeurs, ce qui n'est pas le cas des conseillers régionaux", souligne Alain Marleix, le secrétaire d'Etat aux collectivités locales.

Les intercommunalités pourraient être organisées sur un modèle semblable, comme des fédérations de communes. Les conseillers communautaires seraient élus en même temps que les conseillers municipaux, selon un modèle proche du mode d'élection en vigueur à Paris, Lyon et Marseille (système PLM), dans lequel les conseillers municipaux sont élus en même temps que les conseillers d'arrondissement.

La réforme s'inscrit, pour une part, dans la ligne du rapport Attali sur la libération de la croissance, publié en janvier. Parmi ses propositions figuraient celle de "renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en dix ans l'échelon départemental". La suppression du département est écartée.

La mesure avait soulevé une telle réaction des élus que M. Sarkozy s'en était désolidarisé le jour même de la remise du rapport Attali. "Je ne crois pas que les Français sont prêts à renoncer à la légitimité historique des départements", avait-il déclaré le 23 janvier. L'échelon départemental est "un niveau qui porte une forte charge identitaire, ajoute M. Marleix. On l'a bien vu lors de la réforme des plaques d'immatriculation, qui a soulevé un tollé".

Le gouvernement veut aussi faire droit aux préconisations du rapport remis par le sénateur (UMP) Alain Lambert sur la clarification des compétences entre l'Etat et les collectivités. Pour sortir de "l'enchevêtrement des compétences" entre la région et le département, il s'inspirera aussi de la proposition de loi rédigée par Adrien Zeller, président (UMP) du conseil régional d'Alsace, qui a suggéré d'inciter le couple région-département à "s'entendre et à clarifier leurs rôles respectifs".

Le gouvernement marche sur des oeufs. Dans le contexte de la réduction de la dotation globale de fonctionnement versée aux collectivités, il ne souhaite pas susciter davantage la colère des élus. La réforme pourrait se faire sur le mode du volontariat et de l'expérimentation. "Nous sommes favorables à une approche contractuelle et concertée, excluant toute brutalité", insiste M. Marleix.

Le Monde




 

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Lundi 28 juillet 2008
Le gouvernement veut regrouper les concours de la fonction publique
 
La fonction publique va connaître un nouveau bouleversement avec la réforme, en vue, de l'organisation de ses concours, qui sélectionnent chaque année quelque 60 000 personnes. Centralisation des inscriptions, regroupement d'épreuves entre les différentes fonctions publiques et les ministères, informatisation et création d'un "réseau interministériel"… les propositions ne manquent pas. Elles sont présentées dans un rapport qui a été remis à André Santini, le secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique, et Eric Woerth, le ministre du budget, par Marine Dorne-Corraze, directrice des ressources humaines à la Caisse des dépôts et consignations.

"800 000 personnes s'inscrivent chaque année à un concours et 36 % d'entre elles ne s'y rendent même pas, nous allons changer cela", s'était exclamé M. Santini, lors de la présentation du rapport annuel sur l'état de la fonction publique, le 16 juillet.

Si l'argument du coût financier n'est pas le premier avancé, M. Santini s'interroge néanmoins sur la nécessité de "louer Bercy pour faire passer un examen d'entrée dans la fonction publique". Les frais s'élèveraient à "quelque 110 millions d'euros, soit 1 800 euros par lauréat", selon le rapport.

Le gouvernement se heurte à un problème : il est impossible d'empêcher l'accès à un concours. Ainsi que le précise le rapport, "l'égal accès à l'emploi public inscrit dans le préambule de la Constitution a pour objet d'exiger la transparence et la qualité du recrutement". Pour limiter le nombre d'inscrits, Mme Dorne-Corraze propose de "décourager les inscriptions multiples", sans toutefois les interdire.

Les rapporteurs notent qu'il y a dans la fonction publique d'Etat "16,8 inscriptions (contre 7,2 dans la fonction publique territoriale) pour un poste". Certains candidats s'inscrivent à plusieurs examens se déroulant au même moment. Le rétablissement de droits, limitant les inscriptions multiples, n'est pas envisagé. Mais une rationalisation informatique est proposée, avec des options à choisir par les candidats sur "les débouchés avant l'inscription".

CONCOURS COMMUNS

Les rapporteurs font une autre proposition majeure : des concours communs aux trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) seraient organisés et des "filières métiers" remplaceraient l'approche par grade. La mesure permettrait de "passer de 590 concours par an à une cinquantaine et de 3 000 procédures à 150". Des regroupements seront opérés, un projet ardu pour certains ministères. "On pourrait envisager un concours unique, quand les épreuves sont quasi identiques, comme entre gardiens de la paix, gardiens de prison ou gendarmes", avance-t-on à Bercy.

En février, un premier rapport remis aux ministres avait proposé de modifier les programmes en les centrant sur les métiers. "On a autant besoin de compétences que de connaissances", explique Corinne Desforges, auteure du rapport avec Jean-Guy de Chalvron. La culture générale ou les dissertations seraient remplacées par des "questionnaires à choix multiples, intelligents et centrés sur les métiers". Mme Dorne-Corraze reprend cette approche.

Au risque de heurter des syndicats attachés au caractère anonyme et égalitaire des concours, l'Etat souhaite "mettre en place de vraies procédures qui se rapprochent de ce qui existe dans le privé", explique-t-on au ministère de la fonction publique. Des propositions devraient être faites dès l'automne.

Le Monde




 

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Vendredi 18 juillet 2008
Le passage à 164 trimestres (41 annuités) entre 2009 et 2012 précisé par une circulaire ministérielle

Les modalités d'application de l'augmentation, à compter de 2009, de la durée d'assurance requise pour bénéficier d'une retraite liquidée au taux plein, qui doit atteindre 164 trimestres en 2012, sont précisées par une circulaire interministérielle du 7 juillet 2008. Celle-ci, signée par le Directeur de la Sécurité sociale, Dominique Libault, par délégation du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, et également sous le timbre du ministère de la Santé et du ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, a été transmise aux directeurs des caisses concernées (Cnavts, RSI, MSA, professions libérales, caisse nationale des barreaux français). Elle concerne le régime général, les régimes alignés, le régime des exploitants agricoles, les régimes des professions libérales et le régime des avocats.

Le texte rappelle que l'article 5 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites prévoit l'augmentation, à compter de 2009, de la durée d'assurance requise pour bénéficier d'une retraite liquidée au taux plein, qui doit atteindre 164 trimestres en 2012. À la suite de la réunion de la Commission de garantie des retraites, le gouvernement a confirmé ce calendrier d'évolution.

La circulaire est applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2009. C'est sur la base de celle-ci que les demandes de retraite qui auraient déjà été transmises aux caisses, et pour lesquelles les réponses ont été mises en attente, devront être traitées en procédant, le cas échéant, à la liquidation des pensions concernées.

CALENDRIER

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2009, la durée d'assurance requise pour bénéficier d'une pension de retraite au taux plein augmente d'un trimestre par an jusqu'en 2012. Cette augmentation ne s'applique pas au regard de la date d'effet de la pension mais en fonction de la génération de l'assuré. La durée d'assurance requise pour le taux plein est celle en vigueur au soixantième anniversaire de l'assuré.

Ainsi, la durée d'assurance requise pour le taux plein est fixée à:
- 161 trimestres pour les assurés nés en 1949,
- 162 trimestres pour les assurés nés en 1950,
- 163 trimestres pour les assurés nés en 1951,
- et 164 trimestres pour les assurés nés en 1952.

Elle est fixée à 160 trimestres pour les assurés nés avant 1949.

CARACTÈRE GÉNÉRATIONNEL

Dominique Libault attire l'attention des caisses "sur la nécessité d'apporter l'information la plus large et la plus complète possible sur le caractère générationnel de cette règle d'évolution. Il importe que tous les canaux de communication disponibles soient utilisés de manière à ce que cette information soit disponible le plus en amont de la demande de retraite, de manière à éviter des dépôts de demande motivés par une méconnaissance des règles applicables à compter du 1er janvier 2009".

"En particulier, souligne le Directeur de la Sécurité sociale, il vous reviendra de faire connaître à chaque assuré que la loi garantit que la durée d'assurance requise pour le taux plein demeure celle qui lui était applicable à son soixantième anniversaire, même s'il décide de différer la date de son départ en retraite après 60 ans".

La durée d'assurance requise pour le taux plein est également celle prise en compte pour le calcul de la pension (durée dite de proratisation) pour les assurés nés après 1947.

"Un toilettage des textes réglementaires sera entrepris prochainement, s'agissant des références obsolètes à mettre en conformité avec la loi; ces textes ne font pas obstacle à la mise en oeuvre des dispositions législatives ci-dessus qui sont d'applicabilité directe", précise la circulaire.

RETRAITE ANTICIPÉE POUR LONGUE CARRIÈRE

Par ailleurs, rappelle Dominique Libault, "le gouvernement a confirmé la reconduction du dispositif de retraite anticipée pour longue carrière en précisant que les conditions de durée d'assurance évolueront conformément aux dispositions de l'article 5 de la loi du 21 août 2003 et du décret n° 2003-1036 du 30 octobre 2003".

Les conditions relatives au début d'activité demeurent inchangées.

La durée minimale d'assurance ou de périodes équivalentes requise pour bénéficier de la retraite anticipée pour longue carrière est égale à la durée d'assurance requise pour une pension de retraite au taux plein majorée de huit trimestres.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2009, la durée d'assurance ouvrant droit à la retraite anticipée est donc la durée d'assurance applicable, à compter du 1er janvier 2009, à la génération de l'assuré, majorée de huit trimestres.

GÉNÉRATIONS 1953 ET SUIVANTES

La circulaire précise que, "pour les générations 1953 et suivantes, l'article 5 de la loi du 21 août 2003 prévoit que la prochaine évolution de la durée d'assurance est fixée par décret pris avant le 1er juillet 2012. Dans l'attente de la publication de ce décret, la durée d'assurance applicable aux générations 1953 et suivantes reste celle applicable à la génération 1952."

De même, la durée d'assurance ayant donné lieu à cotisations à la charge de l'assuré est égale à la durée d'assurance requise pour le taux plein applicable à la génération concernée, majorée de huit trimestres, pour un départ à 56 ou 57 ans, à cette durée minorée de quatre trimestres pour un départ à 58 ans, et à la durée d'assurance requise pour le taux plein applicable à la génération concernée pour un départ à 59 ans.

Le même principe est également applicable aux pensions liquidées au titre de la retraite anticipée des assurés handicapés prenant effet à compter du 1er janvier 2009.



Lire la circulaire










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