Mercredi 16 avril 2008

Rapprochement CFTC/Unsa: "des affabulations", selon Jacques Voisin

Le président de la CFTC Jacques Voisin a démenti mercredi auprès de l'AFP toute volonté de rapprochement syndical avec l'Unsa (syndicats autonomes), qualifiant
"d'affabulations" une telle hypothèse.

 "Il n'est pas envisagé un quelconque rapprochement avec l'Unsa: nous sommes la CFTC et nous entendons le rester", a assuré M. Voisin alors que plusieurs médias affirment ce mercredi que la CFTC serait, comme la CFE-CGC (cadres), tentée par un rapprochement avec l'Unsa afin de mieux faire face aux conséquences de la réforme de la représentativité syndicale.

"Ce sont des affabulations : la CFTC n'a aucun contact avec l'Unsa dans ce cadre là", a commenté M. Voisin. "Par contre, nous avons des relations régulières avec les syndicats et nous avons par exemple répondu en septembre à l'invitation d'une rencontre avec l'Unsa, mais c'était dans le cadre des coopérations syndicales", a-t-il poursuivi.

La CFE-CGC, deuxième syndicat chez les cadres, et l'Unsa, surtout présent chez les fonctionnaires, ont indiqué mardi avoir entamé "une réflexion" sur une éventuelle fusion pour tirer leur épingle du jeu dans la recomposition du paysage syndical français que va provoquer la réforme des règles de représentativité des syndicats.

La CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) doit en principe annoncer jeudi si elle signe ou pas la "position commune" sur les règles de représentativité à laquelle les partenaires sociaux ont abouti le 10 avril.

(Le Monde)



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Mardi 15 avril 2008
Pourquoi l'Unsa et la CFE-CGC se rapprocheraient-ils?

Le président de la CFE-CGC Bernard Van Craynest a confirmé mardi que son syndicat était «au stade de la réflexion» concernant un projet de fusion avec l'Unsa. Un rapprochement entre deux syndicats, un événement inédit en France. Décryptage pour comprendre.

Pourquoi une fusion aurait-elle lieu aujourd'hui?

Evidemment, le calendrier ne doit rien au hasard. Le gouvernement veut modifier le plus vite possible la «représentativité syndicale». Alors que cinq syndicats — FO, CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC — bénéficient depuis 1966 d'une «présomption irréfragable» de représentativité pour négocier des accords d'entreprises, de branches ou nationaux, les syndicats vont désormais devoir faire preuve de leur représentativité. Dans les entreprises: selon la «position commune» arrêtée la semaine dernière entre patronat et salariés, un syndicat devra notamment recueillir 10% des suffrages aux élections professionnelles pour participer aux négociations collectives. Dans les négociations de branches (hôtellerie, fonction publique, chimie, banques…) nationale: un syndicat devrait recueillir 8%. Bref, alors que les règles du jeu changent, Unsa et CFE-CGC, des syndicats de taille moyenne comptent leurs troupes et envisagent d'unir leurs forces pour passer ces seuils.

Quel serait l'intérêt d'une telle fusion pour l'Unsa?
Avec 360.000 adhérents fin 2006, l'Unsa (Union nationale des Syndicats autonome) est très forte dans la fonction publique où elle a obtenu 12,5% des voix aux élections professionnelles. Mais sa représentativité fait défaut dans le privé. Or, pour participer aux négociations collectives nationales, un syndicat devra justifier d'une implantation représentative «dans des branches à la fois de l'industrie, de la construction, du commerce et des services». L'Unsa risque donc de rater le coche et de devoir se contenter du statut actuel de syndicat non représentatif. «La réforme est une occasion pour nous de peser dans le débat», reconnaît Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education, joint par 20minutes.fr, qui reconnaît du bout des lèvres une faiblesse représentative dans la métallurgie.

Quel serait l'intérêt pour la CFE-CGC?
Aujourd'hui, ce syndicat bénéficie du statut privilégié de «syndicat représentatif». Mais avec la réforme, cela pourrait changer. Car la CFE-CGC — et ses 150.000 adhérents — n'est présente que chez les cadres, les techniciens et les agents de maîtrise, surtout du secteur privé. Et même si sa dirigeante, Danièle Karniewicz, parle de la réforme comme d'une «bouffée d'oxygène», la centrale sait qu'elle a beaucoup à perdre.

Quels freins existe-t-il à cette fusion?
Pas forcément évident de rapprocher des syndicats qui n'ont pas la même culture du travail. Pendant longtemps, la CFE-CGC a été proche de la droite tandis que l'Unsa est davantage marquée à gauche. Un cadre du privé n'a pas nécessairement les mêmes attentes qu'un professeur de l'éducation nationale. «Il nous faut trouver un projet commun», concède à 20minutes.fr Danièle Karniewicz. Mais c'est surtout dans la police que le rapprochement semble difficile. Le syndicat
Alliance, affilié à la CFE-CGC, voit d'un mauvais œil une fusion avec Unsa-Police, son principal rival.

Un rapprochement qui pourrait faire boule de neige?
Danièle Karniewicz en est convaincue, avec la réforme, les syndicats, plus habitués à se diviser, «se retrouvent en situation de s'entendre». Hormis les puissances CGT et CFDT, les autres centrales syndicales, notamment la CFTC, vont devoir s'assurer de ne pas perdre leur influence. Quant au non-représentatif
Solidaires (Sud, par exemple), il regardera de près les modalités d'une alliance éventuelle CFE-CGC et Unsa.


(20 minutes)



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Mardi 15 avril 2008

 

Unsa et CGC : en route vers la fusion ?

Les deux organisations devraient annoncer leur mariage jeudi prochain, une première dans l'histoire syndicale depuis 1945. La CFE-CGC, présente chez les cadres, et l'Unsa, active chez les fonctionnaires, tirent ainsi les conséquences du prochain changement des règles de représentativité.


Deux syndicats, la Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) et l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), réunissent leurs instances dirigeantes, le 17 avril, et pourraient bien annoncer leur mariage. Ce serait une première depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. La réunion de jeudi a pour but de définir les bases d'un éventuel rapprochement puis d'une fusion.

Chacune des deux organisations a pris conscience de ses faiblesses. La CFE-CGC, syndicat de cadres, compte peu d'adhérents, mais elle bénéficie du statut envié d' organisation représentative. Ce qui lui donne d'office le droit d'être présente dans les entreprises, de négocier et de signer des accords.

A l'inverse, l'UNSA, de création plus récente, notamment présente dans la fonction publique, se bat depuis des années pour faire reconnaître sa représentativité. La fusion permettrait à chacun des deux syndicats d'épouser les avantages de l'autre.

Il y a dix ans déjà, ils avaient esquissé un rapprochement. Le changement prochain
des règles de représentativité des syndicats - une "position commune" est sur le point d'être approuvée par certains d'entre eux - a don-né un coup d'accélérateur aux épousailles.

(L'Express)



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