Représentativité syndicale : la CGC et la CFTC ne signent pas la position commune
La CFE-CGC a annoncé jeudi qu'elle ne signait pas la "position commune" sur la représentativité des syndicats issue
de la négociation avec le patronat, et indiqué qu'elle "explorait" des rapprochements avec d'autres syndicats, en particulier l'Unsa, "mais sans exclusive".
"Notre organisation a décidé de ne pas signer la position commune, qui ouvre une formidable déconstruction
du syndicalisme", a déclaré le président de la CFE-CGC Bernard Van Craeynest devant la presse, au terme d'une délibération de quatre heures et demi.
Sur 44 votants au comité directeur, le vote sur ce point, très serré, a donné lieu à 25 voix "contre", 18 "pour" et 1
"abstention", a-t-il précisé.
"L'introduction du critère d'audience" pour être reconnu représentatif "va conduire à des situations ubuesques", a-t-il affirmé, car "les cinq
syndicats pourraient être représentatifs dans l'entreprise mais pas dans certaines branches et au niveau interprofessionnel".
L'autre vote, donnant mandat au président à la confédération des cadres pour qu'il "explore" des rapprochements avec d'autres syndicats en vue
d'une éventuelle fusion, a abouti à 37 voix "pour", 6 "contre" et 1 absention.
Le comité directeur "donne mandat pour poursuivre l'exploration avec d'autres organisations syndicales, à commencer par celle avec laquelle nous
avons commencé", a déclaré M. Van Craeynest en référence aux contacts noués avec l'Unsa sur ce sujet depuis fin février. "Mais il n'existe aucune exclusive", a-t-il prévenu.
"Nous continuerons à parler avec les autres des conséquences de la situation face à laquelle nous place le texte sur la représentativité", a
indiqué le président de la CFE-CGC.
La CFTC, elle-aussi, a rejeté le texte, en employant des arguments similaires à ceux de FO, qui avait dit non lundi. Selon elle, le texte a plusieurs défauts, dont celui de "déplacer la
construction de la norme sociale au niveau des entreprises, là où le rapport de force est plus défavorable aux salariés", ce qui est "le rêve depuis toujours du Medef".
(Le Monde)