Jeudi 17 juillet 2008
Fonction publique: les premières propositions du gouvernement sur les conditions de travail et l'emploi des seniors

 

Le gouvernement souhaite s'inspirer des actions engagées dans le secteur privé pour "améliorer les conditions de travail et l'emploi des seniors" dans la fonction publique. C'est le message adressé par Éric Woerth et André Santini aux huit organisations syndicales de fonctionnaires, réunies à Bercy, pour une première séance de négociation sur les conditions de travail, ce mardi 15 juillet 2008. Le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, accompagné du secrétaire d'État chargé de la Fonction publique, souhaitent que la négociation s'achève d'ici fin 2008.

Inscrite à l'agenda social de la fonction publique précisé le 4 février 2008 par le Premier ministre, François Fillon, la négociation sur les conditions de travail se fonde sur les conclusions de la conférence sur les parcours professionnels organisée à l'automne 2007. À partir de la mi-septembre 2008, des groupes de travail réunissant représentants de l'État et des syndicats seront installés pour deux mois afin d'approfondir quatre thèmes proposés par le ministère:

- réformer les instances de pilotage (les Comités d'hygiène et de sécurité) et décloisonner les approches entre fonctions publiques;
- développer la connaissance des dangers, des risques et des expositions en milieu professionnel;
- renforcer les fonctions de conseil (par exemple, les médecins), d'inspection et de pilotage (et notamment rénover le réseau des agents chargés de la mise en oeuvre des règles d'hygiène et de sécurité);
- mobiliser pour l'emploi des seniors avec une meilleure prise en compte de l'allongement de la durée des carrières", ce dernier thème ayant été ajouté par le gouvernement à l'ordre du jour de la négociation initialement centrée sur les conditions de travail.

EMPLOI DES SENIORS

Début septembre 2008, le ministère en charge de la Fonction publique transmettra un "document d'ensemble" aux syndicats qui synthétisera les propositions gouvernementales servant de base à la négociation. D'ores et déjà, un document transmis en fin de semaine dernière aux syndicats comporte treize "pistes de réflexion".

En ce qui concerne l'emploi des seniors, il prévoit de mettre en oeuvre dans la fonction publique les orientations du gouvernement privilégiées pour le secteur privé. Ces orientations ont été confirmées le 26 juin 2008 par Xavier Bertrand, ministre en charge du Travail, et par Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi. Il s'agit, notamment, de supprimer à terme les limites d'âge et les mises à la retraite d'office, d'étendre les dispositifs de surcote en cas de prolongation d'activité et de développer les possibilités de cumul emploi-retraite pour les personnes ayant eu une carrière complète.

CONDITIONS DE TRAVAIL

Dans le champ des conditions de travail, le gouvernement propose de mettre en place "une fonction d'observation de la santé et de la sécurité au travail dans la fonction publique". Il suggère également de réformer les comités hygiènes et sécurité de la fonction publique de l'État et de la fonction publique territoriale et d'étendre l'enquête Sumer à laquelle participe d'ores et déjà la fonction publique hospitalière. Copilotée par le ministère chargé de l'Emploi (Dares) et la DGT (Direction générale du travail - Inspection médicale du travail), cette enquête décrit les contraintes organisationnelles et les expositions professionnelles de type physique, biologique et chimique auxquelles sont soumis les salariés.

Les discussions devraient en outre porter sur:
- la prévention des problèmes de santé liés aux risques psycho-sociaux;
- l'évaluation des troubles musculo-squelettiques;
- le suivi médical post-professionnel des risques différés;
- l'achèvement de la mise en place généralisée d'un document unique sur les risques professionnels;
- la rénovation de la formation et la mutualisation des inspecteurs hygiène et sécurité;
- la mutualisation et l'introduction de la pluridisciplinarité dans les services de santé au travail de la fonction publique;
- l'amélioration de la formation des responsables des ressources humaines, de l'encadrement et des personnels.

Selon le document ministériel, "une action significative est nécessaire" pour améliorer la formation des différents acteurs concernés par la sécurité et la santé au travail, ainsi que pour faire face à la "pénurie de médecins" chargés de la prévention des risques professionnels.



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Jeudi 17 juillet 2008


Fonction publiques : Conditions de travail

Intervention Conditions de travail
Séance du 15 juillet 2008

 

 

 

Messieurs les ministres,

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour engager avec vous une série de discussions sur les conditions de travail.

Cela nous satisfait, car cela correspond à une attente ancienne et très importante pour les agents des trois versants de la fonction publique que l’UNSA représente.

Mais s’engager dans un nouveau chantier ne veut pas dire abandonner nos principales revendications sur les salaires et les grilles.

Je profite de notre rencontre d’aujourd’hui pour vous demander à nouveau, au-delà du point d’indice sur lequel nous restons en désaccord, l’application immédiate des différentes mesures unilatérales que vous aviez annoncées dans le cadre des négociations salariales.

Vous l’avez compris, Messieurs les ministres, pour l’UNSA tout doit être mené de front et en cohérence – même si cette période ne se prête guère à un travail de fond sur la durée – tant dans le cadre des accords déjà signés par notre organisation que dans un cadre plus large de concertation.

S’agissant des conditions de travail, je tiens tout d’abord à vous faire part de notre préoccupation concernant l’absence de réunion de la commission centrale d’hygiène et de sécurité en 2008.

Au-delà de cet état de fait que nous déplorons, je souhaite insister sur un certain nombre de points :

D’une façon générale, l’UNSA partage le constat de nombreux experts sur l’aggravation des conditions de travail actuelle qui engendrent des maladies professionnelles et des troubles musculo squelettiques et psychologiques.

En conséquence, l’UNSA estime que la priorité doit être donnée à la prévention. La santé au travail est un droit, c’est aussi un enjeu in fine pour la qualité du service rendu à nos concitoyens, usagers du service public.

Nous souhaitons donc que :
 la FPE se dote de véritables CHSCT à l’instar des autres versants
 l’ensemble des agents reçoivent une formation concernant les risques liés au travail dès leur recrutement
 la formation des responsables RH comprennent obligatoirement un volet sur la santé au travail
 l’ensemble des agents des trois versants de la FP puissent disposer d’une véritable médecine du travail
 la mise en place de ces différents dispositifs s’accompagne des moyens humains correspondants (médecins, ergonomes, IHS, ACMO, etc)

Vous le voyez, Messieurs les ministres, sur ce vaste chantier, l’UNSA est prête à s’engager dans une discussion sérieuse au plus près du terrain afin d’assurer à tous nos collègues des trois versants de la FP des conditions de travail améliorées gages d’un service public de qualité.

Je vous remercie.

Élisabeth DAVID
Secrétaire générale Unsa Fonctionnaire

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 16 juillet 2008
Conférence nationale des exécutifs: vers une nouvelle répartition des compétences de l'État et des collectivités territoriales fin 2008

 

Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, installera un groupe de travail à la rentrée 2008 avec les associations d'élus locaux pour tenter de clarifier la répartition des compétences entre l'État et les différents échelons territoriaux. C'est l'une des propositions avancées par le Premier ministre, François Fillon, lors de la deuxième Conférence nationale des exécutifs organisée à Matignon, en présence des représentants de l'ADF (Assemblée des départements de France), de l'AMF (Association des maires de France) et de l'ARF (Association des régions de France), ce jeudi 10 juillet 2008.

L'objectif du gouvernement est de "faire émerger des propositions de réforme d'ici la fin de l'année" 2008. Le groupe de travail doit notamment examiner les pistes de réforme recommandées par Alain Lambert. Dans son rapport publié en décembre 2007 en marge des travaux lancés dans le cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques), le sénateur UMP de l'Orne a notamment proposé "d'unifier les compétences des régions" en matière de formation professionnelle, et de rendre les conseils régionaux pleinement responsables dans le domaine de l'apprentissage. Alain Lambert, suggérait également de transférer aux départements la gestion des structures d'insertion par l'activité économique.

Selon les services du Premier ministre, le groupe de travail piloté par Michèle Alliot-Marie abordera également la proposition du président du conseil régional d'Alsace, Adrien Zeller (UMP), visant à renforcer la contractualisation entre les collectivités territoriales et l'État. L'Alsace est la seule région à expérimenter la gestion directe, depuis 2003, de l'intégralité des crédits européens dans le cadre de l'objectif 2: reconversion économique et sociale des régions en difficulté structurelle. Le groupe de travail se penchera aussi sur la réforme de l'intercommunalité, afin "d'enrichir le projet de loi sur la démocratie locale" que le ministère de l'Intérieur compte présenter au Parlement au 1er semestre 2009.

RMI ET RSA

Claudy Lebreton (PS), président du conseil général des Côtes-d'Armor et président de l'ADF, se déclare satisfait de la mise en place du groupe de travail sur les compétences de l'État et des collectivités. Il souhaite que les élus locaux soient invités à y participer avec les ministres, en jugeant inopportun d'organiser des réunions rassemblant des conseillers techniques. En revanche, Claudy Lebreton indique être "déçu par l'absence de réponse du gouvernement sur le financement du RMI (revenu minimum d'insertion) et du RSA (revenu de solidarité active)".

En ce qui concerne la compensation financière par l'État du transfert du RMI, les départements s'inquiètent de la mise en extinction en 2009 du FMDI (Fonds de mobilisation départementale d'insertion). Doté de 450 millions d'euros par an, ce fonds a été mis en place en 2006 pour compenser l'insuffisance des versements de l'État au titre du RMI sur les années 2005, 2006 et 2007. Le dernier versement devrait intervenir avant fin 2008 pour couvrir l'exercice 2007. Selon le président de l'ADF, "il n'est pas impossible que le dispositif soit reconduit", mais rien n'est officiellement acté pour le moment.

Au sujet du RSA, Claudy Lebreton fait part de sa perplexité car le ministre en charge du Budget, Éric Woerth, présent à la conférence d'aujourd'hui, ne s'est pas montré aussi affirmatif que Martin Hirsch concernant le financement du dispositif lors de la conférence de consensus réunie hier par le Haut- commissaire au Solidarités actives contre la pauvreté. Selon ce dernier, l'État doit consacrer entre 1 et 1,5 milliard d'euros de crédits nouveaux pour généraliser le RSA en 2009.

DOTATION GLOBALE DE FONCTIONNEMENT

Autre sujet d'inquiétude, cette fois partagé par l'ensemble des collectivités territoriales, le gouvernement a décidé de réviser le mode calcul de la DGF (dotation globale de fonctionnement) versée chaque année aux communes, départements et régions. Pour contenir la hausse des dépenses publiques, le gouvernement souhaite, en effet, appliquer la règle dite du "zéro volume" aux collectivités dont la liberté d'administration est garantie par la Constitution. Concrètement, à l'instar de ce qui est prévu pour le budget de l'État, les dépenses des collectivités ne devront pas augmenter plus vite que l'inflation.

Lors de la conférence, François Fillon a indiqué que la dotation globale de l'État aux collectivités territoriales progressera de 1,1 milliard d'euros en 2009, pour s'établir à 55 milliards d'euros. L'augmentation est donc de l'ordre de 2%, le budget 2009 devant être bâti sur cette hypothèse d'inflation. Pour Alain Rousset (PS), président de la région Aquitaine et président de l'ARF, la hausse de la dotation de l'État aux collectivités est "en trompe-l'oeil" car elle intègre les sommes versées au titre du FCTVA (fonds de compensation de la TVA), soit "environ la moitié de l'augmentation proposée par le gouvernement".

Même écho du côté de Claudy Lebreton, qui évalue à "près de 200 millions d'euros" la perte pour les finances départementales: "avec en réalité 1% d'augmentation, c'est la première fois que l'évolution de la dotation globale de fonctionnement sera négative", déplore-t-il. Jusqu'à présent, l'effort financier de l'État a toujours progressé "au-delà de l'inflation", rappelle Matignon. En 2008, les dotations, compensations et dégrèvements de fiscalité locale, se sont élevés à 72,5 milliards d'euros. Tous transferts confondus, Éric Woerth évoque la somme de 90 milliards d'euros, un montant qu'il a jugé "énorme" devant les députés de la commission des finances, mercredi 9 juillet 2008.

DÉPARTEMENTS

Le gouvernement et les représentants des collectivités territoriales se sont par ailleurs unanimement déclarés favorables à une réforme de la fiscalité locale. Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, pilotera un groupe de travail sur ce thème qui doit être installé à la rentrée prochaine.

L'ADF explique, en outre, avoir obtenu l'assurance du Premier ministre qu'aucun projet de loi et qu'aucun chantier gouvernemental n'étaient aujourd'hui programmés concernant l'avenir des départements. Selon le Premier ministre, "le président de la République s'est clairement démarqué de la proposition de suppression des départements avancée par la commission Attali".




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