Mardi 18 mars 2008

Conseil général : L'heure des grandes manœuvres

La journée a été longue hier pour les élus du conseil général. Il ne reste plus que deux jours avant la session élective du nouveau président.

Au conseil général, c'est l'heure des grandes manœuvres. Le verdict du scrutin de dimanche soir débouche sur une situation inédite pour la gouvernance du Département avec vingt-et-un élus de gauche, vingt-et-un de droite et, au milieu, le candidat MoDem Marc Frot, élu dès le premier tour sur le canton de Baigneux-les-Juifs.
Une situation qui pourrait se traduire par un basculement à gauche de la collectivité départementale. Un cas de figure qui ne s'est produit qu'une fois en Côte-d'Or en cinquante ans, entre 1979 et 1982 !

« Bombe atomique »
Hier, chaque groupe politique départemental s'est réuni dans les murs calfeutrés de la collectivité, rue de la Préfecture. Quant au MoDem, il est plutôt ravi de « se retrouver en position d'être le pilier de l'équilibre départemental » : « Sincèrement, je ne pensais pas que nous allions avoir ce potentiel, cette bombe atomique (sic) entre les mains », a déclaré hier François Deseille, le président départemental du parti de François Bayrou, ajoutant également qu' « aucune décision n'est encore prise… » Une décision qui se fera de façon « collégiale » avec Marc Frot qui aurait des propositions en faveur de la ruralité à avancer (lire ci-dessous).
En attendant, l'intéressé fait l'objet de toutes les sollicitations : hier encore, à Quetigny, lors de l'assemblée générale du syndicat agricole la FDSEA dont il fut le président, il était en grande discussion avec Marc Patriat, fraîchement réélu conseiller général UMP de Semur-en-Auxois, mais également président de la principale coopérative agricole Dijon Céréales (lire par ailleurs).

Houleux
Plus tard dans l'après-midi, à l'hôtel du département, la situation était loin de s'être éclaircie dans les rangs de la droite départementale où, selon nos informations, la réunion se serait même révélée franchement houleuse. Devant « la complexité » des débats, le président Louis de Brossia décidait même de ne pas s'exprimer publiquement.
De l'autre bord, un peu plus bavard, Jean-Claude Robert, à la tête du groupe des Forces de progrès, a déclaré « être très confiant en ce qui concerne les discussions avec l'élu de Baigneux-les-Juifs », avant de s'épancher un peu sur le fond de la réunion où « les vingt et un élus de gauche ont travaillé sur l'aspect programmatique de ce que nous voulons proposer aux Côte-d'Oriens ». Parmi les questions abordées ? Celle de la ruralité bien sûr… « Nous défendrons la solidarité territoriale », précise Jean-Claude Robert sans en dire plus. Quant au choix du candidat pour le poste de président : « Rien n'est encore arrêté. Nous nous revoyons mercredi », précise seulement celui dont le nom circule pour endosser ce rôle.

« Cela se passe bien »
Joint plus tard au téléphone, François Rebsamen, conseiller général de Dijon V, est revenu également sur les suites de la réunion : « Cela se passe bien. Un état d'esprit de rassemblement nous anime », a souligné le maire PS de Dijon (lire page ci-contre).
Rappelons, qu'au niveau national, le MoDem n'a pas permis de faire gagner de ville à droite alors qu'il en a fait gagner à gauche… Cela va-t-il se poursuivre avec le conseil général de Côte-d'Or ? Le parti de François Bayrou pourrait-il faire le choix de l'« ex »-majorité départementale où siège François Sauvadet, haut représentant du… Nouveau Centre et actuel 1er vice- président du Département ? Un député de la 4e circonscription plutôt discret lui aussi, hier soir, dans ses déclarations.
Il reste deux jours avant l'élection du nouveau président du conseil général. Et cela doit bouillir sous certains crânes…

"Le Bien Public"


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Lundi 17 mars 2008

La collectivité départementale pourrait basculer

Vingt et un à vingt et un ! La gauche et la droite sont à égalité en nombre de sièges au conseil général. Avec un arbitre : l'élu MoDem.

INCROYABLE dénouement ! La droite et la gauche arrivent à égalité en nombre de sièges à l'issue du 2e tour des élections cantonales. Avec 21 élus de chaque côté, l'arbitre de ce match pour l'élection du président du conseil général jeudi prochain n'est autre que Marc Frot, seul candidat MoDem élu dès le premier tour sur le canton de Baigneux-les-Juifs. Un canton que la droite départementale avait pourtant dans son viseur après le retrait de son conseiller général actuel, le divers gauche Fernand Mousseron. Elle pensait également avoir bien préparé son coup en adoubant Denis Lepy, un agriculteur. Puis patatras ! Un autre exploitant agricole, Marc Frot, qui n'est autre que l'ancien président de la FDSEA, se lançait le 20 février sous l'étiquette du Parti de François Bayrou. Joint hier soir au téléphone, Marc Frot a déclaré « ne pas avoir pris encore sa décision, mais se ralliera à celui qui défendra le mieux le monde rural » : « Il n'y a que le canton qui m'intéresse », a-t-il ajouté. Le fait que le MoDem soit au côté de François Rebsamen, le maire PS de Dijon réélu dimanche dernier ? « Cela ne change rien », assure l'agriculteur de 51 ans. « Je garde ma liberté de décision ».

En revanche, pour François Rebsamen, « c'est fait » : « L'UMP a perdu ce soir (ndlr : hier soir) le conseil général de la Côte-d'Or après 24 ans de règne », a-t-il lancé. « Qui a battu le candidat de l'UMP au premier tour ? Celui du MoDem ! Et quand je vous dis que l'UMP a perdu le conseil général, je pèse exactement mes mots. C'est une certitude ».

Dernière indication : Louis de Broissia, président du Département, a fait hisser hier soir… le drapeau du Tibet au conseil général ! Une initiative qui pourrait ressembler à un baroud d'honneur pour le président du groupe d'information sur le Tibet au Sénat…

Si le Département devait basculer, cela ne serait que la seconde fois en cinquante ans (la première fois entre 1979 et 1982). La gauche réaliserait également son premier « grand chelem » en détenant en même temps le conseil régional, la mairie de Dijon et le conseil général, un tir groupé que seule la droite avait jusqu'à maintenant réalisé dans l'histoire politique du département. Elle serait donc assurée de diriger la collectivité départementale au moins jusqu'en 2011, date à laquelle 21 cantons seront remis en jeu.

Côte-d'Or des champs…
Pour revenir au scrutin d'hier, neuf cantons - sur 22 renouvelables - n'avaient pas rendu leur verdict. Tous les projecteurs étaient tournés vers Laignes, où le sortant, le PS Jean-Paul Noret a gardé son bien face à l'UMP Jean-Michel Antoni. A Chatillon-sur-Seine et Semur-en-Auxois, où se déroulait la seule triangulaire du second tour, les sortants de la majorité départementale ont remporté, eux aussi, la mise. Ainsi que Nicolas Urbano, candidat UMP qui bat de 22 voix (!) le divers droite Jean-Louis Comparon. Les désistements en faveur des candidats de la majorité ayant joué à plein dès le soir du premier tour sous l'impulsion de Louis de Broissia. A Seurre, l'UMP Emmanuelle Coint bat le socialiste Jean-Marie Bez et succède ainsi au docteur Couzon. La droite pourrait même considérer avoir conquis ce canton, puisque le conseiller général sortant ne votait jamais le budget du Département. Maigre consolation…
Du côté des Forces de progrès, le PRG Noël Bernard sur le canton de Genlis, signe un nouveau bail de six ans, mais le principal enseignement de ce scrutin, c'est l'implantation de la gauche dans les cantons urbains de Dijon.

… et Côte-d'Or des villes
En effet, il ne reste que deux cantons à droite dans la capitale régionale, celui de l'ex-candidat aux municipales, l'UMP François-Xavier Dugourd (Dijon VI), non renouvelable cette fois-ci, et celui de Ludovic Rochette (Dijon I) réélu dès le premier tour. Ce dernier canton étant peut-être le plus symbolique puisqu'il englobe la place de la Libération sur laquelle donnent les fenêtres de la mairie de Dijon !
Le coup de tonnerre de ce scrutin est venu assurément du canton Dijon VII. Le sortant, Bernard Depierre, est largement battu par le socialiste Alain Millot. Il y a sept ans, le député UMP de la 1re circonscription avait remporté la mise avec 102 voix d'avance ! Alain Millot, quasi-inconnu à l'époque, a sa revanche. Jouissant aujourd'hui d'un parcours reconnu en tant que 1er adjoint de François Rebsamen et vice-président du conseil régional. Un poste dont il va démissionner pour cumul de mandat.
Dijon VII et Dijon VIII sont donc tombés. Vote en faveur du maire sortant ? Pas seulement. Ce sont des cantons qui ont aussi beaucoup changé sociologiquement au cours des 15 dernières années.
Comment ne pas souligner également la réélection, dès le premier tour, de Colette Popard, dans un canton (Dijon III) qui était, avant son arrivée, aux affaires en 2001, propriété de la droite, chasse gardée du député Jean-Marc Nudant, entre autre. Quant à Dijon VIII, lui aussi a connu des mutations autour de ses trois grands quartiers, Montmuzard, les Grésilles et Pouilly-Toison d'Or. Il est loin le temps où Louis de Broissia y était confortablement installé comme député… Le docteur André Jacquey, mettant sa trousse au placard après 25 ans « de bons et loyaux services » au sein du conseil général, la gauche s'en empare grâce à un candidat de la société civile Jean-Yves Pian, ancien principal du collège des Epirey. Pas facile de prendre la succession pour le jeune UMP Stéphane Chevalier (28 ans), un proche du député de la 2e circonscription Rémi Delatte. Enfin, Michel Bachelard (PS) sur Dijon II n'a pas franchement tremblé face au représentant de la majorité départementale Jean Perrin, distancé de plus de 20 points.

Il ne reste plus qu'à attendre jeudi. Avec au centre de toutes les attentions, Marc Frot, un nouveau venu au conseil général dont l'entrée ne passe pas inaperçue. Les lignes téléphoniques risquent d'être encombrées ces prochaines heures sur le canton de Baigneux-les-Juifs !

(Avec Le Bien Public)



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Samedi 15 mars 2008

L'Unsa souligne la nécessité de maintenir le réseau des bureaux de postes

L'Unsa-Postes "s'insurge contre les préconisations de la Cour des comptes qui sont de véritables coups portés au développement de la banque postale (...) mais s'attaquent plus largement au réseau des bureaux de poste".

Pour la fédération, la Poste reste "souvent le dernier service public présent en zone rurale ou urbaine sensible" et à ce titre, "la présence postale sur le territoire rime avec présence sociale".

"Il est impératif de maintenir, voire de développer le réseau des bureaux de poste afin de ne pas déliter le lien social en France", ajoute l'Unsa.

Dans un rapport dont l'AFP a obtenu copie vendredi, la Cour des comptes souligne une série de "handicaps" qui fragilisent la jeune Banque Postale, à commencer par la lourdeur du réseau des bureaux de poste et les coûts salariaux des fonctionnaires de La Poste.



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Alain OLIVE à Dijon

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