Entre les agents les mieux et les moins bien rémunérés, les femmes et les hommes, les collectivités entre elles, les autres fonctions publiques et le privé… où se situent les vraies différences et inégalités salariales ?

Selon le rapport sur l’état de la fonction publique 2015 de la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), les salaires moyens des agents de la FPT sont les plus bas, fonctionnaires et salariés confondus, et près de 1,4 fois inférieurs à ceux de la fonction publique d’Etat. Le salaire net mensuel moyen des territoriaux s’établissait en 2013, à 1 851 euros contre 2 469 euros pour les agents de l’Etat, 2 186 euros dans la fonction publique hospitalière et 2 202 euros dans le secteur privé. Alors, mal payés les territoriaux ?

Rémunérations moyennes

Certes, les chiffres ne plaident pas en leur faveur. Mais ils sont à considérer avec prudence, puisqu’il s’agit de moyennes. Les écarts observés sont en grande partie liés aux différences de métiers, d’ancienneté, de statut, de qualification…

On compte par exemple davantage de cadres à l’Etat et dans le secteur hospitalier que dans la FPT. Et à l’inverse, davantage d’agents de la catégorie C dans la territoriale. Si l’on prend les rémunérations moyennes des professions intermédiaires, elles sont relativement proches, tous secteurs confondus, à condition d’isoler la filière soignante et sociale.

En y regardant de plus près encore, on observe que les bas salaires de la fonction publique sont supérieurs à ceux du secteur privé. Les 10 % des agents les moins bien rémunérés touchent un salaire net de 1 359 euros, contre 1 200 euros dans le privé, soit un écart de 13,3 %.

Inversement, les salaires sont moins élevés dans le public que dans le privé, si l’on prend en considération les plus hautes rémunérations. Elles atteignent 3 544 euros mensuel pour les salariés, contre 3 212 euros pour les fonctionnaires.

Globalement, les salaires apparaissent moins disparates dans le public : en 2013, le rapport entre le salaire net des 10 % les mieux rémunérés et celui des 10 % les moins bien payés était de 2,36 dans la fonction publique, contre 2,95 dans le secteur privé.

Mieux vaut être titulaire

Plus récemment, en 2014, le salaire net moyen dans la fonction publique territoriale s’établissait, tous emplois et catégories confondus, à 1 877 euros par mois en équivalent – temps plein. Soit, selon l’Insee, une augmentation de 0,8 % en euros constants par rapport à 2013. Bonne nouvelle, donc.

Mais, là encore, derrière ce chiffre global se cachent de nombreuses disparités. Selon le statut de l’agent d’abord. Les titulaires ont vu leur rémunération progresser en moyenne de 1,4 % en euros constants pendant que les contractuels voyaient leurs revenus baisser de 1,3 %.

L’écart entre titulaires et contractuels tient essentiellement à la forte augmentation du volume d’emploi des contrats aidés en 2014 (+ 39,4 % en équivalent – temps plein), dont les salaires se situent parmi les plus faibles.

La hausse des effectifs de contrats aidés, ajoutée à l’absence de revalorisation du point d’indice, a conduit à renforcer les inégalités dans la moitié basse de l’échelle salariale. Même si, grâce à la revalorisation en 2014 de leur échelonnement indiciaire, les agents de la catégorie C sont ceux qui ont bénéficié de la plus forte hausse de rémunération cette année-là (1,5 % contre 0,1 % pour les catégories A et B).

Selon l’Insee, ce sont dans les régions que les salaires ont en moyenne le plus progressé (+ 1,5 %), suivies par les communes et centres communaux d’action sociale (CCAS) (+ 1,1 %). Dans les départements et les intercommunalités, en revanche, les agents ont dû se contenter d’une augmentation de seulement 0,4 % en 2014.

Les derniers chiffres montrent que le salaire net moyen s’échelonne, dans la territoriale, de 1 677 euros pour les agents des CCAS à 2 540 euros dans les services départementaux d’incendie et de secours, en raison de primes spécifiques dont ils bénéficient.

Entre les deux, il s’établit en 2014, à 1 787 euros dans les communes, 1 951 euros dans les établissements publics de coopération intercommunale, 1 957 euros dans les régions et 2 089 euros dans les départements.

Les femmes, toujours lésées

Selon le rapport annuel sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique 2015 de la DGAFP, le salaire net moyen des femmes dans la territoriale s’élevait, en 2013, à 1 769 euros, soit environ 200 euros de moins que les hommes. Cette différence de 11 % est la plus faible comparée aux autres fonctions publiques et au secteur privé. L’écart est en effet de 29 % dans la fonction publique hospitalière, de 17 % à l’Etat et de 24 % dans le privé.

A noter cependant que les écarts dans la FPT sont très différents si l’on est en bas de l’échelle des salaires (3 %) ou en haut (12 %). Ces inégalités sont liées aux caractéristiques individuelles telles que le diplôme, l’âge ou le temps de travail, mais aussi aux caractéristiques de l’emploi telles que la catégorie, la filière ou l’accès aux emplois de direction.

La rémunération augmentant avec l’ancienneté et le déroulement de carrière, les écarts se creusent avec l’âge en raison notamment de la situation familiale (congé parental et passage au temps partiel par exemple) et des difficultés d’accès pour les femmes aux postes de direction, le fameux « plafond de verre ».

Reste qu’à secteurs d’activités, âges, catégories socioprofessionnelles et conditions d’emploi (temps complet ou partiel) équivalents, les femmes gagnent toujours moins. Environ 10,5 % d’écart de salaire demeurent inexpliqués dans le secteur privé.

 

Retrouvez plus d'informations dans le dossier "Salaires des fonctionnaires territoriaux : comparez, simulez, évaluez" de la Gazette.fr