Mardi 29 janvier 2008
Pouvoir d'achat : cinq syndicats appellent à la mobilisation en Ile-de-France 


Les syndicats d'Ile-de-France CGT, CFDT, UNSA, FSU et Sud-Solidaires ont appelé mardi les salariés du public comme du privé à se mobiliser "dans les semaines à venir" pour la défense des salaires et du pouvoir d'achat.

"Les salaires et le pouvoir d'achat sont des préoccupations fortes des salariés franciliens du privé comme du public. En Ile-de-France, ces questions sont d'autant plus sensibles que la vie est beaucoup plus chère qu'ailleurs", écrivent les syndicats CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires de la région parisienne dans un communiqué commun diffusé mardi.

"La part des loyers, des transports et de la santé pèse très lourdement dans le budget des franciliens. Aujourd'hui, 10% des habitants de notre région vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le travail et le salaire ne sont donc plus une garantie contre l'exclusion. D'ailleurs, un tiers des SDF sont des salariés", poursuivent les syndicats.

"De plus", ajoutent-ils, "le salaire sert aussi à financer la protection sociale, la solidarité interprofessionnelle et intergénérationnelle. À tout cela, le gouvernement et le patronat n'apportent aucune réponse satisfaisante. La politique du gouvernement ne fait qu'opposer temps de travail, salaires et pouvoir d'achat".

"L'incitation à la multiplication des heures supplémentaires, leur majoration et la monétarisation prévue des congés, RTT et compte épargne temps (CET) creusent les inégalités entre les salariés sans apporter de réponse aux problèmes d'emploi et de pouvoir d'achat", estiment les cinq organisations.

Elles appellent "l'ensemble des salariés, employés, ouvriers, ingénieurs, cadres, techniciens, chômeurs et retraités à se mobiliser et à agir (...) dans les semaines à venir" pour "relancer des négociations salariales dans les branches et les entreprises, et dans les fonctions publiques", "supprimer les inégalités salariales entre hommes et femmes", "revaloriser les retraites et pensions de réversion", ou encore "garantir un niveau décent d'indemnisation pour les demandeurs d'emploi". 

AP


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Mardi 29 janvier 2008

undefinedRéunion sur la Fonction publique lundi à Matignon

François Fillon présentera aux confédérations syndicales et aux fédérations de fonctionnaires l'agenda social.


Des sources syndicales ont révélé, mardi 29 janvier, que le Premier ministre recevra lundi prochain les confédérations syndicales CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC, ainsi que les huit fédérations de fonctionnaires.

Une réunion reportée

"François Fillon reçoit les confédérations et les fédérations lundi pour présenter l'agenda social de la Fonction publique", ont précisé à l'AFP les syndicats.
La FSU a confirmé que les huit fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, FSU, FO, Unsa, CFTC, CFE-CGC et Solidaires) seraient reçues lundi par le chef du gouvernement, ajoutant qu'une réunion intersyndicale prévue vendredi pourrait être reportée.

Lundi, la réunion commencera à 11h, a noté de son côté Gérard Nogues (FO).


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Mardi 29 janvier 2008

Eric Woerth : "la situation financière est très tendue"
 

Eric Woerth, ministre du budget et de la Fonction publique, était l'invité du Monde.fr jeudi 24 janvier. La TVA sociale, mesure phare de la Commission Attali, lui paraît "difficile à réaliser". Il assure qu'"il n'y a pas de plan de rigueur" en préparation.

Roland :  Selon une étude de votre ministère, près d'un fonctionnaire de l'Etat sur quatre (24 %) a perdu du pouvoir d'achat entre 2001 et 2005. Comment l'Etat a-t-il pu laisser ses serviteurs se paupériser de cette manière ? Que comptez-vous faire pour redresser la barre ?

Eric Woerth :  En fait, l'étude du ministère, menée à ma demande, était une volonté d'éclaircir la situation. Les organisations syndicales disent depuis plusieurs années que les fonctionnaires d'une manière générale ont perdu 6 % de pouvoir d'achat sur les six dernières années.

L'étude très précise de l'Insee montre que 17 %, et non 24 %, sur le traitement indiciaire ont effectivement perdu du pouvoir d'achat sur cinq ans. Et 83 % ont gagné du pouvoir d'achat sur le traitement indiciaire, qui est une partie de la rémunération. 

La volonté est de réagir à cela. Il y a des situations très différentes. Je propose, face à cette situation, de mettre en place un mécanisme de garantie individuelle du pouvoir d'achat. Ce mécanisme garantit que le traitement indiciaire est au moins indexé sur l'inflation. 

Je propose également de reprendre une partie du passé, par exemple à partir de 2003, et de compenser financièrement les fonctionnaires qui auraient perdu du pouvoir d'achat sur leur traitement indiciaire. 

La volonté est de réagir à cela. Il y a des situations très différentes. Je propose, face à cette situation, de mettre en place un mécanisme de garantie individuelle du pouvoir d'achat. Ce mécanisme garantit que le traitement indiciaire est au moins indexé sur l'inflation.  

Je propose également de reprendre une partie du passé, par exemple à partir de 2003, et de compenser financièrement les fonctionnaires qui auraient perdu du pouvoir d'achat sur leur traitement indiciaire.  

Olivier :  Mais les avancements d'échelon sont faits pour assurer des progressions de carrière, non pour maintenir le pouvoir d'achat comme vous le dites. Ou alors dans quelques années 11 sera égal à 1...  

Eric Woerth :  C'est faux. Les changement d'échelon sont faits pour garantir une progression de la rémunération. Celle-ci augmente avec la carrière et l'âge.  

Les augmentations d'échelon, qui assurent la progression financière dans une carrière, sont automatiques. Et cela quel que soit le travail fait. On peut tout à fait les associer au point d'indice.  

Il faut faire la différence de ces augmentations avec les augmentations de grade, qui, elles, ne sont pas automatiques.  

Donc une carrière, d'une certaine façon, quand on n'a pas augmenté de grade, est prémunie par les augmentations d'échelon.  

Fred Dorcan :  De nombreux fonctionnaires ne peuvent bénéficier, de par leur statut, d'heures supplémentaires. Comment envisagez-vous dans ce cas l'application du "travailler plus pour gagner plus" ?   

Eric Woerth :  Il y a plus de fonctionnaires qui peuvent utiliser les heures supplémentaires qu'auparavant. En fin d'année, j'ai augmenté la faculté pour les fonctionnaires de catégorie B d'accéder aux heures supplémentaires.  

Aujourd'hui, dans la fonction publique d'Etat, peuvent accéder aux heures supplémentaires, si les administrations en ont besoin, les enseignants, gros consommateurs d'heures supplémentaires (90 % du volume), et le reste de la fonction publique.

Avec les augmentations que j'ai provoquées, environ 350 000 personnes, en plus des enseignants, ont la possibilité de faire des heures supplémentaires.  

Le reste de la fonction publique, souvent, ce sont des cadres qui sont au forfait, et leur régime indemnitaire prévoit la possibilité de travailler plus. Ils peuvent avoir des RTT qui compensent les heures supplémentaires.  

On propose de monétiser une partie des comptes épargne-temps. Là aussi, on est bien dans une logique de transformation en pouvoir d'achat.  

Harpo :  N'est-ce pas un leurre de faire croire aux Français que l'on peut supprimer un fonctionnaire sur deux à partir de 2009 ? N'est-ce pas plutôt un moyen de précariser l'emploi en embauchant des contractuels dans la fonction publique comme cela se pratique déjà couramment ?  

Eric Woerth :  Pas du tout, ce n'est pas un leurre, mais une réalité qu'il faut que nous appliquions.  

Aujourd'hui, on a une fonction publique trop nombreuse, et on a trop longtemps fait l'arbitrage suivant : plus de fonctionnaires, mais moins bien rémunérés.  

On a arbitré d'une certaine façon pour le volume par rapport à la valeur. On veut inverser cela, et c'est le bon moment. Parce qu'une bonne partie de la fonction publique part en retraite.  

Donc ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant en retraite, c'est obliger les administrations à se transformer, à mieux coller aux réalités et aux besoins des usagers, et à faire des gains de productivité. Ce n'est pas un gros mot, cela veut dire, pour le même volume financier, rendre un service supplémentaire. Et c'est très possible.  

Et cela veut dire aussi pour un fonctionnaire récupérer une partie de l'économie réalisée par la diminution du nombre de fonctionnaires. C'est une politique très positive, et tout le monde y a intérêt.  

A la fois elle incite à la transformation et elle donne de l'espoir aux rémunérations. Il n'y a pas de précarité dans la fonction publique, on ne peut pas dire ça.  

Marabout :  Cette réforme de l'Etat entraînera-t-elle la privatisation de certaines activités, comme, par exemple, le gouvernement précédent l'a fait pour le contrôle des poids lourds ?  

Eric Woerth :  La réforme de l'Etat est fondée sur une seule chose : rendre un service public de qualité à un prix juste, un prix adapté. Car le prix est payé par les Français. On a l'exigence de se poser ce type de question.  

Le service public doit être réalisé au meilleur prix, et il faut à chaque fois se poser la question de savoir comment réaliser le service public, comment l'organiser.  

Soit en régie, par l'administration elle-même - c'est le cas dans la grande majorité des cas -, soit en faisant appel aux compétences du privé. Il n'y a rien de diabolique là-dedans. Bien évidemment, mission par mission, la question doit être posée, c'est normal.  

Mais il y a une culture française qui est de faire soi-même plutôt que de faire faire. Les collectivités se posent tous les jours cette question. Quand une collectivité locale fait faire ses travaux d'éclairage, par exemple, elle a fait le choix de l'entreprise privée. C'est une question à se poser à chaque fois.  

stan :  Le président avait promis la fusion de l'administration fiscale et de celle de la comptabilité publique. Le processus est mis en œuvre. Quel sera le nom de la future entité et quelle en sera sa forme (agence...) ?   

Eric Woerth :  Ce sera une administration centrale. Il y avait deux administrations : la Direction générale des impôts et la Direction de la comptabilité publique, avec un grand problème : le contribuable se retrouvait en face de deux administrations pour parler de ses impôts. Après une longue concertation, nous avons décidé de fusionner les deux directions. Il n'y en aura plus qu'une. 

Tout cela est en cours de discussion, de négociation, pour entrer dans les détails de cette nouvelle direction. J'annoncera la création de celle-ci au cours du 2e trimestre, le nom du directeur et le nom de la direction. Le nom de la direction fait actuellement l'objet d'un appel à idées.

jeanfran :  Les caisses sont-elles vides ?  

Eric Woerth :  Ce qui est sûr, c'est qu'elles ne sont pas pleines. Nous avons un déficit de l'Etat qui est pour 2007 de 38,4 milliards d'euros, et 2 % environ du PIB. Et nous avons une dette sociale qui s'accroît chaque année d'environ 2 milliards d'euros.  

Dans ces conditions, il me semble difficile de parler de caisses pleines. La situation financière est très tendue, et évidemment, cela demande de notre part une réponse forte. C'est celle que je souhaite apporter. Et elle passe d'abord par une maîtrise accrue de la dépense publique.  

Harpo :  M. Woerth, quelles seront les conséquences de la crise financière pour notre pays ? Un plan de rigueur est-il dans les cartons de Bercy ?  

Eric Woerth :  D'abord, il n'y a pas de cartons à Bercy... Et il n'y a pas de plan de rigueur non plus. Comment doit-on réagir en face d'une crise importante comme celle-là, qui est mondiale, venue des Etats-Unis, qui se propage à l'ensemble du monde ?  

On doit d'abord évidemment poursuivre le programme de réformes qui est le nôtre, car c'est une France réformée qui est le mieux à même de résister aux crises.  

On doit utiliser toutes les possibilités de relance de l'offre comme de la demande. C'est le cas avec le projet de loi sur le pouvoir d'achat.  

Et on doit, avec nos partenaires européens, avec l'ensemble des banques centrales et des gouvernements, établir des règles de transparence financière plus grande.  

Mais il faut beaucoup de vigilance pour que cette crise financière ne se propage pas à l'économie elle-même.  

HARPO :  M. Woerth, les Français sont en droit de connaître la vérité, la TVA sociale est-elle abandonnée ou verra-t-elle le jour après les municipales ?  

Eric Woerth :  Il n'y a pas d'avant et après-municipales. Il faut réformer et continuer à le faire. Il y a une question qui reste ouverte aujourd'hui à laquelle Jacques Attali a répondu positivement dans son rapport : celle du financement de la protection sociale.  

Et ce financement est aussi de savoir si les cotisations sociales doivent essentiellement porter sur le travail, ou si elles peuvent porter sur d'autres bases.  

Cette question est ouverte. L'avantage de la TVA sociale est qu'on transfère des cotisations sur le travail, donc on allège le coût du travail, vers la consommation, ce qui permet de faire participer l'importation au financement de la Sécurité sociale.  

Gros désavantage : cela peut conduire à une augmentation des prix. Ce qui, en période d'inflation, n'est pas une bonne idée.  

En tout cas, je ne sais pas quelle sera la décision définitive, mais je rappelle que le premier ministre a indiqué qu'il n'y aurait pas de hausse de la TVA en 2008. Mon sentiment est que dans la situation d'aujourd'hui, c'est difficile à réaliser.  

Thomas Lefebvre :  Votre collègue Jean-Pierre Jouyet cogne régulièrement sur la BCE. Nicolas Sarkozy cogne aussi régulièrement sur "l'euro trop fort pour la France" et les deux accusent la BCE d'avoir des taux trop élevés. A quel niveau le gouvernement Fillon voudrait-il que la BCE rabaisse ses taux ?  

Eric Woerth :  On n'a pas à indiquer un taux. Il y a séparation entre la gouvernance monétaire et les politiques économiques. Maintenant, on voit bien que la Fed a été très réactive, la BCE l'a été moins. On voit aussi que les déclarations d'hier de la BCE ont conduit plutôt à tendre la situation qu'à apporter des solutions.  

romu :  Faut-il réviser à la baisse les prévisions de croissance ?

Eric Woerth :  Le problème, ce ne sont pas les prévisions, c'est la réalité. Va-t-on vers un ralentissement profond de l'économie américaine se transmettant au reste du monde ? Quel est le degré d'exposition au risque d'un certain nombre d'économies européennes ?  

Ces sujets sont sur la table, même s'il n'y a pas de réponse établie. On a aujourd'hui des prévisions de croissance, qui permettent notamment de construire le budget. On ne va pas modifier ces prévisions chaque fois que la Bourse augmente ou diminue.  

Il faut garder beaucoup de sang-froid, construire nos modèles sur des prévisions raisonnables, et adapter les choses. Le budget 2008 de l'Etat a été construit sur des prévisions raisonnables. Je ne pense donc pas qu'il faille réviser les prévisions de croissance.  

Camille :  Vous êtes certes ministre du budget et de la fonction publique mais que comptez vous faire pour votre ville, Chantilly?  

Eric Woerth :  Venez à ma première réunion publique vendredi soir, à l'espace Bouteiller, et regardez mon site Internet. J'ai un projet très ambitieux pour la ville.  

Pour une ville comme Chantilly, de 11 000 habitants, j'ai deux convictions profondes : il faut assurer les services de proximité les plus larges possible et au quotidien. Je voudrais améliorer la garde des enfants, la propreté et la sécurité de la ville, et une politique de transports publics dans laquelle on doit intégrer plus d'éléments environnementaux.  

Par ailleurs, j'ai une ambition à une dizaine d'années fondée sur quelques équipements publics nouveaux, et également sur une approche un peu nouvelle du logement.  

Jeanfran :  y aura-t-il une augmentation du point d'indice en 2008 ?  

Eric Woerth :  Je réunirai les syndicats le 18 février pour poursuivre nos discussions sur le pouvoir d'achat et le traitement des fonctionnaires en 2008. Il y aura une augmentation du point d'indice, et je la mettrai dans la corbeille de la négociation. 


"Le Monde"



 

 

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