Lundi 16 juin 2008

Semaine sociale: 35 Heures, retraites et journée d'action CGT-CFDT au programme

Une journée d'action pour le temps de travail et les retraites, mardi, à l'initiative de la CGT et de la CFDT, constituera le temps fort de cette semaine sociale, également marquée par des mouvements sociaux dans plusieurs secteurs, transporteurs routiers et dockers notamment.

Les transports en commun devraient être faiblement touchés par les grèves de mardi, les organisateurs ne voulant notamment pas perturber les épreuves du baccalauréat.

La FSU et Solidaires (Sud) participeront aussi à ces manifestations contre la réforme des retraites -qui, selon les syndicats, accentuera la baisse des pensions constatée depuis des années- et pour la défense des 35 heures, menacées par un autre projet du gouvernement.

L'interprétation de la "position commune" CGT-CFDT-Medef-CGPME du 9 avril sur la représentativité syndicale, qui autorise les chefs d'entreprise à conclure "à titre expérimental" des accords augmentant les contingents annuels d'heures supplémentaires, est au coeur du conflit.

Le gouvernement a annoncé fin mai qu'il comptait "sortir définitivement du carcan des 35 heures", sans toucher à la durée légale du travail, en allant au-delà de cette "position commune".

Ce projet gouvernemental, qui doit être présenté au conseil des ministres mercredi, a mis en fureur Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) pour lesquels le gouvernement réduit à néant le dialogue social.

Il est aussi rejeté par les autres syndicats qui craignent une déréglementation totale du temps de travail favorisant une forte hausse des heures supplémentaires, pas forcément majorées de 25%.

Cependant, FO, la CFTC -dont les deux leaders doivent se rencontrer lundi- la CFE-CGC et l'Unsa se sont désolidarisés de la journée d'action pour marquer leur désaccord avec le volet représentativité syndicale du projet, inspiré de la "position commune", qui fixe entre 8 et 10% la barre en matière d'audience à recueillir aux élections professionnelles.

Quant aux retraites, il s'agit de protester contre le projet de réforme du gouvernement prévoyant notamment l'allongement à 41 ans d'ici 2012 de la durée de cotisation pour avoir une pension à taux plein, alors que, soulignent les syndicats, nombre de salariés n'ont plus d'emploi lorsqu'ils partent à la retraite.

Lundi, les transporteurs routiers prévoient d'entraver la circulation -surtout entre 9 et 16 heures, là aussi pour ne pas gêner les candidats au bac- pour protester contre la hausse du prix du gazole. Chauffeurs de taxis et ambulanciers privés annoncent aussi des actions.

Mardi et mercredi, la fédération CGT des ports et docks (ultramajoritaire) appelle à bloquer les ports contre la privatisation des activités de manutention, examinée à l'Assemblée nationale. La grève perlée lancé par la CGT depuis la mi-avril affecte fortement certains ports comme Marseille, paralysé depuis jeudi.

Mercredi, quatre fédérations de la Défense (CGT, CFDT, FO et Unsa) appellent aussi à une journée de mobilisation, le lendemain de l'annonce par Nicolas Sarkozy des orientations sur la politique de défense et de sécurité pour les 15 prochaines années.

Le même jour, l'intersyndicale de l'audiovisuel public appelle à un arrêt de travail de 24 heures, une semaine avant la remise du rapport de la commission Copé sur la télévision publique sans publicité.

Enfin, toujours, mercredi, la Commission des comptes de la Sécurité sociale publie son estimation pour 2008. Le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, craint "un nouveau plan d'économies de l'ordre de 500 millions d'euros" sur les dépenses de santé.

AFP



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Lundi 9 juin 2008

SNCF: grève reconductible à partir de 20H00 mais seuls trois syndicats engagés

Les deux premiers syndicats de la SNCF, CGT et Sud-Rail, ainsi que FO, ont lancé des préavis de grève reconductibles à partir de lundi 20H00 contre la réorganisation du fret, sur fond de division entre deux fronts syndicaux et d'incertitude sur les intentions de la direction.

Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots, le premier syndicat, a déjà regretté que "les conditions ne soient pas réunies pour une mobilisation d'ampleur". Son prolongement jusqu'au 17 juin, journée d'action interprofessionnelle sur les retraites et le temps de travail à l'appel des confédérations CGT et CFDT, est incertain.

Néanmoins, le trafic sera perturbé mardi, a indiqué la SNCF dimanche, surtout sur les lignes Corail (un train sur deux) et Transilien (un sur deux). Les TGV devraient fonctionner normalement, sauf le TGV Atlantique (3 sur 4), sud-est (3 sur 4), et province-province (1 sur 2).

Les préavis de la CGT et de FO (6e syndicat) couvrent les seuls cheminots de la traction (conduite) et de l'exploitation (circulation et gestion des trafics), ceux susceptibles de perturber le plus le trafic.

Le préavis de Sud-Rail concerne lui "tous les personnels de la SNCF", qui doivent se sentir concernés, selon le syndicat, par les menaces de "démantèlement de l'entreprise".

CGT-cheminots, Sud-Rail et FO, qui représentent 62% du personnel SNCF, ont concentré la grève sur la question du fret (transport de marchandises), en arrière-plan ces derniers mois de plusieurs mobilisations.

Ils contestent les choix industriels de la direction, qui, selon eux, "abandonne sciemment" des trafics et ne répond pas aux enjeux du Grenelle de l'environnement. La SNCF a lancé en 2007 un énième plan de redressement du transport de marchandises, axé sur les flux importants.

Surtout, les syndicats s'insurgent contre ses conséquences sociales, notamment sur la réglementation du travail (heures de travail, conduite de nuit, repos...) que la direction veut assouplir pour faire face aux concurrents privés.

Ils alertent sur les dangers pour la sécurité et les 6.000 suppressions d'emplois redoutées d'ici fin 2010 sur les quelque 20.000 actuellement dans la branche fret.

La création d'une "famille fret" aux conditions sociales spécifiques est considérée comme le "cheval de Troie", selon le mot de la CGT, avant un "éclatement" de la SNCF, en dépit des assurances de la direction.

Tous les syndicats de l'entreprise publique nourrissent ces craintes mais quatre d'entre eux (Unsa, CFDT, CFTC, Fgaac), de tendance réformiste, estiment avoir obtenu suffisamment de garanties pour ne pas engager une grève coûteuse.

Le directeur des Ressources humaines François Nogué leur a certifié que la réglementation du travail "reste en l'état tant que nous ne reprendrons pas un cycle de négociations dans des conditions plus favorables".

Le président de la SNCF Guillaume Pepy avait surpris les syndicats en leur annonçant le 23 mai qu'il ne voulait pas aller "à l'épreuve de force", puis en annulant une ultime table ronde de négociations.

Dimanche, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a estimé sur France Inter que cette grève "tombe mal à une période où le carburant est cher et où on a besoin d'utiliser d'autres moyens de transport alternatifs".

"Cela tombe mal parce qu'on a, dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, la volonté de développer beaucoup le transport de fret et que chaque fois que la SNCF ne circule pas, ce sont les entreprises privées (...) qui prennent des parts de marché", a-t-il fait valoir.

AFP



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Vendredi 6 juin 2008

Fret SNCF : quatre syndicats lèvent la menace d'une grève

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Alain OLIVE à Dijon

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