Lundi 2 juin 2008

35 heures et retraites : FO lâche la CFDT et la CGT en n'appelant pas à la journée d'action du 17 juin


L'offensive du gouvernement contre les 35 heures a réussi à lézarder le front syndical qui s'était constitué sur le dossier des retraites. FO a décidé, dimanche 1er juin, de ne pas s'associer à la journée d'action du 17 juin sur les retraites et le temps de travail. Pour le moment, seul Solidaires a décidé de rejoindre la CFDT et la CGT, qui entendent protester par cette journée d'action contre la décision du gouvernement d'aller, sur la question du temps de travail, au-delà de la position commune qu'ils avaient arrêtée avec le patronat.

Le front syndical explosé. Avec cette décision, FO va au bout de sa logique : elle était opposée à la position commune sur la représentativité signée par la CGT et la CFDT et n'a guère envie aujourd'hui d'aider les deux syndicats.

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, "la CGT et la CFDT ont permis l'offensive du gouvernement sur le temps de travail, en autorisant des assouplissements par entreprises. Elles doivent retirer leur signature." En ne défilant pas le 17 juin, FO devrait se contenter de meetings sur les retraites.

Autant dire que l'opposition à l'allongement de la durée de cotisations s'est sérieusement affaiblie, après la journée d'action unitaire du 22 mai. Jean-Christophe Le Duigou (CGT) le déplore : "Il y a des organisations syndicales qui sont plus préoccupées de la question de la représentativité que des revendications, alors que le plus important est d'agir ensemble." On attendait lundi soir la décision de la CFTC, de la CFE-CGC, et de l'UNSA.

Le patronat cache sa satisfaction. Laurence Parisot a beau rappeler qu'elle avait déconseillé au gouvernement de mêler représentativité et temps de travail, la présidente du Medef juge que "le texte du projet de loi est bon". Pour elle, "il faut étendre la liberté de négocier au niveau de la branche et de l'entreprise". Les possibilités nouvelles de déroger aux 35 heures sont accueillies comme une bonne nouvelle pour le patronat, dont deux organisations, la CGPME et l'UPA, se sont félicitées du projet de loi.

Seul problème pour Mme Parisot : il ne faudrait pas qu'en bousculant la CGT et la CFDT, le gouvernement prenne le risque de remettre en cause la position commune sur le dialogue social. "J'ai réussi à créer un nouvel espace de consensus et de décision réservé aux partenaires sociaux, a-t-elle expliqué au Monde, je veux poursuivre cet objectif."

Le gouvernement sous la pression de l'UMP. Le gouvernement est passé à l'offensive sur les 35 heures pour calmer la majorité et donner des gages à son électorat. Patrick Devedjian, le secrétaire général de l'UMP, ne cesse en effet de réclamer l'enterrement des 35 heures. Ce faisant, le gouvernement a pris le risque de l'affrontement avec la CGT et la CFDT. Il table sur le fait que ces deux syndicats ne remettront pas en cause la réforme de la représentativité à laquelle ils sont très attachés.

Et maintenant ? S'il est sûr que le gouvernement a crispé deux partenaires sociaux incontournables, il n'est pas certain d'avoir satisfait durablement sa majorité qui attend le débat parlementaire. "Il n'est pas normal que le travailler moins , les 35 heures, coûte plus de 15 milliards d'allégement de charges par an, alors que le travailler plus , le dispositif des heures supplémentaires, ne coûte que 6 milliards", a encore rappelé M. Devedjian au Monde lundi.

Le Monde



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Vendredi 30 mai 2008

Le 17 juin, ce sera sans nous !

Le mardi 27 mai, le ministère du travail a fait parvenir aux partenaires sociaux un avant projet de texte sur la démocratie sociale que vous pouvez consulter sur notre site.

Ce texte se divise en deux volets. Le premier volet consiste en une reprise intégrale de l’accord Medef, CGPME, CGT, CFDT sur la représentativité syndicale que nous condamnons sans appel ; le deuxième volet est consacré au temps de travail.

Tout en maintenant la durée légale du travail à 35 heures, l’avant-projet de loi permet d’assouplir - par un accord d’entreprise- encore plus l’application des 35 heures et va jusqu’à les vider dans certains cas de leur sens, ce qui, pour nous, n’est pas satisfaisant. 

A la connaissance de ce texte, la CFDT et la CGT ont crié à la trahison estimant que le gouvernement devait s’en tenir à la transcription de l’accord dit «  Position Commune sur la représentativité » et seulement à cela.

CFDT et CGT refusent donc que figure dans la loi toute la partie liée au temps de travail. 

Devant le refus gouvernemental de modifier l’avant-projet de loi, la CFDT et la CGT ont, le jeudi 29 mai, appelé à une journée d’action le 17 juin à la fois sur le temps de travail et les retraites.

Voilà les faits.

Quelle analyse peut-on en faire et quelle sera notre position le 17 juin ?

L’arroseur arrosé était un grand succès du cinéma muet. Nous en avons aujourd’hui la version syndicale sur le grand écran de nos relations sociales.

Car enfin qui peut s’étonner de ce qui est en train d’arriver ?

En signant avec le Medef et la CGPME l’accord sur la représentativité syndicale, CFDT et CGT ont fait de l’entreprise et d’elle seule le lieu unique dont va découler la légitimité des syndicats.

CFDT et CGT ont théorisé cela en expliquant à qui voulait les entendre que les seules élections qui comptent sont les élections au sein de l’entreprise, notamment les élections au Comité d’entreprise, en oubliant de dire  que ces élections concernent moins de la moitié du salariat.

Pour de basses raisons d’appareils que nous connaissons,  ils ont refusé que les élections prud’homales soient le juge de paix de la représentativité syndicale.

Ils en payent aujourd’hui le prix et les salariés avec eux. Une note qui malheureusement risque d’être encore plus salée.

En faisant des élections d’entreprise le lieu unique de la légitimité syndicale, CFDT et CGT ont de fait validé la grande idée du Medef de faire de l’entreprise, au détriment de la branche, le lieu essentiel de la production des accords qu’il s’agisse du temps de travail aujourd’hui et peut-être demain des salaires.

Le gouvernement s’est donc engouffré dans cette brèche.

La journée d’action du 17 juin a une réalité : défendre la « Position commune » toute la « Position Commune » et rien que la « Position Commune » ; et en apparence défendre le temps de travail. Quant aux retraites, elles sont là comme « produit d’appel » pour faire nombre.

Aux signataires de la « Position Commune » d’assumer les conséquences de leur signature mais qu’on ne demande pas à l’UNSA et à ses militant(e)s de se mobiliser pour un texte qui a pour ambition de programmer notre disparition.

Notre fibre unitaire a des limites. Hormis de nouveaux développements, toujours possibles, nous ne serons pas partie prenante de la journée du 17 juin.

Alain OLIVE
Secrétaire général



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Jeudi 22 mai 2008





Selon les différentes sources, environ 3000 personnes ont manifesté ce jeudi 22 mai dans les rues dijonnaises contre la réforme des retraites.








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Alain OLIVE à Dijon

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