35 heures et retraites : FO lâche la CFDT et la CGT en n'appelant pas à la journée d'action du 17 juin
L'offensive du gouvernement contre les 35 heures a réussi à lézarder le front syndical qui s'était constitué sur le dossier des retraites. FO a
décidé, dimanche 1er juin, de ne pas s'associer à la journée d'action du 17 juin sur les retraites et le temps de travail. Pour le moment, seul Solidaires a décidé de rejoindre la CFDT et la CGT,
qui entendent protester par cette journée d'action contre la décision du gouvernement d'aller, sur la question du temps de travail, au-delà de la position commune qu'ils avaient arrêtée avec le
patronat.
Le front syndical explosé. Avec cette décision, FO va au bout de sa logique : elle était opposée à la position commune sur la représentativité signée par la CGT et la CFDT et n'a guère envie aujourd'hui d'aider les deux syndicats.
Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, "la CGT et la CFDT ont permis l'offensive du gouvernement sur le temps de travail, en autorisant des assouplissements par entreprises. Elles doivent retirer leur signature." En ne défilant pas le 17 juin, FO devrait se contenter de meetings sur les retraites.
Autant dire que l'opposition à l'allongement de la durée de cotisations s'est sérieusement affaiblie, après la journée d'action unitaire du 22 mai. Jean-Christophe Le Duigou (CGT) le déplore : "Il y a des organisations syndicales qui sont plus préoccupées de la question de la représentativité que des revendications, alors que le plus important est d'agir ensemble." On attendait lundi soir la décision de la CFTC, de la CFE-CGC, et de l'UNSA.
Le patronat cache sa satisfaction. Laurence Parisot a beau rappeler qu'elle avait déconseillé au gouvernement de mêler représentativité et temps de travail, la présidente du Medef juge que "le texte du projet de loi est bon". Pour elle, "il faut étendre la liberté de négocier au niveau de la branche et de l'entreprise". Les possibilités nouvelles de déroger aux 35 heures sont accueillies comme une bonne nouvelle pour le patronat, dont deux organisations, la CGPME et l'UPA, se sont félicitées du projet de loi.
Seul problème pour Mme Parisot : il ne faudrait pas qu'en bousculant la CGT et la CFDT, le gouvernement prenne le risque de remettre en cause la position commune sur le dialogue social. "J'ai réussi à créer un nouvel espace de consensus et de décision réservé aux partenaires sociaux, a-t-elle expliqué au Monde, je veux poursuivre cet objectif."
Le gouvernement sous la pression de l'UMP. Le gouvernement est passé à l'offensive sur les 35 heures pour calmer la majorité et donner des gages à son électorat. Patrick Devedjian, le secrétaire général de l'UMP, ne cesse en effet de réclamer l'enterrement des 35 heures. Ce faisant, le gouvernement a pris le risque de l'affrontement avec la CGT et la CFDT. Il table sur le fait que ces deux syndicats ne remettront pas en cause la réforme de la représentativité à laquelle ils sont très attachés.
Et maintenant ? S'il est sûr que le gouvernement a crispé deux partenaires sociaux incontournables, il n'est pas certain d'avoir satisfait
durablement sa majorité qui attend le débat parlementaire. "Il n'est pas normal que le travailler moins , les 35 heures, coûte plus de 15 milliards d'allégement de charges par an, alors que le
travailler plus , le dispositif des heures supplémentaires, ne coûte que 6 milliards", a encore rappelé M. Devedjian au Monde lundi.
Le Monde






