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Jeudi 31 janvier 2008

« Il faudrait que la CGT et la CFDT s'interrogent sur leur capacité à rassembler »

La réforme de la représentativité syndicale est lancée. Vous voici enfin entendu ?

Il était temps. Le système institué dans les années 1950 et 1960 a abouti à un véritable désastre. De 20 %à 22 % il y a quarante ans, le taux de syndicalisation est descendu à 8 %, et même 5 % dans le privé. A force de vouloir surprotéger les organisations syndicales existantes [la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CGC, NDLR], on les a affaiblies au travers notamment de la présomption irréfragable de représentativité, qui leur permet de nommer un délégué syndical dans une entreprise, même sans adhérent.

Pourtant, ni vous ni Solidaires n'êtes associé à la négociation entre le patronat et, justement, les cinq confédérations représentatives...

Cela vous étonne ? J'espère que, quel que soit le résultat de cette négociation, le pouvoir politique aura son mot à dire car c'est comme si les organisateurs d'une tombola l'organisaient pour eux-mêmes. C'est pourtant notre émergence qui a posé la question de la représentativité. Ça me fait sourire quand je vois des leaders syndicaux affirmer qu'ils posent le problème depuis plus de dix ans. Je les soupçonne de ne chercher qu'à obtenir une recomposition du paysage syndical en leur faveur, pas à favoriser un syndicalisme d'adhésion beaucoup moins idéologique. Pour cela, il faut partir des entreprises, donc permettre à tout syndicat légalement constitué de se présenter au premier tour des élections professionnelles et imposer que les délégués syndicaux soient élus.

Vous attaquez sans les nommer la CGT et la CFDT, qui se sont mises d'accord sur des propositions communes. Pourquoi ?

Il faudrait qu'elles s'interrogent sur leur incapacité à être des pôles de rassemblement. Quand on voit qu'elles n'ont que deux fois plus d'adhérents que nous...

Mais vous êtes surtout implantés dans la fonction publique quand elles séduisent chacune plus d'un électeur sur cinq dans le privé. N'est-ce pas d'ailleurs votre faible implantation dans les entreprises qui vous conduit à préférer les élections prud'homales pour mesurer la représentativité ?

Pensez-vous que l'on puisse présenter 12.000 candidats aux prochaines élections prud'homales, comme l'Unsa va le faire, sans avoir d'adhérent dans les entreprises ? De plus, ces élections sont le seul scrutin où tous les salariés peuvent voter. Aujourd'hui, le premier tour des élections professionnelles dans les entreprises n'est ouvert de fait qu'aux cinq confédérations présumées représentatives. Je n'aime pas les gens qui cachent leurs intérêts de boutique derrière de grands principes.

Vous en voulez décidément à la CGT et à la CFDT. Vous pensez que FO, la CFTC et la CGC ne défendent pas leurs « intérêts de boutique » ?

Force ouvrière a le mérite de la franchise : elle ne veut pas changer un système qui lui profite. La position de la CFTC est intéressante. Au Conseil économique et social, elle était très réservée sur le fait de faire de l'audience un critère de représentativité. Mais, aujourd'hui, elle dit qu'il est difficile de trouver d'autres critères et se montre favorable aux élections prud'homales.

Lors de la réforme des régimes spéciaux, l'autonomie de l'Unsa a rimé avec cacophonie. Etes-vous vraiment mûrs pour entrer dans le club des confédérations nationales ?

L'autonomie peut être parfois un handicap, mais est souvent un formidable atout. J'assume la difficulté que nous avons rencontrée dans ce conflit à assurer une cohérence parfaite entre la ligne confédérale et celle notamment de nos cheminots. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de cohérence dans d'autres domaines. Et puis, nous n'avons pas été les seuls... Le secrétaire général d'une autre confédération a appelé à la reprise du travail et ses cheminots ne l'ont pas suivi.


"Les Echos"


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Jeudi 31 janvier 2008


Les pistes du Medef pour mesurer la représentativité des syndicats

Le Medef explore, dans un texte transmis mercredi aux organisations syndicales, différentes pistes pour modifier la mesure de leur représentativité qui seront discutées jeudi, lors de la 2ème réunion de négociation entre partenaires sociaux sur ce sujet.

Dans cette "note de problématique" parvenue à l'AFP mercredi soir, l'organisation patronale indique qu'elle ne juge pas nécessaire de revoir quatre des cinq critères actuels de représentativité : les effectifs, l'indépendance, les cotisations ainsi que l'expérience et l'ancienneté. Mais elle suggère de remplacer le cinquième, "l'attitude patriotique pendant l'Occupation", par "le respect des valeurs républicaines". Le Medef estime que parmi ces critères, le montant des cotisations versées par les adhérents doit revêtir un "caractère déterminant".

Il propose d'ajouter deux nouveaux critères, souvent invoqués par la jurisprudence en la matière. Il s'agit de l'activité, c'est-à-dire "des actions menées et l'effectivité de la présence syndicale" et de "l'audience" de ce syndicat, fondée sur ses résultats aux élections professionnelles. Si ce critère d'audience devait être retenu, souligne le Medef, plusieurs problèmes restent à résoudre : la consolidation "des résultats des élections existantes de représentants du personnel tant au niveau de la branche qu'au niveau national interprofessionnel"; l'éventuelle fixation de seuils d'audience selon le niveau (interprofessionnel, branche, entreprise); la définition d'un taux de participation minimale des salariés à ces élections.

Enfin, le Medef s'interroge sur la périodicité avec laquelle doivent être pris en compte les résultats électoraux qui détermineraient la représentativité et sur l'instauration d'une autorité indépendante qui serait en charge de l'appréciation de ces résultats.

Selon le Medef, la prise en compte de l'audience, si elle était retenue, "implique la disparition du caractère irréfragable de la représentativité de certaines organisations syndicales". L'arrêté de 1966 a accordé ce caractère aux 5 centrales CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC.

(Source AFP)

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Mardi 29 janvier 2008
Pouvoir d'achat : cinq syndicats appellent à la mobilisation en Ile-de-France 


Les syndicats d'Ile-de-France CGT, CFDT, UNSA, FSU et Sud-Solidaires ont appelé mardi les salariés du public comme du privé à se mobiliser "dans les semaines à venir" pour la défense des salaires et du pouvoir d'achat.

"Les salaires et le pouvoir d'achat sont des préoccupations fortes des salariés franciliens du privé comme du public. En Ile-de-France, ces questions sont d'autant plus sensibles que la vie est beaucoup plus chère qu'ailleurs", écrivent les syndicats CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires de la région parisienne dans un communiqué commun diffusé mardi.

"La part des loyers, des transports et de la santé pèse très lourdement dans le budget des franciliens. Aujourd'hui, 10% des habitants de notre région vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le travail et le salaire ne sont donc plus une garantie contre l'exclusion. D'ailleurs, un tiers des SDF sont des salariés", poursuivent les syndicats.

"De plus", ajoutent-ils, "le salaire sert aussi à financer la protection sociale, la solidarité interprofessionnelle et intergénérationnelle. À tout cela, le gouvernement et le patronat n'apportent aucune réponse satisfaisante. La politique du gouvernement ne fait qu'opposer temps de travail, salaires et pouvoir d'achat".

"L'incitation à la multiplication des heures supplémentaires, leur majoration et la monétarisation prévue des congés, RTT et compte épargne temps (CET) creusent les inégalités entre les salariés sans apporter de réponse aux problèmes d'emploi et de pouvoir d'achat", estiment les cinq organisations.

Elles appellent "l'ensemble des salariés, employés, ouvriers, ingénieurs, cadres, techniciens, chômeurs et retraités à se mobiliser et à agir (...) dans les semaines à venir" pour "relancer des négociations salariales dans les branches et les entreprises, et dans les fonctions publiques", "supprimer les inégalités salariales entre hommes et femmes", "revaloriser les retraites et pensions de réversion", ou encore "garantir un niveau décent d'indemnisation pour les demandeurs d'emploi". 

AP


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