Les fonctionnaires craignent de nouvelles restrictions budgétaires
Si les conflits se multiplient dans la fonction publique, ils restent très localisés pour l'instant. Le gouvernement veut éviter une agrégation de ces mécontentements au moment où il lance la réforme des retraites.
L'annonce du dérapage du déficit budgétaire en 2007 ne rassure pas les fonctionnaires. L'exécutif a eu beau expliquer qu'il n'est pas question que la réforme de l'Etat se résume à une cure d'amaigrissement, la réalité est bien là alors que la France s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne : il va falloir accélérer les économies pour éviter un décrochage des finances publiques. La tenue d'un séminaire gouvernemental sur la politique économique, sociale et financière ce matin, avant celle, vendredi, d'un Conseil de modernisation des politiques publiques, met en alerte des agents « inquiets pour leur avenir », souligne Elisabeth David de l'Unsa. Cependant, jusqu'à présent, « ce qui domine, c'est le fatalisme », reconnaissent les syndicats, à l'instar de Gérard Aschieri, de la FSU. La revue générale des politiques publiques et les baisses d'effectifs prévues en 2008 provoquent certes de nombreux conflits : Education nationale, ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, Bercy, Culture, Météo France, ministère du Travail, etc. Mais ils restent localisés et « ne sont pas homogènes », remarque Eric Fritsch (CFDT). L'enjeu est donc pour le gouvernement d'éviter qu'ils ne s'agrègent. C'est ce souci qui explique pourquoi il renonce à rassembler tous les personnels des services déconcentrés sous l'autorité des préfets, comme annoncé lors du Comité de modernisation des politiques publiques en décembre (« Les Echos » du 21 mars).
Division syndicale
Il est d'autant plus important pour l'exécutif d'éviter une crispation qu'il vient d'ouvrir le dossier des retraites. En 2003, la grogne enseignante liée à la décentralisation et aux craintes de suppressions de postes avait attisé la contestation contre la loi Fillon.
Pour l'instant, le gouvernement est « aidé par le calendrier qui rend très difficiles les mobilisations pendant un mois à cause des vacances
de Pâques », note Gérard Aschieri. Il l'est aussi par la division syndicale liée en particulier, dans la fonction publique comme dans le secteur privé, à l'ouverture du dossier de la
représentativité syndicale. Il n'empêche, la CGT n'a pas perdu l'espoir de « construire un mouvement large qui dépasse les clivages syndicaux », insiste le secrétaire général de son
union de fonctionnaires, Jean-Marc Canon.
(Les Echos)








