Déclaration A. Olive après l’interview de F. Chérèque (CFDT)
Dans une interview qu’il vient de donner au Journal Libération daté du mardi 29 avril, François Chérèque, le secrétaire général de la CDFT, revisite à sa façon, et cela sur un ton polémique, les relations entre nos deux organisations. Il livre aussi son sentiment sur le rapprochement en cours entre la CGC et l’UNSA qui ne semble pas avoir son agrément.
Je rappellerais simplement à François Chérèque que la ligne syndicale et l’orientation de l’UNSA sont définies démocratiquement par les militants de l’UNSA et eux seuls et non par le secrétaire général de la CFDT.
Alors que les salariés attendent des responsables syndicaux des réponses concrètes et les plus unitaires possibles sur le pouvoir d’achat, les retraites, l’assurance-maladie, l’emploi public, tout ce qui peut apparaître comme des règlements de comptes inspirés par le ressentiment est à bannir. Ce n’est pas l’esprit dans lequel, pour ma part, je conçois les relations intersyndicales.
Au contraire, plus les relations intersyndicales sont difficiles et compliquées, plus les responsables syndicaux que nous sommes, doivent faire preuve de hauteur de vue et se garder de jugements définitifs.
Je regrette vivement par exemple que François Chérèque, comme il l’annonce dans son interview, ait décidé de rompre unilatéralement la délégation commune qu’avaient constituée l’UNSA et la CFDT au sein de la Confédération Européenne des Syndicats en 1999.
A cette époque, Nicole Notat – alors secrétaire générale de la CFDT et moi-même – avions estimé que nous pouvions parler d’une seule voix sur les questions européennes et que cela pouvait rehausser le crédit des organisations syndicales françaises au sein de la CES, ce qui d’ailleurs fut le cas et qui reste pour nous toujours d’actualité.
Depuis près de dix ans, rien sur le fond, n’est venu démentir cette ambition. La CFDT et l’UNSA agirent toujours de concert et ont toujours affirmé ensemble leur volonté de faire avancer l’Europe sociale. Pourquoi mettre fin à ce qui constituait un remarquable exemple de coopération intersyndicale ? Quelle image va-t-on donner aux syndicats des autres pays d’Europe alors que la France s’apprête à prendre la présidence du Conseil Européen et que la CES a besoin de l’appui de tous les syndicats français ?
Je ne puis que prendre acte de la décision de la CFDT. Mais, quoi qu’il en soit, l’UNSA restera bien sûr membre de la CES, puisqu’elle est affiliée par une décision du Comité Exécutif des 20 et 21 mai 1999 et à jour de ses cotisations. Nous ne dévierons pas de notre ligne et continuerons à nous battre pour le développement de l’Europe sociale.
Pour ma part, je continue à penser que la CFDT a plus à gagner à s’ouvrir et à dialoguer, y compris avec l’UNSA, qu’à se refermer sur elle-même, à stigmatiser tous ceux qui ne pensent pas comme elle et donc à s’isoler. Je serai toujours disponible -et l’UNSA avec moi- pour engager avec cette organisation tous les débats féconds qu’appelle la situation sociale difficile dans laquelle se trouve notre pays.








