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Vendredi 30 mai 2008

Le 17 juin, ce sera sans nous !

Le mardi 27 mai, le ministère du travail a fait parvenir aux partenaires sociaux un avant projet de texte sur la démocratie sociale que vous pouvez consulter sur notre site.

Ce texte se divise en deux volets. Le premier volet consiste en une reprise intégrale de l’accord Medef, CGPME, CGT, CFDT sur la représentativité syndicale que nous condamnons sans appel ; le deuxième volet est consacré au temps de travail.

Tout en maintenant la durée légale du travail à 35 heures, l’avant-projet de loi permet d’assouplir - par un accord d’entreprise- encore plus l’application des 35 heures et va jusqu’à les vider dans certains cas de leur sens, ce qui, pour nous, n’est pas satisfaisant. 

A la connaissance de ce texte, la CFDT et la CGT ont crié à la trahison estimant que le gouvernement devait s’en tenir à la transcription de l’accord dit «  Position Commune sur la représentativité » et seulement à cela.

CFDT et CGT refusent donc que figure dans la loi toute la partie liée au temps de travail. 

Devant le refus gouvernemental de modifier l’avant-projet de loi, la CFDT et la CGT ont, le jeudi 29 mai, appelé à une journée d’action le 17 juin à la fois sur le temps de travail et les retraites.

Voilà les faits.

Quelle analyse peut-on en faire et quelle sera notre position le 17 juin ?

L’arroseur arrosé était un grand succès du cinéma muet. Nous en avons aujourd’hui la version syndicale sur le grand écran de nos relations sociales.

Car enfin qui peut s’étonner de ce qui est en train d’arriver ?

En signant avec le Medef et la CGPME l’accord sur la représentativité syndicale, CFDT et CGT ont fait de l’entreprise et d’elle seule le lieu unique dont va découler la légitimité des syndicats.

CFDT et CGT ont théorisé cela en expliquant à qui voulait les entendre que les seules élections qui comptent sont les élections au sein de l’entreprise, notamment les élections au Comité d’entreprise, en oubliant de dire  que ces élections concernent moins de la moitié du salariat.

Pour de basses raisons d’appareils que nous connaissons,  ils ont refusé que les élections prud’homales soient le juge de paix de la représentativité syndicale.

Ils en payent aujourd’hui le prix et les salariés avec eux. Une note qui malheureusement risque d’être encore plus salée.

En faisant des élections d’entreprise le lieu unique de la légitimité syndicale, CFDT et CGT ont de fait validé la grande idée du Medef de faire de l’entreprise, au détriment de la branche, le lieu essentiel de la production des accords qu’il s’agisse du temps de travail aujourd’hui et peut-être demain des salaires.

Le gouvernement s’est donc engouffré dans cette brèche.

La journée d’action du 17 juin a une réalité : défendre la « Position commune » toute la « Position Commune » et rien que la « Position Commune » ; et en apparence défendre le temps de travail. Quant aux retraites, elles sont là comme « produit d’appel » pour faire nombre.

Aux signataires de la « Position Commune » d’assumer les conséquences de leur signature mais qu’on ne demande pas à l’UNSA et à ses militant(e)s de se mobiliser pour un texte qui a pour ambition de programmer notre disparition.

Notre fibre unitaire a des limites. Hormis de nouveaux développements, toujours possibles, nous ne serons pas partie prenante de la journée du 17 juin.

Alain OLIVE
Secrétaire général



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Vendredi 30 mai 2008

35 heures : l'UMP invente l'"inégalité choisie"

Le projet de loi de Xavier Bertrand prévoit la renégociation du temps de travail dans chaque entreprise. "Inacceptable", déclare Bernard Thibault (CGT) sur RTL. Invité d'RMC, Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, dit vouloir passer d'une "inégalité subie" sur le temps de travail à une inégalité "choisie".


Morceaux choisis :   



Le Monde



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Vendredi 30 mai 2008

35 heures : CGT et CFDT ont ouvert la porte, le gouvernement attaque.

La riposte n'a pas tardé. Les deux principales organisations syndicales, la CFDT et la CGT, appellent ensemble, le 17 juin, à une journée nationale d'action, avec arrêts de travail et manifestations sur la question des retraites et du temps de travail ; "sans nuire au bon déroulement des épreuves du bac", ont-elles tenu à rassurer. C'est une réponse à l'"affront" qu'elles viennent de subir de la part du gouvernement qui, dans son avant-projet de loi, va, en matière d'assouplissement des 35 heures, bien au-delà de la position commune signée par la CGT et la CFDT, avec le Medef et la CGPME (Le Monde du 29 mai).

Pour l'heure, seules la CGT et la CFDT appellent à l'action le 17 juin. FO, la CFTC et la CFE-CGC décideront lundi, tout comme les autres syndicats (UNSA, FSU, Solidaires). Leurs réserves s'expliquent aisément : tous ces syndicats ont dénoncé la position commune sur la représentativité. Ils estiment qu'en la signant, la CFDT et la CGT ont permis les attaques du gouvernement contre les 35 heures.

"Elles ont ouvert la porte, le gouvernement fonce, c'était prévisible", commente Jean-Claude Mailly (FO), qui propose d'élargir la mobilisation du 17 juin à la question des salaires. A l'inverse, Jacques Voisin (CFTC) craint qu'"en mélangeant les sujets de mécontentement, on ne masque la mobilisation sur les retraites". Alain Olive (UNSA) prévient : "Si le but du 17 juin, c'est de dire "la position commune rien que la position commune", cela sera sans nous." Le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest, enfonce le clou : "Ce n'est pas parce que la CFDT et la CGT sifflent qu'on se va se mettre au garde à vous." Malgré ses réserves, Solidaires devrait être aux côtés de la CFDT et de la CGT. "La FSU devrait aussi être présente sous une forme ou une autre", estime Gérard Aschieri.

Si le gouvernement a, pour le moment, réussi à diviser le front syndical, il a néanmoins durci le climat social. La CFDT et la CGT se promettent de réussir le 17 juin. Une semaine avant, le 10 juin, ce sont les fonctionnaires et les agents de la SNCF qui se mobiliseront.

Le Monde 



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