Conférence de presse intersyndicale du 16 novembre 2007
Nous allons vous présenter les raisons de la journée d’action dans la fonction publique le 20 novembre prochain D’abord un rappel du contexte dans lequel nous nous situons, et
ensuite, une présentation de nos revendications.
Quelle est la situation dans la fonction publique ?
En terme salarial :
En 2007, les personnels de la fonction publique ont perçu leur unique augmentation salariale le 1er février : la valeur du point a gagné 0,8% . Mais l’ensemble des
protagonistes de l’époque se souvient très bien que cette augmentation avait été accordée par le précédent ministre de la fonction publique au titre du rattrapage de l’inflation pour l’année
2006. Toutes les autres augmentations sur les fiches de paie résultent de la régularisation de mesures antérieures ou tout simplement de l’avancement normal dans la carrière. Il est donc faux
d’affirmer, comme le fait le gouvernement actuel, que les fonctionnaires ont eu une augmentation salariale au titre de 2007.
Il y a eu une seule annonce de la part de ce gouvernement, le 26 octobre dernier. Ces mesures soit disant salariales ont été prises sans aucune concertation, et nous n’avons eu
qu’une seule possibilité : réagir après la décision ! De plus, il ne s’agit nullement pour nous de vraies mesures salariales : Les personnels des différentes fonctions publiques et
des différentes catégories ne sont pas traités de la même manière Les seules mesures annoncées ne concernent que quelques dizaines de milliers de personnels sur plus de 5 millions (rachat partiel
de jours RTT forfaitaires, heures sup partielles déjà effectuées…) Les autres mesures consistent à payer partiellement un travail déjà effectué ! Enfin, il faut noter qu’aucune enveloppe
financière nouvelle n’est prévue.
Sur l’emploi public :
A l’Etat, c’est l’inflation dans les suppressions :
• 5430 en 2006 en réalité presque 10 000
• 15032 en 2007
• 22921 en 2008 Et pour les années suivantes : 150 000 suppressions sont prévues d’ici 2012, rien que pour l’Etat. L’ensemble de ces suppressions est
décidé sans aucun débat préalable, sans projet pour une fonction publique qui serait définie en terme de besoins, de nature des missions, de périmètre d’action, d’implantations … bref il faut
d’abord faire ces choix avant de mettre en face les moyens nécessaires, et pas commencer par supprimer des moyens.
Les revendications des organisations de l’intersyndicale sont les suivantes :
Concernant les salaires, seule une augmentation du point d’indice est pertinente. Le point d’indice est le critère objectif de la fonction publique qui permet une juste
revalorisation salariale de l’ensemble des fonctionnaires.
De la même façon, la grille salariale de la fonction publique permet de prendre en compte l’avancement des personnels en valorisant la technicité et le savoir faire des agents.
Cette grille traduit ce que l’on appelle le déroulement de carrière. Ce principe est inscrit dans le statut général.
Or la grille salariale est aujourd’hui inopérante par son niveau de départ et son manque d’amplitude.
A titre d’exemple, les salaires du bas de la catégorie C représentaient, il y a 15 ans en 1992 1,15 fois le Smic. Aujourd’hui, le bas du C est équivalent au SMIC.
C’est pourquoi, nous réitérons aujourd’hui, solennellement, notre exigence d’ouverture immédiate de négociations salariales sur ces bases, comme nous l’avons écrit dans notre préavis de grève
commun, pour obtenir :
• une augmentation de la valeur du point d’indice,
• une refonte globale de la grille.
Concernant l’emploi public, là encore, nous dénonçons vigoureusement la méthode qui consiste à annoncer unilatéralement des suppressions de postes sans aucune concertation ni
débat. Nous tenons à rappeler que notre conception de la fonction publique n’est pas celle du premier ministre François Fillon qui prévient : « il y aura moins de service, moins de
personnel, moins d’Etat »
Nos organisations soutiennent que le maintien de l’emploi public est la traduction pour les usagers citoyens d’une fonction publique statutaire de qualité qui répond aux besoins de
la population à travers ses trois composantes Etat, collectivités territoriales, hospitalière.
L’intersyndicale Fonction publique rappelle que malgré ces différentes interpellations, auprès du gouvernement en juillet puis du président de la république en août, elle n’a
jamais obtenu de réponse si ce n’est à travers les discours du président de la république de Nantes et de Bordeaux, qui comprennent des éléments qui ne nous conviennent pas.
C’est pourquoi, l’intersyndicale appelle l’ensemble des fonctionnaires à se mobiliser fortement le 20 novembre pour qu’enfin nous soyons entendus et que de vraies négociations
puissent se mettre en place.