L'avertissement de Fillon aux syndicats

Avant les manifestations du 19 mars, le premier ministre a prévenu : «Toute enveloppe supplémentaire, c'est de la dette supplémentaire».

Le gouvernement n'a plus d'argent à distribuer. Cinq jours avant la nouvelle journée de mobilisation, les partenaires sociaux sont prévenus. En déplacement vendredi dans la Drôme, François Fillon a haussé le ton et exclu un train de mesures sociales supplémentaires. Plus que jamais soucieux de la maîtrise des déficits, le premier ministre n'a pas tourné autour du pot. «Toute enveloppe supplémentaire, c'est de la dette supplémentaire», s'est-il exclamé.

Fillon a invoqué la «gestion de la crise dans la durée» et les «limites des finances publiques». Il a aussi rappelé que, dès le 1er avril, de nouvelles aides allaient être distribuées (prime de solidarité active) et d'autres revalorisées (minimum vieillesse et allocation adulte handicapé). Pour Fillon, le compte y est. Pas question de «mettre en danger la crédibilité» financière de l'État avec un nouvel accroissement des dettes.

Le message est clair. Si la précédente journée de grève avait débouché sur le sommet social de l'Élysée et ses 2,6 milliards d'euros de mesures, le 19 mars n'aura pas le même prolongement. Visitant l'usine Lafuma dans la Drôme, le premier ministre a fait entendre sa petite musique, appelant tout le monde à faire preuve «d'humilité», de «sérieux» et de «solidarité». Alors que Sarkozy a semblé lui reprocher la semaine dernière de «trop noircir le tableau», Fillon persiste et signe. «Le gouvernement n'a pas de baguette de magique pour sortir de la crise.»


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