Ce que veulent les syndicats

Pour entretenir la mobilisation des salariés qui semble marquer le pas, face à une crise installée dans la durée, les syndicats savent qu'il leur faut obtenir des résultats et, de préférence, avant l'été.

A l'occasion d'une quatrième journée d'action, mardi 26 mai, et à la veille d'une rencontre avec les organisations patronales, au siège du Medef, pour fixer l'"Agenda social 2009", le G8 syndical (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA) a précisé ses revendications. Lundi soir, au siège de l'UNSA, les responsables syndicaux se sont mis d'accord sur dix revendications.

Cinq demandes au gouvernement.

-  Revalorisation du smic, des minima sociaux, des pensions et des retraites.

- Conditionnement de toute aide et exonération de charges pour les entreprises "à des contreparties mesurables en termes d'emploi, de qualification et de rémunération".

- Prolongement de l'indemnisation des demandeurs en fin de droit. Les syndicats souhaitent que le gouvernement "donne à Pôle emploi les moyens nécessaires à l'accompagnement personnalisé des demandeurs d'emploi". Les mesures de chômage partiel vont s'interrompre dans certaines entreprises et les salariés risquent de basculer dans le chômage total.

Les licenciés du début de crise, les intérimaires notamment, s'approchent de leurs fins de droits. Gouvernement et syndicats s'attendent donc à une forte croissance du chômage et de fortes tensions sociales. "C'est un des points les plus sensibles parce qu'à la rentrée, des salariés vont se retrouver sans rien et c'est Nicolas Sarkozy qui s'est engagé à ne “laisser personne sur le bord de la route”", dit Jean Grosset (UNSA).

- Suppression du bouclier fiscal et du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires

- Renoncement aux suppressions d'emploi dans la fonction publique.

Cinq demandes au patronat.

Les huit syndicats attendent du patronat qu'il s'engage sur :

- La répartition et la distribution des richesses produites dans les entreprises.

- l'amélioration des salaires et la réduction des inégalités.

- Un accès facilité pour tous au chômage partiel.

- L'amélioration de la durée et du niveau d'indemnisation du chômage.

Autant de sujets que le Medef n'avait pas forcément inscrit dans son agenda social.

Et après la journée du mardi 26 mai ?

A défaut d'engranger quelques résultats, les syndicats risquent de rencontrer des difficultés. "Pourquoi faire grève ou manifester si rien ne change ?", peuvent se demander les salariés.

"Nous allons devoir préparer la rentrée, mais d'ici là, l'important c'est d'obtenir des résultats avant l'été", résume Marcel Grignard (CFDT).

Pour l'instant, aucune des huit organisations, aussi différentes soient-elles, n'envisage de quitter le front syndical uni. "Ce n'est pas parce que l'on sortirait de l'intersyndicale que cela déclencherait la grève générale", juge Catherine Lebrun (Solidaires). Même FO, qui dit préférer une grève franche "pour tout bloquer et voir ce qui se passerait après", selon les mots de Michèle Biaggi, sait que la situation est complexe et qu'"il peut y avoir une certaine lassitude des salariés". "Dire qu'on peut aller crescendo dans la mobilisation, facilement, serait surestimer les capacités de mobilisation", reconnaît Maryse Dumas (CGT).

Après la journée de mardi, marquée par des modes d'action différenciés et locaux (distributions de tracts, rassemblements, manifestations, grèves dans certains secteurs, pique-nique, etc), il sera difficile de dire si la mobilisation se maintient.

Le prochain rendez-vous est prévu samedi 13 juin, avec des manifestations que les syndicats espèrent importantes. "On ne peut pas se permettre de terminer, avant les vacances, sur un échec", estiment-ils. Mais tous ont déjà les yeux fixés, comme le gouvernement, sur la rentrée.


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