CNFPT : François Deluga précise les orientations de sa présidence


« Réduire les inégalités d'accès à la formation », « soutenir le service public local et défendre le statut des fonctionnaires territoriaux », « s'engager plus résolument dans le champ de l'innovation » : tels sont les « trois axes majeurs » de développement du CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale) que compte mettre en oeuvre François Deluga pour faire vivre le « service public territorial de la formation » des 1,6 million d'agents de la FPT. Élu à la tête du CNFPT en avril 2009 face au président sortant, le maire UMP de Nancy André Rossinot, le député-maire (PS) du Teich (Gironde) détaille les orientations qu'il compte poursuivre au cours des six années de son mandat devant près de 700 cadres du CNFPT réunis à Angers les 1er et 2 juillet 2009.

 

L'ambition affichée de réduire les inégalités d'accès à la formation concerne au premier chef les agents les moins qualifiés qui représentent une large majorité des effectifs des collectivités locales. Près de quatre agents territorial sur cinq appartiennent à la catégorie C. Selon son président, le CNFPT va devoir davantage territorialiser son action pour se « rapprocher de ceux et celles qui pourraient être moins mobiles, moins disponibles pour se former ». La réduction des inégalités passe aussi par une un renforcement des interventions du Centre sur les métiers techniques qui sont occupés par 40 % des effectifs territoriaux. François Deluga veut également accentuer les efforts en matière de lutte contre l'illettrisme qui concerne un agent sur dix. Autre projet, le CNFPT devra favoriser l'accès à la formation des personnels isolés (petites collectivités, personnes handicapées, métiers à faible effectif).

FORMATION DES CADRES

Le président du CNFPT veut, en outre, mettre en place « un nouveau système de formation pour les cadres de la FPT. » Il déplore que cette question n'ait pas été traitée « avant, pendant et depuis la loi » du 19 février 2007 relative à la fonction publique territoriale. Cette réforme législative se traduit par une diminution du volume des formations obligatoires avec, en parallèle, une montée en charge des formations continues.

Selon François Deluga, « l'effet est encore peu perceptible » mais ils faut se préparer à une « montée en puissance ». Dans ce contexte, le CNFPT doit se positionner pour permettre aux collectivités qui le financent (1 % de leur masse salariale) d'éviter de « payer une deuxième fois ou de payer plus cher la formation dont elles ont besoin en étant obligées de s'adresser à d'autres opérateurs ». Le Centre va mener une étude sur « les besoins en compétences des cadres, qu'ils occupent des fonctions de managers ou des fonctions d'experts ».

En ce qui concerne les Enact (Écoles nationales d'application des cadres territoriaux), elles vont devoir se spécialiser pour « former à l'expertise » et devenir « un lieu de référence pour la carrière des cadres A ». Quant à l'Inet (Institut national des études territoriales), il doit « intervenir en réseau avec les autres écoles et apporter ses acquis et son savoir-faire, notamment en matière de management ».

INNOVATION

François Deluga souhaite, par ailleurs, que le CNFPT s'inscrive dans « une démarche d'innovation dans tous les domaines ». Pour ce faire, l'établissement va « s'ouvrir au milieu de la formation professionnelle » avec pour « partenaire naturel » les conseils régionaux. « Il faut généraliser l'inscription du CNFPT dans les PRDF (plans régionaux de développement de la formation) et promouvoir les contrats territorialisés de branche entre les délégations du CNFPT et les régions », insiste le président qui évoque le projet d'une convention de partenariat avec l'ARF (Association des régions de France). Dans cette optique, André Nadeau, directeur régional de Basse-Normandie, a été chargé de dresser un état des lieux des relations du Centre avec les régions.

Le CNFPT devra aussi « regarder du côté des autres fonctions publiques », et notamment se tourner vers l'ANFH (Association nationale pour la formation hospitalière) qui « favorise la promotion sociale à travers des formations longues, individualisées et qualifiantes ». De plus, une « mission de contact et de réflexion » a été confiée à Michèle Saban, administratrice représentant les régions, et à Christine Josset-Villanova, administratrice représentant les syndicats, pour établir des relations avec « l'environnement européen tant institutionnel que syndical ».

Pour le nouveau président du CNFPT, il convient également d'intégrer les nouvelles technologies dans l'offre du CNFPT pour « individualiser les parcours », « gérer de manière plus souple les temps de formation » et « toucher un public plus large ». Le Centre va également « investir sur de nouveaux services 'autour' de la formation » : accompagnement des plans de formation des collectivités, VAE (validation des acquis de l'expérience), bilans de compétences, déploiement du livret de formation pour chaque agent…

BUDGET

François Deluga annonce par ailleurs son intention de réduire les excédents du CNFPT. Les 78 millions d'euros disponibles, soit le budget nécessaire à trois mois de fonctionnement, « font envie » : « Si nous les conservions à ce niveau, certains seraient tentés de les utiliser à notre place. » L'objectif est « de porter le niveau d'activité de l'établissement et donc l'offre de formation au niveau des recettes de la cotisation » versée par les collectivités locales. « Cette légère augmentation de régime qui représenterait à peu près 5 %, sera arbitrée au terme d'un état des lieux précis de notre établissement, en commençant par celui de nos organisations et de nos effectifs », indique le président du CNFPT.

Le CNFPT va également « intensifier » son programme d'investissement et de rénovation, en particulier dans le domaine de la formation à distance et pour faire de l'établissement une structure « éco-responsable ». Une réflexion sera engagée sur l'optimisation des déplacements des agents du CNFPT et des stagiaires en formation. De même, une expertise du parc immobilier sera lancée pour améliorer la performance énergétique des bâtiments.


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