Retraites : Darcos évoque la piste de la capitalisation

 

Le ministre du travail affirme qu'il ne faudra "pas forcément travailler plus longtemps". "Plusieurs solutions sont envisageables", a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail Xavier Darcos a affirmé vendredi 10 juillet au sujet de la réforme des retraites qu'il ne faudrait "pas forcément travailler plus longtemps", évoquant la piste de la capitalisation. "Plusieurs solutions sont envisageables, il y a plusieurs pistes qui sont à l'examen. On peut imaginer une capitalisation plus grande, d'autres dispositifs d'autre nature", a-t-il expliqué sur France Inter, indiquant que "le débat est ouvert".

Recul de l'âge légal

Dans la foulée des élections européennes remportées par l'UMP, Nicolas Sarkozy et le gouvernement avaient avancé l'idée de poursuivre en 2010 la réforme des retraites, évoquant la piste d'un recul de l'âge légal de départ en retraite. Un rendez-vous est prévu avec les partenaires sociaux en 2010. Les syndicats souhaitent le maintien de l'âge légal à 60 ans.
"Cessons de croire que c'est une querelle idéologique, c'est un fait de société objectif dont il faudra que nous parlions", a souligné le ministre du Travail. "Il y a bien un moment où le nombre d'actifs sera inférieur par rapport aux nombres de retraités. La situation sera tellement déséquilibrée que personne ne pourra en garantir la pérennité", a-t-il ajouté.
Xavier Darcos a confirmé avoir "pour charge jusqu'au milieu de l'année 2010 d'entendre les propositions des uns et des autres. Ensuite nous ferons le bilan" de la précédente réforme des retraites. Ainsi, "il faudra que tout soit mis sur la table : l'âge de la retraite, la durée de cotisation, la pénibilité. Toutes les options seront examinées", avait annoncé Nicolas Sarkozy le 22 juin dernier devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.

Une "privatisation" pour le PS


A la différence du système anglo-saxon de la capitalisation, dans lequel chacun finance sa propre retraite, le système de retraite est fondé en France sur la répartition, les actifs cotisant pour les inactifs. La réforme Fillon de 2003 a introduit une première dose de capitalisation avec la création des plans d'épargne retraite populaire (PERP) et des plans d'épargne retraite collectif (PERCO).
Le PS, qui a interpellé le ministre du Travail sur ce thème lors du débat à l'Assemblée sur le travail le dimanche, a jugé que "cette évocation d'une privatisation toujours plus grande du système des retraites est un complet contre-sens".
"La crise financière et boursière a démontré le danger de ce système par capitalisation en asséchant les fonds de pension et en mettant en péril les pensions versées aux salariés", a estimé dans un communiqué le député socialiste Alain Vidalies. "Avec la retraite à 67 ans, cette marche vers la capitalisation est en train d'effeuiller un peu plus le modèle social français tant vanté par le président de la République dans son discours du Congrès".



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