Rentrée sociale : mobilisations et interrogations

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Pour la plupart des organisations, la crise est loin d’être finie. Les interrogations sur la façon de mobiliser sont vives. Au coeur des débats, le défi d’un syndicalisme plus efficace.


Après la période des congés d’été marquée par la poursuite de l’offensive contre les droits du travail (travail dominical, mobilité dans la fonction publique) et les luttes contre les licenciements et fermetures d’entreprises industrielles, l’heure de la rentrée a sonné pour les syndicats sous le signe d’une profonde inquiétude. Aucun ne croit à une reprise, à une proche sortie de crise. Tous s’accordent au contraire à prédire une montée du chômage et des plans sociaux. Alain Olive, pour l’UNSA, parle de « rentrée de crise ». « Les chiffres du chômage vont augmenter de façon catastrophique d’ici à la fin de l’année », prévoit François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, sur Europe 1. La centrale tient son université d’été, et aujourd’hui François Chérèque y retrouvera son homologue de la CGT Bernard Thibault pour un débat sur « les défis du syndicalisme de demain ». De son côté, le numéro un de FO Jean-Claude Mailly s’attend à 800 000 chômeurs de plus cette année. « Les cadres ne sont plus protégés des difficultés économiques », avance de son côté Bernard Van Craeynest, le président de la CFE-CGC, expliquant pourquoi ils se retrouvent à battre le pavé avec les autres salariés.

Personne ne partage donc l’optimisme affiché par Christine Lagarde, et cette rentrée s’effectue dans les mêmes conditions et avec les mêmes interrogations qu’à la fin du printemps. Pour la CGT, qui a réuni son comité confédéral lundi et mardi, Maryse Dumas annonce « une rentrée militante dynamique ». Bernard Thibault tiendra une conférence de presse le 3 septembre et un meeting le 8 septembre à la Mutualité à Paris. « Il y a un débat naturel sur la façon de mener les luttes, assure Maryse Dumas. D’autant que l’objectif de ces luttes doit être de transformer profondément les conditions sociales et économiques. » La CGT n’abandonne pas la stratégie de rassemblement et d’unité, estimant qu’elle a permis au début de l’année de très fortes mobilisations. Mais les initiatives unitaires du printemps ont été décevantes. Une nouvelle réunion de l’intersyndicale devrait avoir lieu dans les premiers jours de septembre. Jean-Claude Mailly annonce que Force ouvrière persistera dans sa demande d’une journée de grève nationale et souligne que « l’unité syndicale n’est pas systématique ». Les autres confédérations souhaitent mieux ancrer le mouvement dans les entreprises et sur les territoires. « La CGT ne restera pas les deux pieds dans le même sabot, affirme Maryse Dumas. Nous allons faire des propositions à l’intersyndicale, mais, sachant que le G8 a du mal à annoncer des initiatives unitaires, nous construisons des mobilisations comme le 17 septembre dans la filière automobile avec les fédérations de la métallurgie et de la chimie. Ou la consultation populaire sur La Poste pour laquelle toute la CGT va s’engager. »

Dans un paysage marqué par la crise qui exacerbe les enjeux et une opposition politique atone, les syndicats apparaissent avec un rôle réévalué aux yeux de l’opinion. Ce qui met l’accent plus encore sur leur faiblesse. Dans les mois qui viennent, la plupart tiendront leur congrès : l’UNSA en novembre, la CGT en décembre, la FSU et la CGC au début de l’année 2010 et la CFDT au printemps. Il leur faudra tenter de relever le défi d’un syndicalisme plus efficace et plus dynamique.


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