Une rentrée de crise : Interview d'Alain OLIVE

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Quels sont d’après vous les principales caractéristiques de cette rentrée 2009 ?


Il y a un an, la faillite de la banque américaine Lehman Brothers ouvrait la plus grande crise économique et financière mondiale depuis 1929. Nous sommes toujours dans cette crise et nous allons devoir affronter une rentrée de crise.

Certains disent pourtant qu’on serait en train de voir le bout du tunnel, notamment en France…

Ces déclarations relèvent plus d’une politique de communication que d’une vision réaliste. Où est la sortie de crise quand le secteur marchand va perdre en France près de 700.000 emplois en 2009, le chômage va continuer d’augmenter et que nous approcherons des 10% de chômeurs en 2010 ? J’ajoute que les financiers, qui sont en partie responsables de cette crise pour avoir mené – notamment aux Etats-Unis - une politique irresponsable de crédit, semblent se ficher des recommandations du G20 de Londres pour une régulation de la finance mondiale. Les libéraux fous sont toujours en liberté, prêts à récidiver sans volonté politique pour les mettre au pas. Dans ce domaine, nous sommes aujourd’hui loin du compte.

Dans ce contexte, que peuvent faire les organisations syndicales ?

D’abord faire une analyse lucide de la crise. Pour l’UNSA, au cœur de cette crise, outre le rôle joué par une finance dévoyée, il y a surtout un modèle de développement caractérisé par la montée des inégalités. Pour le dire simplement, depuis une trentaine d’années dans les pays développés, les riches sont devenus beaucoup plus riches au détriment de tous les autres. C’est cette répartition inégalitaire des revenus mais aussi des salaires qu’il faut avant tout corriger.

Au delà d’un accord sur les causes de cette crise, quelles actions concrètes des syndicats ?

Disons d’abord que, durant cette crise et depuis un an maintenant, les organisations syndicales ont été en première ligne en faisant des propositions mais aussi en mobilisant pour faire pression sur le gouvernement et le patronat, avec des résultats certes insuffisants, mais réels. Tant au niveau national qu’à celui des entreprises, nous devons être proches des salariés et aider en priorité celles et ceux dont les emplois sont menacés. Mieux indemniser le chômage partiel par exemple, c’est permettre de maintenir un lien avec les entreprises et d’éviter des licenciements. Pour l’UNSA, « la prime à la valise » sous forme d’indemnités de licenciement doit être le dernier recours. Nous devons aussi peser pour que les chômeurs en fin de droits soient mieux indemnisés. Autre sujet de préoccupation: le chômage des jeunes. 650.000 jeunes de 18 à 25 ans au chômage, c’est énorme ! Les mesures gouvernementales d’avant l’été ne sont pas à la hauteur. Il faut maintenant discuter d’un revenu pour que ces jeunes puissent tout simplement vivre.

Et sur l’emploi public ?

Le « massacre à la tronçonneuse » continue avec la suppression d’emplois publics, dont un nombre important de postes d’enseignants. Cela va se chiffrer à 35.000 dans le budget 2010. Stopper cette politique est une priorité de l’UNSA.

Un dernier mot enfin sur le congrès de l’UNSA qui va se tenir à Pau du 24 au 27 novembre prochain.

Dans un paysage syndical français en plein bouleversement avec les nouvelles règles de représentativité, l’UNSA doit, lors de ce congrès, s’affirmer comme une organisation syndicale majeure en amplifiant notre développement dans le privé comme dans le public et continuer à affirmer un réformisme combatif qui est notre marque de fabrique depuis de nombreuses années.


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Tag(s) : #Les communiqués de presse UNSA