Alain Olive : "On ne tape pas dans le vide, on refuse une réforme qui n'est ni discutée, ni négociée"

Le secrétaire général de l'UNSA défend le mouvement contre la réforme des retraites et ses méthodes.  

(BFM Radio, Good Morning Business, le 22 octobre 2010)

 

Stéphane Soumier : Procédure accélérée au Sénat pour voter la loi, réquisition de la raffinerie de Grandpuits - j’insiste sur le terme "réquisition" - je me demande si ce n’est pas une première. C’est un coup de force ou c’est la force d’une démocratie qui ne veut pas se laisser faire ?

Alain Olive : C’est une illustration de l’intransigeance gouvernementale, comme depuis le début. Je dirais qu’on est immunisé contre cela.

Est-ce que la démocratie a le droit d’utiliser toutes les armes dont elle dispose ?

Il y a des armes légales.

On est encore dans le cadre de ces armes légales aujourd’hui ?

Il faut voir les conséquences que cela aura, mais moi je ne critique pas. A partir du moment où en démocratie, on a des lois, des règles et des armes légales, je prends acte, c’est tout. Après il faut voir les conséquences de l’utilisation d’armes telles que la réquisition. C’est tout ce que je dis.

Où va le mouvement ? Est-ce qu’il y a un but ?

Oui, il y a un but...

Parce qu'on a l’impression que Nicolas Sarkozy a clairement dit hier - et c’est d’ailleurs pour cela que l’on parlait de Margaret Tchatcher ce matin - " il n’y aura pas d’alternative, il n’y aura pas de recul "...

Je ne sais pas si la comparaison est bonne parce qu’elle est terrible pour Nicolas Sarkozy. Ce que je veux dire c’est qu'il faut bien voir la force de ce mouvement, qui repose sur trois axes. Premier axe : la critique, fondée, sur la réforme des retraites, et à la limite les propositions syndicales qui sont passées dans l’opinion. Deuxièmement, justement, le fort soutien de l’opinion : vous donniez vous-même les chiffres ce matin : on est à 70 %. Je n’ai jamais connu cela dans un mouvement social de cette durée. Troisième force, l’unité d’action syndicale : le front syndical tient et tiendra, et on ne va pas faire au gouvernement le cadeau que le front syndical se fissure.

Mais pour quoi faire ? On a l’impression que vous vous félicitez de votre propre force, mais qu'elle est inutile ?

Non, pas du tout, on ne tape pas dans le vide. Je crois qu’on fait là la démonstration qu’on ne peut pas avoir une réforme des retraites, qui engage des générations, sans qu'elle ait été discutée, négociée, et surtout sans qu'elle apporte des réponses aux questions qu’on se pose : la question de l’injustice, la question des commissions, la question de la pénibilité. Ce que je veux dire c’est que les questions qui sont au cœur de ce projet demeureront, y compris une fois le projet voté. C’est cela qu’il faut bien comprendre.

 

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