logo-unsa-libres.gifAlain Olive : "Tout le monde a l'arme au pied et attend un peu ce qui va se passer à la rentrée"

Le secrétaire général de l'UNSA analyse le calendrier social à la veille des vacances du chef de l'État et du gouvernement.

 

Grégoire Favet : Dernier conseil des Ministres ce matin avant la trêve estivale. Une rentrée sur les chapeaux de roues qui se prépare avec une mobilisation sur les retraites le 7 septembre. Que va-t-il se passer d'ici là ? Est-ce qu'il faut se préparer à un été de tractations ?


Alain Olive : J'aimerais bien ! J'aimerais bien, même si cela gâche un peu les vacances, que pendant le mois d'août par exemple on puisse avoir des contacts pour déminer un peu le terrain, voir un peu ce qu'il est possible de faire sur le projet de réforme des retraites. Malheureusement, ce n'est mon sentiment.
Mon sentiment aujourd'hui c'est que tout le monde a l'arme au pied, tout le monde attend un peu ce qui va se passer à la rentrée. J'ai notamment l'impression que le Président de la République veut voir un peu dans quel rapport de force il va se retrouver après la manifestation du 7 septembre. C'est un peu mon sentiment.


Il en a gardé un peu sous le coude, c'est à dire que si cette mobilisation est suffisamment importante, on imagine qu'il va l'observer de très près. Derrière vous avez eu des déjà quelques signaux d'ouverture sur le dossier des retraites ?


Je ne dirais pas "signaux d'ouverture", parce que le mot est trop fort, ce n'est pas exact, mais le Chef de l'Etat lui-même d'ailleurs, Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à des concessions. Le problème c'est que pour l'heure nous, organisation syndicale, et nous à l'UNSA, on ne connait pas aujourd'hui la nature de ces concessions possibles.

Est-ce que ça peut porter sur la pénibilité ? Ce serait quelque chose d'important. Est-ce que ça peut porter par exemple sur les 67 ans, l'âge auquel on part en retraite sans décote ? Est-ce que ça peut porter sur une augmentation des prélèvements sur les hauts revenus ?

Il y a tout un panel de mesures sur lesquelles les négociations sont possibles. Aujourd'hui, je ne peux pas vous dire quelles sont les concessions que le chef d'Etat s'apprête à faire.

Des concessions qui ne plairont pas forcément à son camp. Il part en vacances, il est au plus bas dans les sondages : est-ce qu'il est suffisamment fort politiquement pour faire justement ce genre de concessions avec les syndicats ?


C'est question rituelle : "comment va se passer la rentrée ?" On annonce souvent des rentrées chaudes mais moi je n'ai pas l'habitude de me livrer à ce type de météo sociale.

Ce que je sais, c'est que cette rentrée en revanche va être une rentrée qui va se placer, pour le gouvernement et le Président, sous une triple contrainte : vous avez une croissance qui est toujours faible, donc un chômage qui ne va pas baisser, c'est clair. Vous avez une loi de finances qui va installer une rigueur puisqu'il faut économiser 100 milliards sur trois ans, avec tout ce que ça va impliquer en termes par exemple de dépenses sociales. Et vous avez le projet de loi sur les retraites.

Je crois que socialement c'est du lourd, et donc il faut qu'il tienne aussi compte de ça. 

 

 

L'intégralité de l'interview d'Alain Olive, Secrétaire général de l'UNSA, invité de Grégoire Favet dans "Good Morninng Business", le 3 août 2010 sur BFM Radio.


 

 

 

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