logo-unsa-libres.gifUNSA : « Cette réforme des retraites est l’une des plus dures d’Europe »

manifs, j'y viens

 

Alain Olive, secrétaire général de l'UNSA, répond à Stéphane Soumier dans Good Morning Business sur BFM.


Pour le secrétaire général de l’Unsa, la réforme des retraites est injuste et aura de lourdes conséquences, notamment pour les fonctionnaires.


Stéphane Soumier : les fonctionnaires sont-ils prêts à accepter que l’on ne touche pas au calcul même de leur retraite, cela reste sur les six derniers mois de carrière, contre vingt-vinq ans dans le privé, mais qu’en revanche on aligne le montant des cotisations sur ce qui se fait dans le privé ? Est-ce que le deal vous semble acceptable ?
Alain Olive :
je crois d’abord qu’il n’y a pas que les fonctionnaires qui sont concernés, tout le monde l’est. Pour les fonctionnaires, c’est vrai que ca fait beaucoup. A la fois on leur demande de cotiser plus, après tout pourquoi pas, on égalise les cotisations privées/publiques, et on leur dit qu’on va geler, jusqu’en 2013, 100 milliards de dépenses publiques, que les salaires seront quasiment gelés pendant plusieurs années. Ca va être très difficile de faire accepter cela aux fonctionnaires et à la fonction publique.
Ca veut dire que l’on entre dans la rigueur, comme cela se fait déjà dans certains pays. Avec l’inflation, on peut dire qu’il y a une baisse du pouvoir d’achat qui se profile. On va avoir des résultats comparables à ce qui se passe un peu en Espagne : baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires.

J’imagine que vous pensez à ce que vous allez répondre de manière officielle au gouvernement. Selon vous il faut un rattrapage salarial par exemple sur cette cotisation ?
Ca veut dire que depuis 1998 dans ce pays, il n’y a eu aucun accord salarial dans la fonction publique. Ca veut dire qu’il faudrait que lors des négociations sur les salaires le 25 juin, c'est-à-dire le lendemain de la journée de manifestation, on va voir ce que le gouvernement a dans le ventre.
 Est-ce qu’il va instaurer une rigueur salariale pour plusieurs années dans la fonction publique ou bien est-ce qu’il veut négocier et arriver à des gestes sur les salaires ? Voila tout ce que cela veut dire.

D’accord, donc vous dites pourquoi pas mais avec une compensation sur les salaires c’est ça ?
Bien sûr.

Vous avez dit qu’il n’y a pas que les fonctionnaires qui sont concernés par cette réforme. Quelle est votre vision générale de cette réforme ?
Je crois d’abord que les agences de notation doivent être rassurées, la dette française va bien se vendre...

Vous le dites avec un air caustique. Il faut bien être conscient que cette dette si elle se vend mal, ce sont des taux d’intérêt en plus, ce sont des financements publics qui se dégradent à vitesse grand V...
Il y a plusieurs points de vue sur cette réforme. Il y a celui des financiers, et de ce point de vue
La Tribune d’ailleurs dit « Sarkozy tape fort ». Oui, il tape fort, et dans le cadre du mano a mano avec l’Allemagne, la réforme des retraites en France est plus dure, c’est même l’une des plus dures d’Europe.
Vous avez trois âges dans la retraite : l’âge d’ouverture des droits, l’âge de liquidation et l’âge de la retraite à taux plein. Or aujourd’hui, étant donné que beaucoup de salariés n’ont pas de carrière complète, avec la dégradation du marché du travail, ils vont se retrouver non pas à prendre leur retraite à 62 ans, mais ils vont devoir attendre 67 ans, puisque contrairement à l’Allemagne où il faut 35 ans de durée de cotisation, en France il va en falloir 41,5.


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24 juin tous dans la rue

 

 

 

 


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