Nicolas Sarkozy propose des « contrats individuels » pour réduire les dépenses des collectivités.

Devant les élus de l’UMP réunis à Paris le mercredi 11 avril 2012, le candidat sortant s’en est une nouvelle fois pris aux créations de postes dans la fonction publique territoriale.

Lors d’un discours devant les élus de l’UMP réunis ce 11 avril à Paris, Nicolas Sarkozy a dénoncé l’inflation des effectifs des collectivités locales. « Elles ont créé depuis 2007, 100 000 postes de fonctionnaires alors que l’Etat en a supprimé 160 000 », s’est-il insurgé.

« Les grandes collectivités locales, et c’est incontournable, devront appliquer comme l’Etat la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux (…). L’effort financier de l’Etat pourrait consister en un mécanisme de bonus-malus », a déclaré Nicolas Sarkozy devant plusieurs centaines d’édiles réunis dans la salle de la Mutualité.

Moratoire sur les normes

 « Je propose des contrats individuels négociés entre le gouvernement et les plus grandes collectivités, celles au-dessus de 30 000 habitants qui concentrent les deux tiers de la dépense locale. On ne pourra pas faire l’économie de ce pacte de stabilité individualisé collectivité par collectivité, régions, département ou grandes communes » a-t-il ajouté. Devant les réserves exprimées par Jean-Louis Borloo, le candidat sortant a affiché sa souplesse, plaidant pour une « modulation intelligente » : « On ne peut s’en tenir aux seuls critères de la richesse et du nombre d’habitants. »

Il s’est engagé à ce que l’Etat s’interdise de créer « toute nouvelle norme qui entraînerait un nouveau coût ». « En la matière, je ne crois pas à la modération mais à la désintoxication avec privation absolue », a insisté Nicolas Sarkozy. Il a promis que si, d’aventure, une nouvelle norme était créée, deux autres seraient supprimés. « Et on ne pourra pas l’appliquer de la même façon partout. La norme du rural ne sera pas celle de l’urbain. »

« Je crois qu’il nous faut également progresser vers plus de transparence. Je suis clairement pour une feuille d’impôt par collectivité pour que chaque Français sache précisément ce qu’il paye pour la région, pour le département, pour sa commune », a souhaité le président et candidat de l’UMP.

Solidarité pour le haut débit

Nicolas Sarkozy en a profité pour louer son action : « Aucun tribunal d’instance, aucune base militaire ne sauvera un territoire rural. Nous préférons mettre 0,5 milliard pour les pôles d’excellence rurale. »

Le chef de l’Etat en campagne a aussi vanté les vertus de sa réforme territoriale, destinée à diminuer les doublons entre départements et régions qu’il a chiffrés à 20 milliards d’euros. « Ceux qui contestent la baisse de 40 % du nombre d’élus départementaux et régionaux considèrent que les collectivités locales sont leur chose, leur propriété, leur baronnie ! », a-t-il fustigé. Le postulant de l’UMP en a profité pour s’élever contre le nombre de vice-présidents à la communauté d’agglomération de Rouen (« 45 ! ») et de premiers vice-présidents à la communauté urbaine de Lille (« 10 » !).

Par ailleurs, il a souhaité, en matière de haut débit, que soit à l’instar « de ce qui s’est passé pour le téléphone », instaurée « une solidarité financière entre les territoires ». « Un ilot de pauvreté au milieu d’un océan de pauvreté, ce n’est pas longtemps possible » a-t-il jugé.

Enfin, en matière de présence médicale, Nicolas Sarkozy s’est, une nouvelle fois, prononcé pour l’incitation, plutôt qu’en faveur de la coercition. « Je ne leur conseille pas d’aller voir un médecin qui a été obligé d’exercer à une endroit précis », a-t-il lancé à l’adresse de ses adversaires socialistes.

 

(Source : la gazette des communes)

 


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