reformeFPT.jpgLe gouvernement envisage de rapprocher progressivement les règles du public et du privé

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Quatre syndicats sur cinq, le Medef et le gouvernement se prononcent contre le passage à un régime par points. L'exécutif retient en revanche l'idée d'un rapprochement des règles des différents régimes, en définissant un « socle commun ».

C'est pratiquement un consensus. Syndicats, patronat, gouvernement... presque tous se prononcent contre un changement radical du fonctionnement du système de retraites. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a remis hier un rapport qui examine l'hypothèse d'un passage du régime actuel, fondé essentiellement sur les annuités de cotisation, à des régimes par points ou en comptes notionnels. Une commande des parlementaires UMP. Le président du COR, Raphaël Hadas-Lebel, a bien précisé hier qu'il ne s'agissait pas pour lui de recommander ou non une telle réforme. « Ce n'est pas notre rôle. » Cela n'empêche pas les 39 membres du Conseil de se prononcer.

Parmi les syndicats, seule la CFDT pourrait défendre une telle réforme lors de son congrès en juin. Elle est très critique sur le système actuel. « Il pénalise les personnes qui ont eu des carrières courtes, ou dont la progression salariale a été faible », juge Jean-Louis Malys. Les autres syndicats excluent un tel bouleversement. « Rideau de fumée » pour la CGC, les systèmes par points ou en comptes notionnels entraîneraient un recul du niveau des pensions selon FO et la CGT. Le Medef s'est lui aussi démarqué hier. Laurence Parisot préfère qu'on discute des paramètres actuels : montant des cotisations, niveau des pensions, âge de départ. « Essayons de nous mettre d'accord sur le taux de remplacement du dernier salaire et le maximum de cotisations que nous considérons comme supportables », a-t-elle déclaré sur Europe 1. Le Medef milite pour un allongement de la durée de cotisation, comme le gouvernement.

« Réfléchir ensemble »

Celui-ci laisse clairement entendre qu'il ne s'engagera pas sur la voie explorée par le COR. « Je ne crois pas que nous nous orientons vers des solutions systémiques de cet ordre », a dit mardi Xavier Darcos. En mettant l'accent sur la complexité du système actuel, le COR invite néanmoins à « progresser dans le rapprochement des règles entre les régimes », estime l'entourage du ministre des Affaires sociales. Allusion, notamment, au régime de la fonction publique, qui jouit de règles de calcul des pensions différentes (sur les six derniers mois de salaires). « Il nous faut réfléchir ensemble à la définition d'un socle commun pour tous nos régimes de retraite. Ensuite, au-delà de ce socle, il doit demeurer une place pour la prise en compte des spécificités professionnelles : c'est notamment le rôle des régimes complémentaires », poursuit-on rue de Grenelle.

Ce double niveau étant déjà l'apanage du privé, le principe du socle commun changerait surtout les choses pour les fonctionnaires. Cela pourrait signifier l'instauration d'un premier étage de retraite avec des règles se rapprochant de celles du privé et un deuxième pour lequel les règles actuelles seraient maintenues. Un sujet ultra-sensible sur lequel le gouvernement avance à pas comptés.



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Tag(s) : #Réforme des retraites