Retraite : une campagne idéologique

Pointés du doigt comme des «nantis», les salariés qui bénéficient des «régimes spéciaux» sont pourtant loin de bénéficier de droits exorbitants. Mais pour le gouvernement, peu importe. Ce qui compte c’est de parvenir à détourner l’attention du plus grand nombre sur les privilèges qu’elle accorde à certains. Et pour cela il lui faut des boucs émissaires.

Supprimer les régimes spéciaux au nom de l’ « équité »

Les agents de la SNCF (160.000 environ) peuvent partir à 55 ans mais ils cotisent plus. Lorsque qu’un salarié du privé cotise environ 26% de son salaire (régime général et ARCCO) l’agent de la SNCF cotise près de 36 % de son salaire. Une partie de ces 36 % est certes payée par l’Etat mais c’est aux dépens d’un salaire direct plus élevé.
Le montant de retraite des cheminots est inférieur au montant moyen des pensions. Pour partir plus tôt à la retraite, les agents de la SNCF non seulement cotisent plus mais acceptent d’avoir un taux de remplacement (niveau de la retraite par rapport au dernier salaire) inférieur de 10 point au taux de remplacement des autres salariés. La retraite d’un agent de la SNCF est calculée sur son dernier salaire. C’est un acquis qui n’est pas transposable pour un salarié du privé qui peut voir son revenu considérablement régresser au cours de cette dernière année. La vraie égalité avec les salariés du public serait de revenir au calcul de la retraite sur la base des 10 meilleures années.
La pénibilité ne serait plus la même aux dires du gouvernement. Pourtant une note de l’INSEE publiée en juin 2005 montre que les écarts d’espérance de vie entre catégories socio-professionnelles se sont accrus chez les hommes (les hommes cadres vivraient 7 ans de plus que les ouvriers) alors qu’ils restaient stable chez les femmes. Parmi les facteurs identifiés pour expliquer les différences de mortalité, certaines professions sont plus sujettes à des horaires de travail décalés qui affectent l’état de santé et donc la mortalité.
Et si nous introduisions le débat sur la pénibilité du travail, il ne serait pas évident que les dépenses seraient diminuées. Prenons l’exemple des caissières et caissiers de supermarché. Devons-nous conclure que ce n’est pas un travail pénible puisqu’ils sont assis ?

Réformer les régimes spéciaux ne réglera nullement la question de l’équilibre des régimes de retraites

L’idée reçue : en supprimant les régimes spéciaux, on sauvegarderait la retraite par répartition. Or, les salariés des régimes spéciaux de retraites représentent peu de personnes. Prétendre dès lors qu’il faut s’attaquer aux régimes spéciaux pour retrouver l’équilibre des régimes de retraite est un argument fallacieux ! Actuellement, il y a environ 500 000 retraités relevant des régimes spéciaux pour un total de 12 millions de retraités, soit 4,2 %. En 2025 ils seront environ 300 000 à relever des régimes spéciaux sur 18 millions de retraités, soit 1,6 % du total…


Restons lucides, pragmatiques et solidaires !




Publicité