Retraites: Xavier Bertrand tente d'éviter une nouvelle grève
Le ministre du Travail Xavir Bertrand a achevé vendredi une nouvelle série de consultations sur la réforme des régimes spéciaux avec des syndicats divisés sur le fond du dossier et sur la conduite à adopter. Le gouvernement et les directions de la SNCF et de la RATP tentent d'éviter une grève reconductible mi-novembre.
Les syndicats de la SNCF et de la RATP se réuniront mercredi prochain pour faire le point sur les entrevues avec M. Bertrand et menacent de lancer un appel à une grève reconductible à compter de la mi-novembre si le projet gouvernemental n'est pas modifié.
Rendant une visite surprise à des cheminots en Seine-Saint-Denis tôt vendredi, Nicolas Sarkozy a, pour sa part, prévenu que "la rue", ne "fera pas plier (le gouvernement) parce que nous sommes dans une démocratie. Le droit de grève, c'est un droit qui est reconnu, mais je vais vous dire quelque chose: le chantage à la rue, ça ne marchera pas", a-t-il lancé.
Les directions de la RATP et de la SNCF proposent aux syndicats de les rencontrer en début de semaine prochaine, une proposition d'ores et déjà rejetée par les organisations de la RATP, à l'exception de l'UNSA et de la CGC.
Mais les états-majors syndicaux sont loin d'être unanimes. Si la CGT, FO et Sud sont prêtes à mobiliser contre l'allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans, la CFDT, la CGC, l'UNSA et la CFTC estiment que le gouvernement ne reculera pas sur ce point et demandent à négocier sur des "compensations".
"On n'est pas d'accord, mais le ministre nous a redit très clairement que ce point n'était pas négociable. Nous demandons donc que des discussions s'ouvrent sur les aménagements sur deux points précis: la mise en oeuvre d'une décote et le montant des pensions", a déclaré vendredi à l'Associated Press le porte-parole de la délégation CFTC Jean-Philippe Catanzaro.
"Nous, on a intégré l'égalité de traitement en terme de durée de cotisation pour tous les salariés, c'est-à-dire le passage à 40 ans pour être clair. Ensuite, la question porte sur les paramètres en jeu: primes, bonification, épargne-temps", explique de son côté le secrétaire général de l'UNSA Alain Olive.
M. Olive souhaite que la négociation se fasse "avec tous les paramètres sur la table", entre ce que les entreprises concernées sont en mesure de proposer et le cadrage général de la réforme fixé par le gouvernement.
Le porte-parole de la CFDT, Jean-Louis Malys, a rappelé de son côté à l'issue de son entretien avec le ministre que son organisation ne "bataillera pas sur le passage à 40 ans". "On sait que le gouvernement ne lâchera pas sur ce point. Alors soit on s'y oppose frontalement, soit on essaie d'obtenir des compensations. Le problème, c'est qu'il y a des points durs, des obstacles. On attend que le ministre lève ces obstacles".
A la CGT, le secrétaire confédéral Jean-Christophe Le Duigou estime que l'allongement de la durée de cotisation "n'est pas la bonne solution", et que "le gouvernement n'a visiblement pas encore pris la mesure de ce qu'a été la grève du 18 octobre".
Un point de vue que partage le porte-parole de FO chargé des retraites Bernard Devy. "C'est la troisième rencontre avec le ministre et nous sommes dans une situation de blocage", a-t-il déclaré après près de deux heures de discussions avec Xavier Bertrand.
"Ce qu'on attend du gouvernement", a-t-il ajouté, "c'est qu'il modifie son texte et lève les trois préalables à toute négociation que sont le passage à 40 ans de cotisations, l'indexation et l'instauration d'une décote".
AP
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