Cher(e)s Ami(e)s, Cher(e)s Camarades,
Hier, en fin de journée, une délégation de l’UNSA que j’ai conduite, composée d’Eric Tourneboeuf secrétaire général de l’UNSA Transports, Jean-Daniel Bigarne secrétaire général de l’UNSA-Cheminots, Didier Le Pahun secrétaire général de l’UNSA-RATP, a rencontré le ministre du Travail, Xavier Bertrand, sur la question de la réforme des régimes spéciaux.
Avant notre rencontre, le ministre avait reçu une délégation de la CGT conduite par son secrétaire général, qui a annoncé, à sa sortie, que la CGT était prête, désormais, à rentrer dans des négociations d’entreprises « tripartites ». Il faut traduire par là, des négociations qui associeraient la direction des entreprises, les syndicats et un représentant du gouvernement.
Une telle annonce dénote une inflexion notable de la CGT qui, jusqu’à présent, refusait toute négociation d’entreprise qui ne serait pas précédée d’une modification importante du cadrage gouvernemental : durée de cotisation à quarante ans, indexation des pensions sur les prix et principe même de la décote.
De plus, cette nouvelle position de la CGT intervient à la veille d’une journée de grève importante notamment dans les transports. Cela est très rare pour être relevé.
Bien évidemment, une telle prise de position fait rentrer le conflit en cours dans une nouvelle phase.
En ce qui nous concerne, nous continuons à affirmer, depuis le début de ce conflit, une ligne syndicale parfaitement cohérente.
Cette cohérence se nourrit d’abord des analyses que nous avons été amenés à faire notamment sur l’impact de l’élection présidentielle et sur les nouveaux rapports de force qui se sont créés à cette occasion.
Le Conseil National de l’UNSA des 26 et 27 septembre dernier nous a donné l’occasion d’en débattre et d’élaborer une position largement partagée.
Nous avons aussi essayé de comprendre l’état de l’opinion et donc celle de nos concitoyens par rapport à une réforme des régimes spéciaux : 2007 n’est pas 1995 !
Enfin contrairement à d’autres organisations syndicales, nous avons toujours réaffirmé notre refus de globaliser tous les conflits en cours pour construire les éléments d’un troisième tour social qui viendrait contester sur le plan social une légitimité politique acquise dans les urnes.
Nous estimons que cette globalisation porte non seulement en elle l’affaiblissement des causes qu’elle prétend défendre mais que, de plus, elle ne correspond en rien à l’idée que nous nous faisons d’une organisation syndicale réformiste.
Traiter les causes justes et les revendications exprimées par les salariés au cas par cas est un gage, sinon de réussite, tout au moins de refus de l’enlisement.
C’est ainsi que sur le pouvoir d’achat par exemple et les réformes engagées dans la fonction publique, nous mettons toutes nos forces dans la bataille pour que la journée de mobilisation et de grève du 20 novembre soit une réussite.
Pour toutes ces raisons, les développements récents concernant les régimes spéciaux, loin de nous surprendre, confortent les analyses qui sont les nôtres depuis le début du conflit.
Sur le fond tout d’abord. Nous ne faisons pas du cadrage gouvernemental un préalable.
C’est ainsi que nous avons dit et redit que l’UNSA était favorable à une égalité de traitement de tous les salariés sur la question de la durée de cotisation et que nous acceptions les quarante ans.
Sur la décote, nous remettons en cause ses modalités d’application qui restent trop pénalisantes pour les agents concernés et nos syndicats, tant de la SNCF que de la RATP se battent depuis un mois et demi pour en réduire les effets les plus nocifs et pour que le montant des pensions ne soit pas amputé.
Reste la question de la forme de la négociation. Depuis le début de ce conflit, nous sommes favorables à une articulation étroite entre le cadrage gouvernemental et la négociation d’entreprise. L’UNSA-RATP a avancé dans cette voie dans son entreprise ; malgré ses efforts l’UNSA-Cheminots n’a pu mener cela à bien à la SNCF. Il faut espérer que les évolutions récentes lui permettent d’avancer comme elle le souhaite.
L’issue du conflit n’est en rien écrite et comme toujours dans pareil cas, la situation évolue d’heure en heure. L’UNSA avec ses fédérations et syndicats tant de la SNCF que de la RATP fait preuve, dans un tel conflit, d’une très grande responsabilité. Depuis le début, nous bataillons pour aboutir à un compromis acceptable. Le gouvernement et les directions d’entreprises doivent comprendre que cela ne passera que par la négociation. Le plus tôt sera le mieux. Pour les usagers et pour les agents.
Bien amicalement,
Alain OLIVE, secrétaire général de l'Unsa, le 14 novembre 2007, 11H30.
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