Les fonctionnaires prêts à un nouveau mouvement

Les fédérations de la fonction publique exigent des négociations sur les salaires avant le 30 novembre.

Des négociations, sinon la grève : les huit fédérations de fonctionnaires réunies mercredi soir en intersyndicale ont exigé l’ouverture de négociations sur les salaires avant le 30 novembre. Sans négociations, elles menacent d’une « nouvelle action commune » début décembre. Au lendemain d’une journée d’action réussie - 30 % de grévistes selon le gouvernement, 45 % selon la CGT -, les huit fédérations (CGT, FO, CFDT, FSU, UNSA, CFE-CGC, CFTC, Solidaires) ont réitéré « leur exigence d’une négociation immédiate » notamment sur le pouvoir d’achat et les effectifs.

« Si le gouvernement ne donne pas de réponse favorable », elles « décideront d’amplifier la mobilisation par une nouvelle action commune dès le début décembre 2007 ». Grève ou pas grève, la forme prise par la mobilisation n’a pas été précisée, et elle devrait faire l’objet de discussions animées entre syndicats.

« Le gouvernement ne doit pas tergiverser », insistent les organisations, qui exigent « le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat », qu’ils chiffrent à près de 7 % depuis 2000. Elles demandent également « un emploi public statutaire basé sur les besoins réels en matière de services publics », et dénoncent les 22 900 suppressions de postes annoncées pour 2008.

Le ministère de la Fonction publique a publié un communiqué sur la rémunération des fonctionnaires : elle aurait augmenté de 2,1 % par an entre 2000 et 2006, et augmentera de 2,4 % en 2007. Le hic, c’est que, pour arriver à cette moyenne, le gouvernement inclut la hausse du point d’indice (0,8 % en février, une hausse promise en 2006), mais aussi les mesures par catégories, et les augmentations de salaire liées à l’ancienneté ou à la progression au choix. Un calcul que les syndicats contestent : c’est la valeur du point d’indice, stagnant depuis 2000, qui traduit l’augmentation du pouvoir d’achat, estiment-ils.

« La suppression de 22 921 postes dans les administrations de l’État en 2008 s’inscrit dans une approche purement comptable de la gestion des effectifs publics qui ne se justifie pas au regard de l’intérêt général », a protesté la semaine dernière Bernard Derosier, député (PS) du Nord et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale.




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