Régimes spéciaux: des progrès dans la négociation à la RATP
Des progrès ont été réalisés lundi à la RATP dans les négociations syndicats-direction-gouvernement, dont l'ouverture jeudi avait entraîné la suspension de la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraites, selon des sources concordantes.
La direction, selon les syndicats, a proposé des mesures permettant une revalorisation salariale moyenne d'ici 2014 de l'ordre de 150 euros par mois en fin de carrière, et une prise en compte partielle des primes dans le calcul des retraites.
L'impact positif de cette prise en compte des primes sur le niveau des pensions versées à partir de 2015 à des nouveaux retraités serait de 2,4%, contrebalançant ainsi partiellement l'effet négatif sur le montant des retraites de la réforme des régimes spéciaux.
Les syndicats, qui avaient exprimé leur déception à la mi-journée, ont plutôt affiché, avec prudence, une certaine satisfaction lundi à l'issue d'une rencontre de près de sept heures.
La CGT, premier syndicat à la RATP, a souligné "une situation qui avance même si on reste très réservé sur certains points".
"Toutefois, nous attendons le résultat des quatre autres réunions avant de nous prononcer car aujourd'hui nous ne savons toujours pas comment seront financées les mesures proposées" a déclaré son représentant, Jacques Eliez, à la presse.
La CFE-CGC a elle souligné de "nouvelles avancées", notamment "la création de deux échelons supplémentaires en fin de carrière, le premier en 2012 pour les agents ayant 26 ans d'ancienneté et le second en 2014 après 28 ans d'ancienneté" a expliqué son président Alain Tournois.
Chaque échelon conduira à "un supplément de salaire mensuel de 36 euros" et les mesures cumulées à une revalorisation salariale "de 150 euros en moyenne", et pouvant aller jusqu'à "180 euros", a-t-il précisé.
Pour les Indépendants (FSI), Lionel Lo Presti a relevé "des avancées, mais pas à la hauteur de nos attentes".
"La direction a proposé la création d'échelons supplémentaires qui conditionnent l'augmentation des salaires, mais il n'y a rien de chiffré pour l'instant" a-t-il affirmé.
A l'inverse, Didier Larigaldie (FO) a noté "des avancées largement significatives qui augmentent forcément le pouvoir d'achat" estimant que si les "grévistes ont perdu beaucoup d'argent" avec le conflit ils ont "au moins été en partie entendus par la direction".
Une opinion que l'Unsa (non roulants) n'a pas souhaité partager affirmant, par la voix de son secrétaire général Gwen Eslan que "la grève a été totalement inutile" dans la mesure où toutes ses propositions "étaient déjà dans la lettre aux syndicats de la RATP, du président (Pierre) Mongin le 13 novembre dernier" la veille du conflit.
"Cinq syndicats ont fait le choix du conflit, nous (l'Unsa non-roulants) avons choisi la voie de la négociation" s'est félicité M. Eslan.
Pour sa part, Sud RATP, qui a accepté de "venir à ces négociations" uniquement "au titre d'observateur", a déclaré n'être "pas satisfait". Selon ce syndicat, les propositions de la direction représentent 15 à 20 millions d'euros par an, étalés sur six ans.
De son côté, la direction a déclaré dans un communiqué que "le climat de la réunion a été constructif et a permis d'avancer positivement dans la perspective de notre prochaine rencontre qui aura lieu le jeudi 29 novembre".
AFP
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