Conseil général : Où il est question de 535 millions
Le conseil général est en session pour débattre du budget primitif 2008. Son vote devrait intervenir lundi. En attendant, chaque camp affûte ses armes.
C'est parti pour au moins trois jours de débats au conseil général. Au menu, le budget primitif 2008 dont le vote ne devrait pas intervenir avant lundi. Quatre-vingt-trois rapports, 535 millions d'euros de budget à voter, les discussions s'annoncent âpres entre majorité et opposition à quelques mois du renouvellement de la moitié des conseillers généraux.
« Les compétences qui nous sont confiées par l'État depuis 25 ans nous incitent à nous recentrer sur celles qui sont obligatoires, comme l'action sociale », a expliqué dans son discours liminaire Louis de Broissia. Et le président du Département de citer quelques domaines dans lesquels sa collectivité est sollicitée financièrement de façon importante : « Lignes à grande vitesse, politiques de l'eau, grands projets routiers. » tout en souhaitant « une clarification des compétences entre les collectivités territoriales. Mais aussi une simplification des procédures. ».
Inégalité de représentation
S'appuyant justement sur le thème du social et de la protection de l'enfance, l'opposition, par la voix de son président de groupe Jean-Claude Robert, a déclaré « sa révolte et son indignation suite à l'interpellation de deux jeunes filles congolaises dans un établissement éducatif sous la responsabilité du Département ». « Des jeunes filles dont la situation administrative est en cours. Ce sont des méthodes d'une autre époque », a-t-il insisté.
Un sujet que Louis de Broissia n'a pas occulté. Bien au contraire. « C'est un dossier que je suis au jour le jour, heure par heure, avec nos services. Ne croyez pas que j'y sois insensible. J'ai demandé au préfet de réexaminer leur situation avec humanité. Il faut étudier au cas par cas et non pas uniquement respecter des quotas », a souligné le président du Département tout en rappelant n'avoir « pas voté le texte ADN au Sénat ».
Après une interruption de séance d'une quarantaine de minutes nécessaire à la désignation du président de la commission des finances en remplacement de Christian Myon (*), François Rebsamen, le conseiller général de Dijon V, est revenu sur des propos qu'il aurait tenus récemment sur les collectivités départementales. « L'inégalité de représentation au sein de notre assemblée nuit à sa réalité démocratique », a-t-il précisé. « Il n'est pas concevable que dix conseillers généraux représentent la moitié de la population du département et 33 l'autre moitié ». Louis de Broissia n'a pas souhaité mettre de l'huile sur le feu. « Ce qui m'a dérangé c'est d'avoir entendu que les conseillers généraux étaient complètement dépassés. Je peux vous assurer que je suis favorable à un redécoupage des grands cantons. Regardons cela d'un œil serein. »
L'atmosphère est restée toujours aussi courtoise quand se basant sur une proposition émanant du rapport Balladur « rétablissant de la démocratie dans la représentation territoriale au Sénat », le maire de Dijon a lancé : « je crains que vous ayez prochainement de mauvaises surprises avec le président de la République. Je le trouve plus réformateur que vous. ».
« Voici un scoop », a rétorqué le sénateur. « Je ne savais pas que vous étiez porte-parole du chef de l'Etat. Je sais que la politique d'ouverture va très loin. »
Les discussions reprennent aujourd'hui. Dans une ambiance - peut-être - moins feutrée.
"Le Bien Public"
(*) Les deux candidats en lice de la majorité départementale, Emmanuel Bichot et Martine Eap-Dupin, n'étant pas départagés dans un premier temps par le vote des membres de la dite commission.
Finalement, c'est la conseillère du canton de Précy-sous-Thil qui a été élue.
Suite au décès de Christian Myon, un nouveau vice-président devait être élu hier puisque le conseiller général de Saint-Seine l'Abbaye occupait ce poste. C'est Hubert Brigand, l'élu du canton de Châtillon-sur-Seine, qui a été choisi par l'assemblée. Étant lui-même auparavant 2e secrétaire, il sera remplacé dorénavant par Anne-Catherine Loisier, conseiller général de Saulieu.
/image%2F1178704%2F20180404%2Fob_6b8164_nouveau-logo-cd21.jpg)