Retraites à la RATP: fin des négociations, "maintien d'un régime spécial"

Avec cette réforme des régimes spéciaux, l'Elysée et le gouvernement veulent une "harmonisation" des régimes de retraite, au nom de l'"équité", selon le président Sarkozy.

Plusieurs syndicats de la RATP se sont dits "partagés" à la sortie de la séance. La CGT en particulier compte consulter les agents début janvier pour leur faire apprécier le résultat des négociations.

Le président de la RATP Pierre Mongin "a signé le relevé de décision reprenant l'ensemble des mesures d'entreprise liées à la réforme", qui prévoit l'allongement progressif de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans, selon un communiqué diffusé après la sixième table-ronde tripartite direction-représentants de l'Etat-syndicats depuis le 21 novembre.

Les syndicats n'ont pas à signer le document.

Parmi les mesures d'accompagnement de la réforme décidées, figurent selon la direction le renforcement de l'attractivité des parcours professionnels, l'allongement des grilles de rémunération, l'élargissement de l'assiette de calcul des pensions, et la suppression des mises à la retraite d'office.

En 2008, des discussions tripartites devront encore se tenir sur les avantages familiaux et sur les questions de la pénibilité, en lien avec des négociations nationales sur le même sujet, de sources syndicales. Elles détermineront ce que deviendront les bonifications dont bénéficient quelque 35.000 des 45.000 agents de la RATP.

M. Mongin "s'est félicité de l'esprit de dialogue de l'ensemble des partenaires dont le sens des responsabilités, face à ce difficile dossier, a permis de trouver des solutions et d'arriver à une conclusion avant la fin de l'année 2007", comme le voulait le chef de l'Etat.

La CGT, premier syndicat à la RATP, a jugé que la dernière séance "ne s'est pas bien passée". Selon elle, un représentant de l'Etat "est revenu sur ses précédents engagements", en affirmant que la décote (qui amplifie la réduction des pensions pour ceux qui n'ont pas cotisé assez longtemps) s'accentuerait au-delà de 2014, et jusqu'en 2019, "pénalisant d'autant les agents".

De plus, "les décrets d'application de la réforme ne nous ont pas été présentés, on reste sur notre faim", a déclaré Jacques Eliez, secrétaire général adjoint de la CGT-RATP.

L'Unsa, deuxième force syndicale, qui ne "cautionne pas la réforme", a toutefois jugé que "le compte y est globalement et en jouant le jeu de la réforme, les agents ne perdront pas d'argent".

Pour Sud-RATP, "on n'a pas bougé d'un pouce par rapport à la lettre de cadrage du gouvernement" et "aucune proposition syndicale saillante n'a été retenue". "Les mesures d'accompagnement préparent déjà l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation, avec la création d'échelons d'ancienneté supplémentaires en 2012 et 2014", selon Philippe Touzet, délégué Sud.

(avec AFP)




Publicité
Tag(s) : #La revue de presse