Salaires des fonctionnaires : Bercy propose une hausse de 0,5 % en 2008

Les syndicats de fonctionnaires ont tous rejeté la première proposition du gouvernement d'une hausse de 0,5 % du traitement de base des quelque 5,2 millions d'agents de l'Etat, de la territoriale et de l'hospitalière.

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La proposition gouvernementale pour cette année est le pire des scénarios anticipé par les syndicats de fonctionnaires.

Le Premier ministre a confirmé lui-même hier la revalorisation du minimum vieillesse, mais il a laissé à son ministre du Budget le soin d'informer les syndicats de la proposition gouvernementale d'augmentation générale pour les fonctionnaires en 2008. Il est vrai que la première mesure devrait s'avérer bien plus populaire que la seconde. L'exécutif n'a, en effet, pas choisi la méthode douce. Dans le courrier qu'il a adressé aux fédérations hier, Eric Woerth avance l'hypothèse d'une hausse au 1er mars de 0,5 % de la valeur du point, qui détermine le traitement de base des quelque 5,2 millions d'agents de la fonction publique. Y ajoutant l'impact de l'ancienneté et des promotions (1,6 milliard d'euros), des heures supplémentaires (335 millions d'euros) et des autres mesures inscrites dans le relevé de propositions (280 millions d'euros), le ministre a beau promettre une progression globale moyenne de 3,7 % « de la feuille de paie des agents en poste », c'est le pire des scénarios anticipé par les syndicats de fonctionnaires, qui espéraient un geste de bonne volonté avant les municipales.

D'autres mesures

Leur réaction a été unanime. « Le «je vous ai compris» [du chef de l'Etat] est très peu audible », a ironisé Gérard Aschieri, de la FSU. Appelant le gouvernement à revoir sa copie « au plus vite », Jean-Marc Canon (CGT), a jugé la proposition « irrecevable alors même que le rythme de l'inflation s'est accéléré ». « Le compte n'y est pas », a souligné Eric Fritsch (CFDT), tandis qu'Elisabeth David (Unsa), qualifiait la mesure d'« insuffisante ». « Ridicule », estimait pour sa part Charles Bonissol (CGC), tout en plaçant la barre de l'acceptable entre 0,8 % et 0,9 %, quand les autres affichent comme référence le montant prévisionnel de l'inflation, soit 1,6 %.

Il reste que le gouvernement ne s'est pas contenté d'afficher une mesure générale, dont le coût budgétaire est évalué en 2008 à 354 millions d'euros. Le relevé de propositions envoyé hier prévoit d'autres mesures. Il précise notamment les modalités de la « garantie de pouvoir d'achat » pour les agents qui auraient vu leur niveau de vie baisser ces dernières années, évoque la rémunération des heures supplémentaires, un assouplissement de l'utilisation et la monétisation des comptes épargne-temps pour la fonction publique d'Etat et dans la Territoriale, une certaine facilitation des avancements. Ce qui fait dire à l'Unsa qu'« il y a des choses à gratter » en dehors de l'augmentation. Une séance de négociation aura lieu le 18 février. Dès vendredi, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, André Santini, doit démarrer des rencontres bilatérales pour la préparer.

"Les Echos"



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