Six chantiers à hauts risques
Marché du travail : allongement des périodes d'essai, conférence salariale, nouveau projet de CDD pour les cadres, rupture de contrat négociée entre employeurs et salariés, révision de l'assurance-chômage, réforme de la formation professionnelle, projet de loi pour fixer le temps de travail par branches ou entreprises : tout cela doit être mené avant l'été via le Parlement et la concertation. Ces réformes sont attendues par le patronat, qui bloque cependant la négociation salariale exigée par le gouvernement et elles divisent les syndicats.
Retraites : la réforme Fillon votée en 2003 prévoit que la cotisation sera portée à 41 annuités en 2 012 pour les personnes nées entre 1952 et 1957 après concertation en 2008. Celle-ci commence le 27 mars. D'autres points de la loi Fillon seront-ils retouchés comme le coûteux dispositif carrières longues ?
Hôpitaux : réorganiser l'hôpital, mieux répartir les médecins libéraux sur le territoire en « incitant » à l'installation dans les banlieues et les campagnes, créer des agences régionales de santé : tout doit être prêt avant l'automne. C'est le dossier le plus explosif, surtout avec une majorité d'élus locaux de gauche à la tête des conseils d'administration des petits hôpitaux.
Armée : 5 000 soldats et 15 100 civils de la défense à ne pas remplacer, des régiments à regrouper : le gouvernement a distillé les annonces pour tester les réactions chez les élus locaux et dans les troupes. Elles ont été mal vécues.
Institutions : Selon l'avant-projet de loi présenté en Conseil des ministres, le président de la République pourra « prendre la parole » devant le Parlement qui pourra ensuite débattre « hors de sa présence ». Or la gauche est opposée à cette conception du pouvoir. En revanche, la limitation à deux mandats de la Présidence pourrait être acceptée.
École : Révision des programmes du primaire, suppressions massives de postes, afflux d'heures sup, nouvelle notation : tout cela entrera en vigueur à la rentrée malgré le refus des syndicats. Localement, on se mobilise contre la fermeture d'une école, la perte de postes de profs. À Créteil, tous les syndicats d'enseignants et la fédération lycéenne appellent à une grève pour jeudi. Pour le moment la révolte n'est pas globale. Sait-on jamais au mois de mai… 2 008.
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