Semaine sociale: représentativité syndicale et intervention TV de Sarkozy
L'avis de la CFDT sur la "position commune" des partenaires sociaux issue de la négociation sur la représentativité syndicale et une intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, attendu notamment sur les sujets sociaux (retraites, RSA, etc...), marqueront cette semaine sociale.
Mercredi, la CFDT devrait annoncer qu'elle va signer cette "position commune", préalable à l'élaboration d'une réforme gouvernementale.
CGT, Medef et CGPME se sont déjà prononcés pour. Mais FO, CFTC, CFE-CGC et UPA (patronat de l'artisanat) ont rejeté le texte qui risque, selon eux, de laisser les deux plus gros syndicats (CGT et CFDT) se partager la représentation des salariés. Inquiète sur son avenir, la CFE-CGC a commencé à se rapprocher de l'Unsa (autonomes) en vue d'une éventuelle fusion.
Le ministre du Travail Xavier Bertrand a été chargé par le président Sarkozy de recevoir prochainement tour à tour les négociateurs.
Lors de son intervention télévisée jeudi, Nicolas Sarkozy abordera notamment les dossiers sociaux.
Il pourrait ainsi dévoiler s'il compte généraliser, comme prévu, en 2009 le Revenu de solidarité active (RSA) destiné à encourager le retour à l'emploi des bénéficiaires de minima sociaux, mais dont le coût est estimé à 2 ou 3 milliards.
L'UMP a déclaré jeudi vouloir "voir aboutir cette réforme en 2009" après une réunion "très positive" avec le Haut Commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch.
M. Sarkozy sera aussi interrogé sur les retraites, alors que les syndicats attendent la "première trame" de propositions du gouvernement, qui leur avait été promise par Xavier Bertrand pour la mi-avril...
La position gouvernementale devrait reposer sur deux piliers: tenir bon sur l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans pour une retraite à taux plein et renforcer les mesures en faveur de l'emploi des seniors, pour lequel la France est toujours à la traîne.
CGT et FO s'opposent au principe même des 41 ans, alors que la CFDT demande de le différer en attendant de meilleurs résultats en matière d'emploi des seniors.
Les syndicats de fonctionnaires devraient rendre public, "au plus tard jeudi" selon la FSU, un appel à une journée d'action commune qui pourrait être le 15 mai, date à laquelle les syndicats d'enseignants, les lycéens - toujours mobilisés - et les parents d'élèves ont déjà décidé d'une mobilisation dans l'éducation.
FO a proposé au secteur privé de s'y joindre et d'autres confédérations feront peut-être des annonces en ce sens dans les jours qui viennent.
Parallèlement, les mouvements de grève qui touchent plusieurs ports, en particulier Marseille, à l'appel de la CGT, pourraient perdurer alors que le projet contesté de réforme du gouvernement doit être présenté en Conseil des ministres cette semaine ou la semaine suivante.
Mercredi, les syndicats européens de Rio Tinto-Alcan (ex-Pechiney) appellent à une journée d'action dans toutes les usines du groupe en Europe pour exiger "la garantie de l'emploi pour les 29.000 salariés européens".
A la Redoute, dans le Nord, où des débrayages quotidiens ont lieu depuis deux semaines, les syndicats promettent un durcissement du conflit à partir de lundi à la faveur de la rentrée des classes et du retour au travail de nombreuses mères de famille. Vendredi, des salariés des 3 Suisses ont rejoint le mouvement.
Enfin, le mouvement des quelque 300 salariés sans-papiers d'Ile-de-France, en grève illimitée depuis mardi pour obtenir leur régularisation et qui occupent une vingtaine d'entreprises de restauration, nettoyage, bâtiment ou commerce, devrait se poursuivre cette semaine.
(AFP)
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