L'affaire UIMM éclabousse la CFTC L'enquête sur la caisse noire de l'UIMM (16,5 millions d'euros évaporés en liquide entre 2000 et 2007) avance à pas de loup. La dernière audition, le 29 mai, du personnage central de l'affaire, Denis Gautier-Sauvagnac, ancien délégué général puis président de l'organisation patronale, mis en examen pour «abus de confiance», «recel d'abus de confiance» et «travail dissimulé», a permis au juge Le Loire de confirmer un secret de polichinelle: à savoir que l'UIMM avait financé des syndicats. En tout cas, au moins l'un d'entre eux.
La confirmation est venue en fin d'audition – dont Mediapart publie le compte rendu intégral –, lorsque le juge Le Loire a évoqué devant M. Gautier-Sauvagnac un chèque récemment découvert par les policiers de la brigade financière lors d'une perquisition. Daté du 13 juillet 2006 et d'un montant de 23.000 euros, ce chèque avait été émis par l'UIMM au profit... de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
Mis en présence de ce chèque, DGS, qui jusqu'alors avait refusé de reconnaître explicitement que l'UIMM ait pu financer les syndicats, n'a cette fois pu nier l'évidence. «Il est d'usage constant que l'UIMM prenne à sa charge des frais de déplacement, d'hébergement et de restauration de toutes les délégations syndicales à l'occasion des négociations auxquelles elles participent», a plaidé DGS.
Et M. Gautier-Sauvagnac de préciser: «Les montants peuvent varier assez considérablement, d'une part selon l'origine géographique des membres de la délégation syndicale, et d'autre part selon la périodicité de ces remboursements. Ainsi, certains syndicats cumulaient leurs notes de frais tandis que d'autres nous les présentaient au coup par coup.»
Certes, la réponse de l'ancien patron de l'UIMM ne concerne pas les fonds en liquide généreusement distribués par l'organisation qu'il dirigeait, mais elle donne quand même une sérieuse indication sur leurs destinataires.
Le juge Le Loire ne s'y est pas trompé: «Pourquoi ne pas avoir adopté la formule du chèque concernant les 16.544.591 euros au lieu de les verser en liquide?», a feint de s'étonner le magistrat devant DGS. «Pour des raisons de discrétion», a répondu ce dernier.
«J'ai accepté ce qu'on me proposait»
Ne pensez-vous pas que si l'IUMM [avait versé] de telles sommes à des syndicats, cela aurait pu gêner le destinataire?» a insisté le magistrat. «Quel que soit le destinataire, cela l'aurait effectivement gêné, essentiellement pour des raisons de pur affichage», a admis Denis Gautier-Sauvagnac.
«L'UIMM, en mai 2006, a réservé un stand de trois jours pour participer au congrès de la fédération afin de promouvoir l'apprentissage», indique de son côté Joseph Crespo, président de la métallurgie à la CFTC, en réaction aux 23.000 euros versés par l'organisation patronale. Le responsable syndical n'a d'ailleurs jamais fait mystère de remboursements de l'UIMM dans le cadre de négociations professionnelles entre les deux organismes. «Ces remboursements sont classiques. Quand l'UIMM vous convoque, il faut bien qu'il y ait des prises en charge [déplacements, nuitées, NDLR]», ajoute M. Crespo.
DGS s'est par ailleurs expliqué sur les compléments de salaires octroyés, en espèces, à plusieurs dirigeants de l'UIMM. Avec la piste du financement des syndicats, les rémunérations occultes de l'UIMM constituent l'une des hypothèses d'enquête les plus abouties pour le juge Le Loire, comme Mediapart l'a déjà raconté (ici et là).
Mediapart
«L'UIMM, en mai 2006, a réservé un stand de trois jours pour participer au congrès de la fédération afin de promouvoir l'apprentissage», indique de son côté Joseph Crespo, président de la métallurgie à la CFTC, en réaction aux 23.000 euros versés par l'organisation patronale. Le responsable syndical n'a d'ailleurs jamais fait mystère de remboursements de l'UIMM dans le cadre de négociations professionnelles entre les deux organismes. «Ces remboursements sont classiques. Quand l'UIMM vous convoque, il faut bien qu'il y ait des prises en charge [déplacements, nuitées, NDLR]», ajoute M. Crespo.
DGS s'est par ailleurs expliqué sur les compléments de salaires octroyés, en espèces, à plusieurs dirigeants de l'UIMM. Avec la piste du financement des syndicats, les rémunérations occultes de l'UIMM constituent l'une des hypothèses d'enquête les plus abouties pour le juge Le Loire, comme Mediapart l'a déjà raconté (ici et là).
Mediapart
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