En pleine fusion avec l'Unsa, la CGC fait des avances à la CFTCBernard Van Craeynest rêve d'un ménage à trois. Hier, le président de la CGC a confirmé la « poursuite » de la fusion, « d'ici fin 2009 », avec l'Unsa et, surtout, appelé la CFTC à les rejoindre à l'occasion de sa conférence de presse de rentrée. En pleine recomposition du paysage syndical, un tel renfort permettrait probablement à la future organisation de s'imposer devant FO comme la troisième force syndicale, derrière la CGT et la CFDT.
Inquiet des collaborations accrues, pour des raisons tactiques, entre FO et la CFTC, Bernard Van Craeynest fait valoir que « la CFTC est naturellement plus en phase et partage plus de valeurs avec nous qu'avec FO ». Et peu importe que Jacques Voisin, le leader de la CFTC, ait « exclu », il y a quinze jours, toute fusion avec qui que ce soit : « Cela ne me décourage pas. Je le dis et redis à Jacques Voisin : il ne faut pas jouer la politique de l'autruche. »
Selon lui, la centrale chrétienne n'a en réalité pas le choix : « S'ils ne bougent pas au niveau confédéral, cela bougera de toute façon sur le terrain. » Citant l'exemple de la SNCF, il note que des listes communes CGC-CFTC se préparent déjà dans certaines entreprises pour les prochaines élections professionnelles. De même, les fortes réticences au sein de l'Unsa sur un rapprochement avec la CFTC ne le font pas reculer car « rien n'est insurmontable ».
Des réticences persistent
Mais avant d'agrandir la famille, il reste à mener à bien l'union avec l'Unsa. Mi-juin, les principales fédérations de la CGC ont donné leur feu vert mais des réticences persistent. Des responsables de sections locales redoutent notamment que les cadres soient noyés dans une structure trop généraliste. Dans d'autres cas, comme dans la police ou chez Total, les sections CGC et Unsa, en constant désaccord, excluent toute fusion.
Des difficultés que Bernard Van Craeynest relativise : « Sur le terrain, les militants ont une vision moins étroite que certains responsables. » Alors que la fusion doit être définitivement actée l'an prochain par les congrès des deux organisations, « je n'ai pas de raison d'être pessimiste », souligne le responsable, qui vise 10 % des voix (contre 7 % en 2002) tous collèges confondus lors des élections prud'homales, et veut reprendre à la CFDT la première place chez les cadres.
Les Echos
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