Les députés ont voté la suppression de la mise à la retraite d'office. Entre 65 ans et 70 ans, les salariés qui le souhaitent pourront continuer à travailler. L'opposition dénonce une atteinte au droit à la retraite.
C'est une nouvelle déclinaison du " travailler plus " : les salariés pourront, sur la base du volontariat, rester en activité jusqu'à 70 ans, même contre la volonté de leur employeur. Dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, l'Assemblée nationale a adopté, vendredi soir, une mesure en ce sens. Actuellement, les employeurs peuvent mettre un salarié à la retraite d'office à partir de 65 ans, voire même de 60 ans si un accord collectif le prévoit.
Le texte gouvernemental prévoit de supprimer les mises à la retraite d'office, afin de favoriser le taux d'emploi des seniors, qui est aujourd'hui l'un des plus faibles d'Europe. Telle qu'elle était rédigée, cette mesure suscitait l'opposition du patronat, qui voulait conserver la possibilité de mettre les salariés à la retraite. Les députés ont donc amendé le texte pour limiter, à la marge, sa portée. Concrètement, l'employeur devra interroger le salarié, par écrit et peu avant ses 65 ans, sur son intention ou non de partir à la retraite. En cas de réponse négative, le salarié pourra rester un an de plus. Cette procédure est renouvelable les quatre années suivantes. Ceux qui le souhaitent pourront donc travailler jusqu'à 70 ans, mais dans un cadre très strict. " Les débats en commission ont montré la difficulté que pourrait poser pour les entreprises une suppression pure et simple de la procédure de mise à la retraite ", explique le député UMP Denis Jacquat, auteur de l'amendement.
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