Guadeloupe, Martinique et loi Bachelot au menu de la semaine sociale

Le conflit qui touche encore la Guadeloupe et la Martinique devrait continuer à dominer la semaine sociale, alors que lundi à l'Assemblée nationale reprendra le débat sur la loi Bachelot, trois jours avant une mobilisation des hospitaliers contre ce texte.

Jeudi, l'Insee publiera le taux de chômage pour le quatrième trimestre 2008, alors que les inscriptions à Pôle Emploi atteignent un niveau sans précédent (+90.200 demandeurs d'emploi en catégorie 1 en janvier).

Le taux de chômage, qui baissait depuis début 2006, a recommencé à augmenter de 0,1 point au 3e trimestre 2008, surtout pour les jeunes, atteignant 7,3% de la population active en métropole, et 7,7% avec les départements d'outre-mer.

En Guadeloupe, où la grève générale dure depuis bientôt six semaines, le dialogue social est à la peine et la balle pourrait se trouver rapidement dans le camp du gouvernement.

L'accord signé dans la nuit de jeudi à vendredi pour une hausse de 200 euros des bas salaires ne concerne pour l'instant qu'une minorité des salariés et est rejeté par une majorité de patrons.

Le dirigeant du collectif intersyndical LKP, Elie Domota, a annoncé son intention de demander au ministère du Travail, qui en a la faculté, d'étendre à toutes les entreprises de Guadeloupe l'application de l'accord. Les négociations doivent se poursuivre durant le week-end.

En Martinique, où le conflit a débuté le 5 février, les négociations pour une revalorisation des salaires piétinent également, même si un accord paraissait à portée de main jeudi dernier.

Lundi en métropole, les députés reprendront l'examen du texte "Hôpital, Patients, Santé, Territoires". Après le volet hôpital, l'Assemblée va notamment se pencher sur la question des déserts médicaux (régions rurales, banlieues défavorisées...). Jeudi, plusieurs syndicats de salariés (médecins, infirmiers, aides-soignants) et des usagers des hôpitaux appellent à une journée nationale de mobilisation contre ce texte, qui menace, selon eux, le service public hospitalier.

Mardi, le ministre de la Fonction Publique Eric Woerth et son secrétaire d'Etat André Santini reçoivent les syndicats de fonctionnaires pour une réunion multilatérale, qui conclura une série de rencontres bilatérales entamée la semaine dernière, en réponse à la mobilisation du 29 janvier.

Alors que les syndicats réclament une revalorisation "importante" du point d'indice (base de calcul des salaires) et un moratoire sur les 30.000 suppressions d'emplois prévues dans la Fonction publique d'Etat en 2009, les ministres ont déjà répondu par une fin de non-recevoir. Même après l'annonce du gel des suppressions dans les universités, le gouvernement a affirmé maintenir son cap des 30.000 emplois en moins.

Du côté des enseignants-chercheurs, une nouvelle réunion, à l'initiative de Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) est prévue mardi avec les syndicats sur le décret réformant leur statut. Le conflit entre dans sa cinquième semaine et la ministre a promis "un certain nombre de réponses" d'ici jeudi, jour où se profilent des manifestations partout en France.

Mardi aussi, les salariés de La Redoute et des 3 Suisses manifesteront ensemble à Roubaix (Nord) contre les quelque 670 suppressions d'emplois annoncées dans chacune des entreprises, alors que Nicolas Sarkozy sera dans la Drôme pour parler de formation professionnelle.

La semaine sociale se terminera dimanche 8 mars avec la Journée internationale des femmes.


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