Eric Woerth : "Le pouvoir d'achat des fonctionnaires augmentera"

entretien réalisé par le journal "Le Monde"

A l'issue de rencontres bilatérales avec les syndicats de fonctionnaires, le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, Eric Woerth, leur a soumis, mardi 3 mars, des propositions. Il a fait état d'une augmentation du pouvoir d'achat des fonctionnaires, a proposé d'étendre la rémunération au mérite et a maintenu ses objectifs en terme d'emploi. Les syndicats, pour leur part, se mobilisent en vue de la journée d'action du jeudi 19 mars.

Vous avez reçu ensemble les syndicats de la fonction publique. Qu'aviez-vous à leur dire ?

Les Français sont inquiets pour leur pouvoir d'achat et pour l'emploi. Le climat social dans la fonction publique n'est pas dissociable du climat général : il n'est pas facile.

Néanmoins, le pouvoir d'achat des fonctionnaires augmentera probablement assez fortement en 2009 : malgré une inflation basse (+ 0,4%), nous proposons toujours de revaloriser le point d'indice de 0,8 % (+ 0,5% en juillet et + 0,3 % en octobre). En plus de cela, nous allons verser 513 millions d'euros de mesures catégorielles et consacrer, comme chaque année, 1,6 milliard aux progressions automatiques de carrière.


Les syndicats jugent cela insuffisant...

Compte tenu des circonstances et de l'inquiétude générale, j'ai décidé, en plus, de maintenir ouvert cette année le dispositif de garantie individuelle de pouvoir d'achat (GIPA), qui ne devait fonctionner à nouveau qu'en 2011. Plus de 300 000 fonctionnaires en ont bénéficié en 2008. On leur a versé en moyenne 700 euros.


Où en êtes-vous de la revalorisation des grilles des agents de catégorie B qui représentent le tiers des fonctionnaires ?

J'espère que nous pourrons conclure, à la mi-avril, cette négociation avec les quatre signataires (UNSA, CFTC, CFE-CGC, CFDT) des accords salariaux de février 2008.

La revalorisation envisagée, qui coûtera une centaine de millions d'euros, permettra d'améliorer le déroulement de carrière de ces agents. La GIPA perdra ainsi de sa raison d'être. Le même travail sera engagé pour les fonctionnaires de catégorie A au second semestre. Il a déjà été fait sur les C. D'ici à 2012, nous aurons amélioré les grilles de tous les fonctionnaires.


Pensez-vous étendre la rémunération au mérite ?

Oui. Nous avons créé chez les 25 000 attachés une prime de fonction et de résultats, liée aux caractéristiques du poste et à l'engagement personnel.

Nous allons aller plus loin. Je pense qu'il faut l'étendre à tous les agents de catégorie A, hors enseignants, et à une petite partie des B. Par ailleurs, nous allons développer l'intéressement collectif, actuellement circonscrit à quelques ministères.


Maintenez-vous la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ?

C'est toujours notre objectif. Nous n'allons pas remplacer 30 600 départs cette année et poursuivrons en 2010 dans la même direction, sachant que l'éducation nationale en est à 35 % de départs non remplacés, qu'il n'y aura pas d'emplois supprimés en 2010 et 2011 dans l'enseignement supérieur, mais que d'autres ministères avancent plus vite.

Les syndicats nous demandent de renoncer à ces suppressions de postes, à tout le moins de les geler. Mais substituer de l'emploi public à un emploi privé défaillant n'est pas une réponse adaptée à la crise et nous interdirait d'assainir nos comptes publics. Aucun plan de relance en Europe n'y a recours.


Comment ramènerez-vous le déficit public en dessous de 3 % du PIB en 2012, alors que le collectif budgétaire présenté mercredi 4 mars prévoit qu'il atteindra 5,5 % cette année ?

Cet objectif n'est pas hors d'atteinte. Il implique que nous conduisions un effort de redressement sans précédent, que la situation économique ne s'aggrave pas et, bien sûr, que la croissance ne demeure pas durablement faible.



Publicité
Tag(s) : #Les réformes dans la Fonction Publique