Barry Callebaut : Solidarité syndicale

La suspension du plan social chez Barry-Callebaut ne signifie pas la fin du combat syndical. Hier à Dijon, 400 manifestants sont venus le rappeler.

Une bataille gagnée mais une guerre qui se poursuit : pour les représentants syndicaux de l'usine dijonnaise Barry-Callebaut, la suspension du plan social prévoyant 103 suppressions de postes, obtenue par une décision de justice, le 28 avril, n'autorise pas pour autant à baisser la garde.
Le rassemblement suivi d'une manifestation dans les rues de Dijon, hier, signifiait d'abord cela : « la lutte entamée il y a quatre mois doit se poursuivre, insistait Anita Binacchi, déléguée CGT et secrétaire du Comité d'entreprise (CE) de Barry-Callebaut. La décision de justice est pour nous un point d'appui supplémentaire mais la direction va revenir à la charge ».
La date du 7 mai, retenue pour cette manifestation ne sortait pas de nulle part : elle correspondait à la tenue du comité européen de Barry-Callebaut, en Belgique. Un comité où était présente une déléguée syndicale de Dijon venue porter aux dirigeants du groupe deux pétitions, l'une signée par les salariés de l'usine dijonnaise, la seconde, par les participants au défilé du 1er mai. En tout, près de 1 500 signatures pour la suppression du plan social.

« 13 000 emplois supprimés »
« Une réunion avec la direction devrait avoir lieu autour du 15 mai » précisait encore Anita Binacchi, qui se réjouissait par ailleurs que cette journée d'action ait été saisie au bond par la Fédération nationale agroalimentaire et forestière de la CGT. Le « cas » Barry-Callebaut était en effet l'exemple idéal pour mener une action témoignant à la fois de la solidarité envers les salariés dijonnais mais aussi plus largement de la situation de l'emploi dans le secteur de l'agroalimentaire.
« Lors du dernier trimestre 2008, rappelait Jean-Luc Bindel, secrétaire général de cette fédération, 13 000 emplois ont été supprimés en France dans ce domaine ». De Marseille, d'Alsace, de Franche-Comté ou de région parisienne, la CGT avait donc rameuté les troupes qui ont défilé avec les Dijonnais. Le cortège, partant de l'usine, s'est d'abord rendu devant la chambre de commerce puis devant la préfecture, dans le but d'interpeller les pouvoirs économiques et politiques locaux.
Les manifestants avaient reçu le soutien de représentants du Front de gauche 21. Le cortège comprenait aussi des représentants de l'UNSA. Chez Barry-Callebaut, on se prépare désormais à un nouveau round de négociation, avec, en arrière-plan, le rapprochement envisagé avec la société espagnole Natra, un facteur qui aura un impact sur la physionomie du plan social.



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