Airbus : la riposte syndicale se prépare
 
 

Alors que le plan de suppression de 10 000 emplois annoncé mercredi devient objet de débat dans la campagne, les syndicats prévoient une demi-journée de grève et des manifestations nationales.
 
Ces manifestations et cette demi-journée de grève seront organisées à l'initiative de FO, de la CGC et de la CFTC, qui se sont déjà mis d'accord, et entament jeudi des discussions avec les autres syndicats d'Airbus pour qu'ils se joignent au mouvement, a assuré Jean-François Knepper (FO), co-président du comité d'entreprise européen d'Airbus.

«Nous invitons les politiques et la population à se joindre aux salariés d'Airbus pour manifester», a ajouté  le syndicaliste, précisant que les manifestations auront notamment lieu à Toulouse, Saint-Nazaire et Nantes (Loire-Atlantique) et à Meaulte (Somme). «La colère est très forte chez les employés d'Airbus. Les salariés sont surexcités, tout le monde est mobilisé», a-til encore assuré.


Des débrayages sporadiques sans préavis pourraient ainsi avoir lieu dans les sites de l'avionneur à Toulouse.

Jeudi, le gouvernement s'est trouvé sous le feu des attaques socialistes, alors que le sujet s'est invité dans la campagne présidentielle.  Sur LCI, en appelant à ce que l'actionnaire public «joue son rôle» François Hollande, premier secrétaire du PS, a  mis en accusation «les gouvernements en place depuis 2002 pour ne pas avoir joué tout leur rôle, de vigilance, de contrôle et même de nomination». Il a souligné que «c'est Jacques Chirac lui-même et les ministres concernés qui ont nommé Forgeard (ancien coprésident exécutif d'EADS, ndlr), qui a échoué dans sa direction d'entreprise dans le groupe EADS-Airbus». «Il y a une équipe sortante, Nicolas Sarkozy en est le représentant, qui a échoué», a-t-il affirmé. «Qui paie la casse? c'est d'abord la France».
   

Face aux attaques, Dominique de Villepin, a estimé lors de son point de presse mensuel que le plan d'Airbus était «nécessaire» . Face aux «interrogations» sur l'avenir industriel des usines d'Airbus, «notamment à Méaulte (Somme)», le Premier ministre a néanmoins demandé  qu'«Airbus reste un partenaire essentiel à Méaulte, tant sur le plan financier que technologique et que des investissements stratégiques soient réalisés, notamment pour évoluer vers les matériaux composites».

Villepin a en outre annoncé que l''Etat allait débloquer 100 millions d'euros pour la filière des matériaux composites, «décisive pour l'avenir aéronautique français». Il s'est aussi déclaré réservé sur une éventuelle réunion d'urgence du Parlement.
   
Selon Villepin, le PDG d'Airbus Louis Gallois a lui  confirmé au gouvernement français que son plan de restructuration qui prévoit 4.300 suppressions d'emplois en France se ferait sans «aucun licenciement sec».
 
"Liberation"
 
      
  
 
 
Publicité
Tag(s) : #La revue de presse