Nestlé : Les salariés inquiets pour leur avenir
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| Une centaine d'employés était réunie dans la cour de l'usine hier matin (photos Arnaud Finistre) |
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| Eugénio Minvielle (à gauche) et Arnaud Capdeville discutant avec les salariés en plein débrayage |
La venue du P-dg de Nestlé France suivant l'officialisation du projet de cession de l'entreprise a été l'occasion pour le personnel d'entamer, hier matin, à partir de 10 h 30, un débrayage.
Trois jours après le premier comité central d'entreprise officialisant le projet de cession de l'usine dijonnaise à Barry-Callebaut, numéro un mondial du chocolat industriel et à l'occasion de la venue à Dijon du P-dg de Nestlé France, Eugénio Minvielle, le personnel a entamé hier matin, à partir de 10 h 30, un débrayage. Une centaine de salariés s'est réunie dans la cour de l'usine. Motif de leur mouvement de protestation : l'insuffisance d'informations concernant la proposition de rachat du groupe suisse et une certaine appréhension quant à leur avenir en dépit des assurances sur la reprise de la totalité des équipes, soit 464 personnes, dans le cadre de la cession.
Interrogés par le Bien public, le collectif syndical de la CGT a indiqué avoir demandé à rencontrer M. Minvielle - requête qui a été rejetée. A la suite de ce refus, un appel au débrayage a été lancé. « Nous nous posons de légitimes questions sur le devenir de nos emplois et les conditions de développement des nouvelles activités. Pour l'instant, nous n'avons reçu aucun éclaircissement à ce sujet » déplore la CGT. Le syndicat s'inquiète par ailleurs d'une volonté d'accélération de la procédure de rachat - qui pourrait aboutir d'ici juin - alors que justement le flou sur le futur projet industriel persiste. C'est pourquoi le mouvement syndical n'exclut pas de recourir à d'autres débrayages si les salariés n'obtiennent pas plus de renseignements. La CFDT, de son côté, déclare que les « salariés du site [.] ont relevé tous les challenges que Nestlé a proposés pendant vingt ans [.] mais qu'ils ne veulent pas subir les erreurs stratégiques [.] imposées par le groupe et ses actionnaires ».
Inquiétudes infondées
Pour sa part, le directeur de l'usine de Dijon, Arnaud Capdeville, a expliqué que le P-dg de Nestlé France était allé à la rencontre non seulement des salariés à leur poste de travail mais aussi de ceux attroupés dans la cour. Le directeur a estimé entre 70 et 80 le nombre de protestataires. Il a précisé que M. Minvielle avait répondu aux questions que le personnel lui avait posées en les assurant que le rachat par Barry Callebaut était « un bon projet », d'autant que le leader suisse était disposé à investir immédiatement six millions d'euros en raison d'un important carnet de commandes qu'il souhaitait rapidement satisfaire. Pour Arnaud Capdeville, les appréhensions actuelles formulées par le personnel sont infondées et les perspectives de développement dans le cadre de ce rachat sont inespérées. Message qui a été transmis au maire de Dijon qui a rencontré le P-dg de Nestlé France et le directeur de l'usine. A cette occasion, Eugénio Minvielle a présenté les grandes lignes du projet de rachat par Barry Callebaut à François Rebsamen. Ce dernier devait en fin d'après-midi recevoir une délégation syndicale de l'usine. D'après ces représentants, le maire de Dijon leur a confirmé ne disposer d'aucune information supplémentaire.
Eve FARAH - "Le Bien Public"
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