Les salariés français d'Airbus fortement mobilisés
Les salariés français d'Airbus ne désarment pas. En cette journée de mobilisation européenne, plusieurs milliers d'entre eux ont manifesté et observé des débrayages vendredi sur les sites hexagonaux d'Airbus, de Toulouse à Méaulte en passant par Paris, pour protester contre le plan de restructuration Power 8, qui prévoit une suppression progressive de 10.000 postes, dont 4.300 en France.
Dix jours après une première journée d'action européenne, près de 7.000 salariés et sous-traitants, selon les syndicats, plus de 2.000 selon la police, ont manifesté devant Central Entity, le siège de l'avionneur européen, situé à Blagnac, dans la banlieue de Toulouse. Venus des différents sites toulousains d'Airbus mais également d'Allemagne, les manifestants et les membres de l'intersyndicale ont défilé entre 9h et 11h, après deux heures de débrayage.
Face aux manifestants, Jean-François Knepper, délégué syndical central FO et co-président du comité européen d'Airbus, a souligné la nécessaire "solidarité entre salariés" et rappelé leur opposition "au plan de démantèlement de l'entreprise" que représente Power 8.
A Paris, une centaine de personnes ont manifesté devant le siège d'EADS dans le XVIe arrondissement de la capitale, sous les slogans "Pour l'emploi, pour les salariés, agissons tous ensemble" ou encore "Retrait de Power 8". Parmi les manifestants, figuraient une cinquantaine de salariés belges du sous-traitante Sabca, qui dispose de deux sites, à Bruxelles et Charleroi.
Le secrétaire général de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM), l'Allemand Peter Scherer, a souligné que cette manifestation à Paris était "symbolique", car "la crise d'Airbus est aussi une crise d'EADS". Jugeant que "le plan Power 8 n'est pas acceptable", M. Scherer a réclamé "de nouvelles négociations avec EADS sur la suppression des emplois et la fermeture de sites".
Sur le site de Méaulte (Somme), les salariés ont débrayé deux heures entre 10h et midi, "un mouvement bien suivi", a assuré à l'AP le délégué CGT Patrice Pays. "Il y a eu une prise parole de commune et un tract a été distribué au niveau de la rocade d'Albert".
A Saint-Nazaire et à Nantes, des débrayages ont également été observés à l'image des autres sites Airbus dans toute l'Europe, en Grande-Bretagne, en Allemagne, mais aussi en Espagne, où 9.000 salariés des trois usines Airbus et des autres sites appartenant à la société-mère EADS devaient arrêter le travail pendant une heure. Une autre grande manifestation est prévue à Hambourg, où les organisateurs attendent jusqu'à 20.000 personnes.
Le plan Power 8, annoncé le 28 février par Louis Gallois, président d'Airbus et co-président d'EADS, prévoit la suppression de 10.000 emplois chez l'avionneur européen et une réorganisation industrielle par l'externalisation de la production de trois sites, dont Méaulte, et le partenariat industriel pour trois autres, dont Saint-Nazaire.
Dans le détail, le plan planifie une réduction progressive des effectifs de "structure" à hauteur de 10.000 postes en quatre ans répartis sur les sites européens: 4.300 en France (dont 1.100 au siège Central Entity à Toulouse), 3.700 en Allemagne, 1.600 au Royaume-Uni et 400 en Espagne.
Le plan de restructuration doit compenser les pertes sur le bénéfice d'exploitation engendrées par les retards de l'A380, une parité euro/dollar défavorable et le financement du long courrier A350 sur le marché en 2012, estimées à 2,8 milliards d'euros jusqu'en 2010. Il doit aussi générer des économies annuelles d'au moins 2,1 milliards d'euros à partir de 2010 et une "économie cumulée" d'environ cinq milliards d'euros de trésorerie d'ici 2010.
"Le Nouvel Observateur"
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