Conseil régional de Bourgogne : Une session plénière sous tension


 François Patriat, président du conseil régional, a une fois de plus manifesté son refus de voir le grand prix de France de Formule 1 disparaître du circuit de Magny-Cours (photo Philippe Maupetit)
François Patriat, président du conseil régional, a une fois de plus manifesté son refus de voir le grand prix de France de Formule 1 disparaître du circuit de Magny-Cours (photo Philippe Maupetit)

A la veille de la présidentielle, les élus bourguignons ont approuvé hier, dans un climat parfois tendu, les schémas régionaux de formations sanitaires et sociales ainsi que l'acquisition du château de Châteauneuf-en-Auxois.

Après avoir souligné l'entrée dans la Semaine du développement durable et rappelé la pose de la première pierre de la Maison de l'environnement et du développement durable, c'est sur un sujet d'inquiétude que François Patriat, président de la Région Bourgogne, a introduit hier la session plénière du conseil régional. Il s'agissait de l'avenir incertain du circuit de Magny-Cours, sur lequel le grand prix de France de Formule 1 pourrait de ne plus être disputé (voir nos précédentes éditions).
« Ce n'est pas la première alerte (.) Les motifs sont plutôt monétaires et financiers que de qualité de structures (.) Je rappelle que la Région et le Département de la Nièvre ont tenu leurs engagements en termes d'aménagements et de financements. Je souhaite une rencontre le plus vite possible afin de connaître les conditions à l'inscription du circuit pour 2008 », a-t-il annoncé.
Si l'ambiance semblait relativement calme en début de la séance, les attaques ponctuelles qui ont ensuite été lancées entre groupes politiques reflétaient la tension existante à moins de trois semaines de l'élection présidentielle. Des attaques parfois qualifiées d'« injures » et qui ont même poussé les élus UMP à refuser de participer au vote des schémas régionaux des formations sanitaires et sociales, l'un des grands sujets abordés lors de cette session. Pour autant, ces schémas ont été approuvés à la majorité des votants, de même que l'ajustement budgétaire prévu après le vote du budget primitif en fin d'année 2006.
Transfert de compétences
C'est la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales qui a transféré aux Régions la compétence en matière de formations sanitaires et sociales. Désormais, le conseil régional finance le fonctionnement et l'équipement des écoles paramédicales, des écoles de sages-femmes et de l'Institut régional supérieur du travail éducatif et social (Irtess). Il attribue également des aides aux étudiants sous forme de bourses sur critères sociaux. Les schémas régionaux, élaborés pour la période 2007-2010, sont le fruit d'un an de travail avec 70 partenaires institutionnels. Ils arrêtent le numerus closus des élèves en formation et fixent la répartition entre les écoles bourguignonnes des quotas de formations sanitaires, paramédicales et de sages-femmes. L'objectif est ainsi d'ajuster au mieux les formations aux besoins locaux de la population, des employeurs et des salariés.
Le schéma des formations sanitaires fixe trois orientations pour 2007-2010 : favoriser un égal accès aux soins sur le territoire bourguignon, rendre les formations sanitaires accessibles à tous et veiller au développement qualitatif de la formation. « Il y a nécessité de mieux former les personnels dans le domaine des soins à domicile des personnes âgées », a indiqué Jean-Pierre Soisson (Groupe UMP) tandis que Françoise Tenebaum (Groupe socialiste et radical de gauche) soulignait l'urgence d'« intégrer les infirmiers et infirmières dans le système LMD ».
Aujourd'hui, la Bourgogne souffre d'une pénurie de professionnels de santé, notamment en milieu rural. Selon l'état des lieux présenté par le Conseil régional, la densité des professionnels y est en effet inférieure à la moyenne nationale, surtout en ce qui concerne les médecins et kinésithérapeutes, avec une inégalité des territoires. Les personnels de santé sont âgés et les départs en retraite imminents sont nombreux. Certaines formations sont inexistantes sur la région (lunetier, orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute.). Parallèlement, les quotas et capacités d'accueil qui ont déjà fait l'objet d'une augmentation demeurent insuffisants. Deux spécificités bourguignonnes n'arrangent pas la donne : une population vieillissante et une mortalité prématurée élevée.


N. M. - "Le Bien Public"

L. Aubrac : Polémique autour de propos FN
En fin de session, un vœu a été présenté par le groupe communiste pour rebaptiser un lycée de la région du nom de Lucie Aubrac, ancienne résistante décédée récemment à l'âge de 94 ans. Au moment des votes, le groupe FN s'est opposé à ce vœu, Régis de la Croix Vaubois, conseiller frontiste de la Nièvre, lançant : « Quand vous saurez qui elle était vraiment (.), vous rigolerez moins, bande de crétins ! ». Ces propos ont suscité un tollé dans l'assemblée ainsi que diverses protestations, dont celle du premier vice-président PS du conseil régional, Christian Paul. Dans un communiqué, ce dernier estime que cette « mise en cause indigne et brutale par le Front national » doit être « fermement condamnée ». « Se posant en héritiers fidèles de la collaboration, ceux qui ont ainsi sali la mémoire de cette résistante héroïque sont indignes de leur mandat, et méritent la réprobation unanime de tous les Républicains », ajoute-t-il. Régis de la Croix Vaubois a précisé qu'il ne visait pas « son passé de résistante » mais ses prises de positions ultérieures en faveur des sans-papiers. « Quelqu'un qui se met du côté de l'illégalité par son combat avec les sans-papiers n'apparaît pas comme le meilleur exemple à donner à des jeunes », a-t-il notamment déclaré avant d'ajouter : « Ca ne remet pas en cause son passé de résistante, qui est globalement reconnu même s'il reste quelques interrogations ». Joint par téléphone, Pierre Jaboulet-Vercherre, dirigeant frontiste en Bourgogne, a indiqué de son côté : « Suffisamment d'historiens pensent que Lucie Aubrac n'était pas aussi nette qu'on veut bien l'entendre. Il y a sur ce point un devoir d'inventaire ».


Propriété du château de Châteauneuf-en-Auxois
Comme nous l'annoncions dans nos éditions de samedi dernier, un autre grand projet qui devait être approuvé par les élus régionaux était celui du transfert à titre gracieux, de l'Etat à la Région, de la propriété du château de Châteauneuf-en-Auxois. Votée hier, cette opération sera effective en janvier 2008 et s'accompagnera d'un projet de valorisation du monument historique, avec pour objectif de faire passer le nombre annuel de visiteurs « de 35 000 à 50 000 », a annoncé François Patriat. Le coût global du projet est estimé à plus de 3 M€ portant sur la rénovation du château, la mise en valeur muséographique du Moyen-Âge en Bourgogne et la création d'un centre d'interprétation dans la commune de Vandenesse, située en contrebas du site.



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