Nestlé Dijon : Les salariés ont « manifesté » leur inquiétude


L'usine Nestlé de Dijon a connu, hier, une journée de grève dans le cadre de la vente du site par le groupe Nestlé à Barry Callebaut.


A l'appel de tous les syndicats de l'entreprise (UNSA, CGT, CFDT, CFTC) et alors que le comité central d'entreprise de Nestlé France se réunissait au siège parisien de l'entreprise à Noisiel, les personnels de Dijon ont débrayé en milieu de matinée, bloquant la production de l'usine. Dans le même temps, une délégation se rendait à Noisiel pour « manifester et soutenir les élus du personnel ».


« Un repreneur ne suffit pas, il faut aussi qu'on nous amène de la production », constate Yveline Lebeau au nom de la CGT en faisant valoir son inquiétude de voir un industriel produisant du cacao en « masse » reprendre un site spécialisé dans la confiserie. « Nous avons de l'espace, du matériel et des compétences, mais nous demandons des garanties vis-à-vis de nos emplois et de nos acquis. ».


20 000 € par salarié


Même discours chez Nicolas Boet de la CFDT. « Nous avons relevé des défis pour Nestlé qui ne peut pas partir comme ça, les mains dans les poches et doit nous témoigner de la reconnaissance », explique-t-il. « Nous ne sommes pas contre Barry Callebaut, mais nous attendons des réponses claires aux questions que nous nous posons sur l'avenir du site. »

Même discours chez Nicolas Boet de la CFDT. « Nous avons relevé des défis pour Nestlé qui ne peut pas partir comme ça, les mains dans les poches et doit nous témoigner de la reconnaissance », explique-t-il. « Nous ne sommes pas contre Barry Callebaut, mais nous attendons des réponses claires aux questions que nous nous posons sur l'avenir du site. »


Représentant l'Unsa, Dominique Garnier précise ce que les syndicats entendent par « reconnaissance ». « Nous demandons que Nestlé nous verse une prime de participation de 20 000 € par salarié ouvrier avant de partir », commente-t-il en regrettant à son tour « le secret entretenu sur le montant et les clauses de la transaction entre Nestlé et Barry Callebaut ».


Les syndicats qui craignent un changement brutal de destination de l'usine conduisant à des suppressions de postes pourront évoquer cette question aujourd'hui avec des représentants du groupe qui les a rachetés. Des cadres de la direction de Barry Callebaut seront en effet à Dijon à l'occasion du comité d'établissement extraordinaire qui s'ouvre ce matin, rue de Cluj.
Mais dès hier, le directeur de l'usine, Arnaud Capdeville a cherché à rassurer ses troupes dont 72 à 75 % ont cessé le travail. « Le racheteur a présenté un bon projet industriel : tout ce que nous faisons aujourd'hui, nous le ferons demain », note-t-il en rappelant qu'il y a un an, on craignait un plan social et la fermeture de l'établissement. « Si historiquement Barry Callebaut était spécialisé dans le traitement de la fève de cacao, le groupe se développe depuis plusieurs années dans des activités à valeur ajoutée. En reprenant le site de Dijon, il entend acquérir des compétences, des expertises, des technologies pour accompagner cette stratégie. »


Le site emploie environ 450 personnes. Fondé par la famille Lanvin, il a appartenu successivement à Rowntree-MacIntosh puis à Nestlé avant d'être récemment vendu à Barry Callebaut.


Frank MAUERHAN - "Le Bien Public"


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