Valeo : 200 emplois menacés

Le groupe équipementier automobile a annoncé son intention de fermer son établissement dijonnais ou de le transformer en centre logistique. Quelque 200 emplois sont ainsi menacés.

L'usine Valeo de Dijon va-t-elle fermer ses portes en 2008 ? On devrait le savoir le 20 avril, lorsque le PDG de la branche Valeo Sécurité Habitacle, dont dépend l'établissement, viendra à la rencontre des personnels préciser les intentions du groupe équipementier de l'automobile. En attendant, ce sont environ 200 emplois qui sont menacés, dont 155 au sein même de l'entreprise et une cinquantaine chez ses sous-traitants côte-d'oriens.
Autrefois bien connue des Dijonnais, la société Simplex, spécialisée d'abord dans la fabrication de dérailleurs, puis d'antivols, a été rachetée en 1987 par Valeo. Six ans plus tard, en 2003, le nom Simplex disparaissait en même temps que l'entité juridique de l'entreprise était diluée au sein de Valeo. Un changement de nom qui n'a pas été sans conséquence pour les salariés.
« Au prix fort ! »
« En 2003, dernière année sous l'entité Simplex, les 160 salariés se sont partagé 450 000 € de participation », constate Ramiro Grilo, délégué CFDT. « L'année suivante, la participation a quasiment disparu du fait que la branche de Valeo au sein de laquelle nous avons été intégrés comprend quatre entités, dont l'une était déficitaire. En acceptant cette situation, nous avons acheté - et au prix fort ! - au groupe Valeo la pérennité de notre entreprise. »
Une pérennité remise en question aujourd'hui. Le 15 mars dernier, en effet, le groupe équipementier a annoncé que son site de Dijon aurait en 2008 une charge de travail réduite de moitié. Le lundi 26 mars, le personnel a procédé à un premier débrayage de trois heures « afin d'obtenir plus d'informations ». Le lendemain, au cours d'une réunion extraordinaire des salariés, la direction de Valeo a présenté deux options pour l'avenir du site : soit la fermeture en 2008, soit la transformation en centre logistique pour pièces de rechange. « Notre interlocuteur nous a précisé que le projet de centre logistique n'avait pas convaincu le groupe », explique Ramiro Grilo.
Sous-traitants
« Autrement dit, l'hypothèse la plus probable est celle de la fermeture. »
Hier, le personnel a à nouveau débrayé quelques heures afin de « mettre la pression » sur le groupe et d'attirer l'attention sur les risques pesant sur l'emploi. Outre les 155 personnes qui travaillent en CDI au sein de l'usine dijonnaise et un volant d'intérimaires, deux sous-traitants font travailler en Côte-d'Or une quarantaine de salariés pour Valeo : l'atelier protégé de l'APF (une quinzaine de personnes) et la société STI à Genlis (environ 25 personnes).
Au total, ce sont donc 200 emplois qui sont concernés directement par une éventuelle fermeture de l'usine, sachant que sa transformation en centre logistique entraînerait également la suppression d'une trentaine d'emplois. Un moindre mal.
Prochaine étape le 20 avril. Rappelons que le groupe Valeo a déjà supprimé une cinquantaine d'emplois en février 2006 à Lacanche.


Frank MAUERHAN - "Le Bien Public"

 


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