Le mouvement infirmier « bien suivi »

Environ 60 % des cabinets d'infirmières libérales étaient fermés hier dans le cadre du mouvement de protestation de la profession pour protester contre le blocage de leurs tarifs, a indiqué la Fédération nationale des infirmiers, qui appelait à la mobilisation.

Les syndicats qui avaient appelé les 60 000 infirmières libérales à faire grève hier pour protester contre le blocage de leurs tarifs ont estimé le mouvement « bien suivi » et se sont dit prêts - pour la majorité - à participer aujourd'hui à des négociations avec l'Assurance-maladie.
« Environ 60 % des cabinets sont fermés », a déclaré Philippe Tisserand, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), ajoutant : « la mobilisation est bien suivie sur tout le territoire ».
Il a précisé que les soins chroniques aux « patients habituels » étaient toutefois assurés. « Il n'y a pas de réponse téléphonique et pas de prise en charge nouvelle. Ces dernières sont dirigées vers les hôpitaux », a-t-il expliqué.
60000 professionnels appelés à se manifester
Les 60 000 infirmiers et infirmières libérales (les femmes représentent 84 % de la profession) étaient appelés à faire grève par la FNI, l'Onsil et le Sniil, pour protester contre le blocage de leurs tarifs depuis plusieurs années et manifester leur mécontentement devant l'évolution des négociations avec les caisses d'assurance-maladie (Uncam).
Les infirmiers ont procédé à des opérations « escargot » et des barrages filtrant aux péages d'autoroutes, notamment à Rennes, Toulouse, Lançon-Provence, Villefranche-Limas.
A Givors (sud de Lyon), cette opération a entraîné plusieurs kilomètres de bouchons sur l'A7, selon le CRICR Rhône Alpes.
Des manifestations ont rassemblé à chaque fois entre 100 et 300 personnes, selon la police, à Lyon, Toulouse, Besançon, Rennes et Nantes, et seulement quelques dizaines à Agen, Nancy, Tarbes, Cahors, Reims.
A Villeneuve-d'Ascq, des manifestantes ont brandi des affiches figurant une dinde sur lesquelles on pouvait lire « Pour l'Etat français, votre infirmière n'est qu'une dinde bonne à plumer ». A Paris, des actes de soins gratuits (prise de tension et glycémies capillaires) étaient proposés à la sortie du métro Pasteur (XVe).
Elles dénoncent des tarifs bloqués
Les infirmières dénoncent des tarifs bloqués, malgré l'augmentation de leur charge de travail liée au vieillissement de la population et à des délais d'hospitalisation plus courts et alors que les médecins ont obtenu en cinq ans 4,50 € de plus sur le prix de la consultation. Elles réclament ainsi une revalorisation de 40 centimes de l'acte de base l'acte médico-infirmier (AMI, comme les injections, dialyses. rétribué à 2,90 €, des indemnités de dimanche et jours fériés et des frais de déplacement « inchangés depuis 2003 malgré les différentes hausses du coût du carburant ». Ces revendications ont été au centre de négociations entamées avec l'Uncam à la mi-décembre. Toutefois, fin mars, devant le faible niveau, selon eux, des revalorisations proposées, la FNI, l'Onsil et le Sniil avaient décidé de quitter la table des discussions.
Hier, la FNI et l'Onsil ont indiqué qu'elles se rendront à la nouvelle séance de négociation prévue aujourd'hui entre l'Uncam et un syndicat minoritaire, Convergence infirmière. Le Sniil préférait attendre la fin de la journée d'action pour se décider.
« Si demain (aujourd'hui, ndlr) l'Uncam fait l'effort de consentir une enveloppe de 300 M d'€ de rattrapage des honoraires pour 2007-2008, on pourrait vraisemblablement parvenir à un accord », a expliqué M. Tisserand. L'Uncam a jusqu'ici proposé 150 M. Le directeur général de l'Uncam, Frédéric van Roekeghem, a indiqué hier qu'il souhaitait « aller vers un accord avec les infirmières libérales », l'objectif étant « d'obtenir l'accord le plus large possible ».
Le mouvement a reçu le soutien du PS, de l'UMP et du syndicat de médecins libéraux MG-France.

"Le Bien Public"


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