Les syndicats se préparent à la négociation
Confrontés au face-à-face Royal-Sarkozy, les syndicats entendent rester à l'écart du "tout sauf Sarko" que souhaite activer le Parti socialiste. "Quel que soit le candidat élu, il faudra travailler avec lui demain", fait valoir François Chérèque (CFDT). "Il va bien nous falloir entrer dans des négociations difficiles", ajoute Alain Olive (UNSA).
Pas question donc d'injurier l'avenir en entrant dans une logique partisane. Ni mobilisation ni consigne de vote. "On ne donnera même pas d'appréciation globale des programmes", explique M. Mailly, soulignant l'"indépendance" de FO, qui lui permet d'avoir "de tout" dans ses rangs. "Les adhérents de la CFDT, dit aussi M. Chérèque, sont suffisamment intelligents pour savoir pour qui ils doivent voter." La CGT, elle, était toujours en consultation interne, mardi matin, pour arrêter une position.
Derrière cette "neutralité", on trouve néanmoins plus d'inquiétude, voire d'hostilité, à l'encontre du candidat de l'UMP que de Ségolène Royal. La plus engagée, l'union syndicale Solidaires, sans "se satisfaire du programme de Mme Royal, constate que celui de M. Sarkozy est en totale contradiction avec les revendications qu'elle porte". "La façon brutale de Sarkozy de tailler dans le vif inquiète", avance aussi Jacques Voisin (CFTC), qui remarque que les deux candidats qualifiés sont ceux qui ont promu la "valeur travail". "Derrière cette expression, avance le président de la confédération chrétienne, j'entends surtout la dimension économique du travail, l'entreprise, mais pas la place des travailleurs, leur reconnaissance."
Tous se disent prêts à de nouveaux entretiens avec les candidats. Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) rencontrera ainsi François Fillon et Xavier Bertrand, de l'équipe de M. Sarkozy, vendredi, et demandera des précisions sur "le travailler plus pour gagner plus" et "la défiscalisation des heures supplémentaires". Une rencontre prévue de longue date qui vient clore la tournée syndicale de l'UMP.
Seule la CGT n'a pas été vue. "Il semble qu'elle n'en ait pas eu très envie", constate M. Fillon. De toute façon, précise-t-on à l'UMP, "on ne va plus bouger, on reste sur nos fondamentaux et si Nicolas n'a pas convaincu les syndicats sur le "travailler plus pour gagner plus", il a convaincu les Français."
Du côté de Mme Royal, les contacts sont permanents, fait valoir Dominique Meda, chargée des dossiers sociaux. Le travail a déjà débuté pour l'organisation de la conférence sociale avant l'été, promise par la candidate socialiste.
D'ici là, place aux revendications. La plupart des syndicats (à l'exception classique de la CFE-CGC) défileront mardi 1er mai pour la Fête des travailleurs. Ils réaffirmeront l'importance des questions sociales dans cette élection présidentielle. Mais l'unité imposée par l'urgence de la situation en 2002 ne se retrouvera pas dans la rue, même si CGT, UNSA, Solidaires, FSU et UNEF marcheront ensemble, à Paris, de République à Nation, pour "le progrès social".
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